Denis Blog

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Asie_2011_12

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mardi 21 février 2012

Sérénité dans le ciel

Lundi 20 février 2012

Cela fait je ne sais combien de temps que je suis assis sans bouger à l'intérieur du temple du monastère de la dent de jade, même pas à rêvasser. Juste à sentir le bien être me remplir. parfois m'interrompant pour prendre quelques notes sous le regard curieux d'un vieux moine qui abandonne la récitation de ses mantras entrecoupée de quelques coups de tambour.

C'est un temple tout ce qu'il y a de Tibétain. Des flots de tissus coulent depuis le toit tellement haut qu'on le perd de vue dans les volutes de textiles colorés. Le Dalaï-lama Lama s'offre en photo dans tous les coins et à la place d'honneur juste sous le Bouddha d'or, accompagné de représentations de divinités indiennes Shiva, Anuka, et toutes celles que je connais pas...Exemples typique du syncrétisme Tibétain.

Le moine me regarde écrire sans un mot. Il sourit, je souris... Nous nouons ainsi un dialogue éthéré, sans parole et pourtant étrangement dense. De temps en temps je me lève et il m'accompagne pour contempler une représentation particulièrement foisonnante de la vie de bouddha. Puis je retourne à mon bien être et à mes écritures. Nous sommes seuls tous les deux, et nous pourrions aussi bien être les deux seuls êtres vivants sur ce morceau de planète.



Je ne suis pas religieux. Ma béatitude vient d'ailleurs. Du site où se trouve le temple, au sein d'une forêt de pins poussant entre quelques plantes rabougries et épineuses de haute altitude ; du vent glacé qui descend du proche Himalaya personnalisé par l'altier pic de la dent de jade qui culmine à près de 6000 mètres offrant à la vue sa solitude de rocs nus et de neige ; des efforts fournis pour grimper jusqu'ici à vélo, des km d'ascension plus que raide, le souffle coupé par la raréfaction de l'air à plus de 2600 mètres ; du silence presque solide que l'on ne trouve que dans le désert ou en montagneuse, faisant du tintement des clochettes agitées par le vent la chose la plus importante de l'univers ; de la lumière bleue presque violette du ciel immaculé.

Le moine se lève, et m'entraîne à l'extérieur jugeant peut être que je suis resté suffisamment longtemps. Dehors un groupe d'enfants sort d'un bâtiment voisin. Naturels, sans crainte, ni même de curiosité, juste le sourire ; ils sont là, nous sommes là.... Mais comme partout ils ne savent résister à une séance de photos.

La jouissance de la longue descente, dégringolade presque, jusqu'au plateau m'attends. Griserie de la vitesse, les freins chauffent il vaut mieux s'arrêter de temps en temps, ne serait-ce que pour contempler le paysage. A mi chemin un jeune couple Chinois. La jeune femme monte à pied poussant sa machine. La pauvre ne dispose pas comme moi de la superbe machine, louée ce matin, ultra légère à 24 vitesses avec la quelle je pourrais escalader la Tour Eiffel. Elle parle un Anglais rudimentaire mais suffisant pour recevoir quelque encouragements, tailler une bavette, et proposer... la traditionnelle séance photo.

De retour dans les profondeurs du plateau de Lijiang (près de 2100 mètres quand même) je me décide, malgré l'heure qui s'avance, à pousser sur Baisha, la ville que j'avais tant appréciée l'année passée pour son caractère authentique, différent des « villes musées » Chinoises. Dans une école pour artistes, spécialisée dans les tableaux de soie, de fils d'argent et d'or, brodés j'en avais acheté un l'an passé : il orne maintenant mon salon.

Je pousse la porte : l'école est toujours là ainsi que la jeune femme qui m'avait vendu le tableau. A ma grande stupéfaction elle m'accueille en me disant « Je te connais ! Tu as acheté un tableau l'an passé, tu es celui qui voyage seul, et tu as deux enfants et des petits enfants en France »

J'avoue ma surprise ! Puis son nom me revient... Iris, déesse de l'arc en ciel... Celà ne peut s'oublier.
Nous visitons l'atelier. Il y a beaucoup de nouveautés, dont de superbes « toiles » modernes au graphisme épuré. « Chinese Picassos » comme le commente Iris. Evocateurs et pleins de rêves.

L'école se consacre également à l'étude et à la préservation de la culture « Dongba » : celle des Naxis, à la fois religion, règles de vie, écriture (la seule écriture pictographique encore en vie au monde parait il)

Simon, jeune collègue d'Iris s'y consacre. On devise tranquillement autour du thé traditionnel. La conversation vient sur les cartes proposées au touristes. Leur indigence n'a d'égal que leur inexactitude (j'ai fait chauffer le GPS aujourd'hui) Il souhaite en éditer une plus digne de l'intérêt touristique de la région et me demande si je ne veux pas participer à sa traduction en Anglais et en Français (étrangement assez répandu ici)   Peut être une bonne occupation entre les cours ?

Retour à Lijiang. Encore un thé offert par la loueuse de vélo avec qui j'essaie depuis ce matin de négocier un rabais pour une location au mois... Cela avance... Patience ! Puis dîner international à la GH : Finlandais, Tchèque, Australien, Coréen... Tous bien meilleurs anglophones que moi, mais les progrès sont indéniables. Maintenant j'arrive à soutenir toutes les conversations et participer à toutes les plaisanteries. C'est l'essentiel !

Je n'ai pas vraiment rédigé ce billet dans l'ordre chronologique. Ce n'est pas grave. La seule chose vraiment importante du début de journée étant un nouveau passage à l'école de langue pour fournir quelques documents, payer le reste de l'inscription et visiter les chambres proposées par l'école. La il n'y pas photo ! L'école en propose une, grande, lumineuse, avec bureau de travail, placards de rangement, télévision et Internet pour 150 € par mois ! Malgré la chaleur et le melting pot de ma GH actuelle c'est trop tentant : j'emménagerais dans une semaine. Et (pour Jacques) je n'ai pas vérifié si il y avait une couverture chauffante (mais je peux toujours en acheter une pour une poignée de Yuans)

Et, pour finir, la photo "carte postale" prise du parc du Dragon Noir. Il faut arriver tôt pour la réaliser car des centaines de touristes s'y précipitent pour admirer le reflet de la montagne dans le lac. Ce matin la "dent" est exceptionnellement dégagée de son manteau nuageux.

Zaijian

Fontaine je ne boirais pas de ton eau

Dimanche 19 février 2012

Difficile de trouver un loueur de bicyclette, le Lonely n'en indique pas. Pour une fois il est moins précis que le Routard qui je me le rappelle en signalait un dans la ville nouvelle. Plus facile à retrouver que dans le labyrinthe de l'ancienne cité. Il est toujours là ! Un bon repère de pris.

Pour ne pas être victime de l'affluence du week-end le mieux est de consacrer les visites de la journées aux parties un peu périphériques moins prisées, mais pas forcément moins intéressantes.

La vielle ville est dominée à l'ouest par la « colline du Lion » Plusieurs ruelles y accèdent, tranquilles, ce qui ne les empêchent pas d'être remplies des mêmes boutiques qu'ailleurs. Il doit y en avoir des milliers dans toute la ville, beaucoup proposant les mêmes produits ou services, et la même interrogation, toujours sans réponse, revient : comment font ils pour survivre ?

A mi chemin l'ancienne résidence d'un moine se propose à la visite avec des arguments attractifs : résidence consacrée depuis toujours à l'écriture de poésie et à la peinture. Le moine devait être à l'abri de tout besoin matériel car la majeure partie de la résidence est occupée par un hôtel luxueux. Il reste cependant libre à la visité un joli petit temple. Toit pittoresque, agréables fresques et frises de bois, mais je deviens difficile... J'en ai vu des dizaines de fois de plus beaux. Baste cela n'a coûté que 5 yuans.

Plus haut la colline est recouverte d'une agréable forêt de cyprès, dont certains seraient âgés de près de 500 ans, et à voir leur tronc noueux et ridé, nul doute que ce soit la vérité.

Juste au sommet trône «Wan Gulou » un étonnant pavillon que j'avais déjà visité l'an passé mais retrouve avec plaisir tant son architecture et la vue qu'il offre sur la vieille ville sont spectaculaires.

Il est précédé d'un jardin dans le quel trônent une magnifique cloche de bronze et un tambour du même métal, dont la « peau » est décorée de pictogrammes Naxis. Mais les gardiens des lieux ont du avoir vent de mon arrivée, car une affichette indique qu'il faut payer 5 yuans par coup donné, et on ne rigole pas : un gardien est là pour surveiller.

Tant pis il reste à revisiter le pavillon. Une tour de 33 mètres construite sur un réseau de 16 hauts (18 mètres) piliers de bois laqué supportant les 5 étages sculptés de 1000 dragons (je n'ai pas compté) Au rez de chaussé d'originales peintures de facture moderne dont certaines, nonobstant leur taille, seraient plus que dignes que mon salon.

Les autres étages abritent des collections d'aquarelles et de calligraphies bien moins intéressantes. C'est surtout le dernier étage qui vaut l'ascension pour la vue offerte.

Au pied de la colline un déjeuner léger d'une galette à la composition inconnue mais goûteuse et d'un yaourt qui doit être, au vu du nombre d'exemplaires proposés dans chaque boutique d'alimentation une spécialité locale, me laisse le temps de regarder une partie de l'équipe de danses folkloriques Naxi qui se produit régulièrement sur la place faire la pause en disputant une partie de cartes.

Les cartes sont étranges : longues et très allongées, semées de points colorés et gravées d'élégantes figurines Chinoises. Elles doivent correspondre quelque peu à nos jeux car il semble que les règles de la partie sont les mêmes (mais tout aussi nébuleuses) que celles que j'avais suivies à JingHong.

Les « bassins » sont une caractéristique de Lijiang. Ils sont le plus souvent groupés en une chaîne de trois bassins successifs communicants et étagés. Le premier, le plus élevé est utilisé pour l'eau de boisson, le second pour le lavage des légumes et le troisième pour la lessive. Celui du Dragon du Cheval d'or est le plus connu, pas forcément le plus beau. En revanche juste au-dessus s'élève un beau temple Tibétain caractéristique par les longues « cravates » de tissus bariolés et les « cloches » également en tissu, qui pendent du plafond.

L'ensemble est voisin d'un parc public bruissant du chant des oiseaux en cage que leurs propriétaires emportent « en promenades » dominicale, comme dans les parcs publics de Pékin. La cages est accrochée à une branche, ce qui permet à « Titi » de prendre un bol d'air pendant que le patron papote avec ses copains.

Pour le dîner du soir j'ai droit à une invitation de Mama à la table familiale. La réputation des femmes Naxis n'est pas usurpée en ce qui la concerne, tout le monde file doux et les discussions sont vives. Seul son mari lui tient tête un moment avant de s'effacer diplomatiquement (courageusement?)

samedi 18 février 2012

Une odeur de cahier neuf

Samedi 18 février 2012

La « rentrée » ne sera que le 27. Les flâneries peuvent donc continuer. Mes compagnons de dîner d'hier soir (Japonais, Américaines et Israéliens) voulaient m'entraîner dans une excursion aux gorges, mais je préfère éviter l'affluence des week-end. Affluence qui déferle aussi sur la vieille ville certes, mais elle est tellement grande que l'on peut, compte tenu du fait que 80 % des visiteurs se massent dans 20 % des lieux, trouver facilement plein d'endroits tranquilles où déambuler presque tranquille.

La vieille cité de Lijiang est une « ville musée habitée ». La fréquentation est considérable : plus de 5 millions de visiteurs par an, dont une grande majorité de Chinois bien sûr. Le risque d'une telle fréquentation est d'amener quelques débordements « touristiques » comme des boutiques à gogo, des spectacles à la Disney, de l'artificiel... Il est vrai que cela existe, mais comme écrit plus haut c'est assez concentré et donc facilement évitable, à part les boutiques omniprésentes : vêtements, artisanat d'argenterie et de papeterie, stands de nourriture notamment.

En la redécouvrant je ne peux m'empêcher de penser à Venise. La ville est belle. Les maisons, bois et élégants toits recourbés de tuiles à « cartouches » ont beaucoup de caractère et un charme fou ; meme si beaucoup sont « reconstruites »  A chaque pas ou presque on découvre un point de vue pittoresque, une entrée débouchant sur une salle pleine de sculptures et de peintures, des panneaux sculptés où peints d'amusants pictogrammes Naxis (pas encore tous décodés) des hôtels de charme, des temples mignons, des cafés spectacles...

La ville est également parcourue par un réseau dense de petits ruisseaux et de canaux aux eaux claires, alimentant plusieurs petits bassins de pierre où les habitants lavent leurs légumes où leur linge (pas dans les mêmes!)

Les rues sont entièrement pavées de grosses pierres irrégulières mouchetées de toutes les couleurs. Malgré l'affluence tout est très propre : des employés balayent en permanence, et tous les 100 mètres on trouve des poubelles à tri sélectif. Nombreuses toilettes publiques également, gratuites et très propres. C'est un peu déroutant quand on commence à connaître la Chine, preuve s'il en est qu'avec la volonté (et certainement de considérables moyens financiers) on peut changer profondément les comportements. Quasiment pas de harcèlement commercial non plus.

Et il y a toujours des découvertes insolites à faire comme dans cette rue éloignée des flots de visiteur une maison qui semble être un hôpital : 5 ou six lits dont les occupants contemplent directement la rue à travers les portes entrouvertes !

En revanche pour les achats utilitaire il est préférable de gagner la ville nouvelle. Pour cela on peut longe, près de la porte ouest un portique sous le quels sont suspendus des milliers de petites planchettes de bois sonores, gravées de vœux. Le jeu consiste à en faire sonner le plus possible pour tenter de les exaucer. Autant dire que je suis comblé !

Achat d'un..... Cahier neuf à l'odeur « Madeleino-Proustienne » de rentrée.  Cela fait un peu drôle ! Il ne manque plus que le petit cartable, mais ici comme en Occident, c'est passé de mode : le sac à dos conviendra parfaitement. Puis retour dans le labyrinthe... Pour la première fois depuis mon arrivée en Asie le Gps se révèle franchement utile au moment de regagner la GH.

Prérentrée chez les Naxis

Vendredi 17 février 2012

Chaque nouveau départ provoque toujours un peu d'excitation. S'agissant de rejoindre l'étape principale de mon séjour celui ci est encore plus particulier.

Aucune raison de se précipiter car le vol n'est qu'à 14h45. Je traînasse un peu en ville puis à l'hôtel avant d'attraper un taxi pour l'aéroport d'où l'avion décolle avec... 20 minutes d'avance sur l'horaire prévu. J'ose supposer que tous les passagers avaient pu gagner le bord.

Ce sera une bonne heure de vol plutôt musclée. Nous remontons vers le nord, abandonnant le cours du Mékong (snif!) Au passage il est possible de reconnaître le site de Dali et son lac, connus de l'an passé, puis l'avion « plonge » vers la zone montagneuse qui entoure Lijiang. J'ai bien écrit « plonge » ! Les turbulences sont violentes et ascensions et trous d'air déclenchent des cris d'émotion au sein des passagers. Malgré l'habitude j'ai les mains un peu moites, surtout en voyant par les hublots le chaos montagneux qui est vraiment proche, très proche. Il s'agit des premiers contrefort de l'Himalaya.

Pour m'occuper j'essaie de prendre, juste avant l'atterrissage, quelques repères dans les environs de Lijiang. L'avion caracole, bien assez près à mon goût, au dessus des étroites et spectaculaires gorges du « Saut du tigre » une de randonnées les plus réputées du Yunan, manquée l'an passé pour cause de mauvaise météo.

Bien que peu évoquée par les guides, la partie sud de Lijiang, avec une flopée de villages et de rizières en terrasse paraît justifier quelques jolies randonnées.

Après l'atterrissage on comprend mieux la cause de toutes ces secousses. Un vent violent (et froid) balaye la région et doit ricocher sur tous le reliefs. Il est temps de ressortir parka et polaires. Ici, en ce moment et pour encore au moins un mois, la nuit il gèle et les jours restent frais.

Le taxi de « Mama Naxi » est présent pour m'accueillir, et la Guest-House est rapidement rejointe.
Sa pétulante patronne est toujours au sommet de sa forme. A la vue du pendentif souvenir que je porte depuis qu'elle me l'a offert l'an passé, j'ai droit à une étreinte musclée et à un flot ininterrompu de paroles de bienvenue en Chinois, Anglais et Naxi. Peut être est-ce que cela aide aussi à négocier un bon prix pour les dix premiers jours d'occupation d'une grande chambre confortable. Belle salle de bain, et, ce qui est l'essentiel, deux couettes et une couverture chauffante.

Pour le reste la GH, au cœur de la vieille ville, est une belle maison Naxi, deux cours intérieures avec patios, une grande salle commune, des équipements collectifs dont machine à laver et séchoir. Le soir table d'hôte à un prix dérisoire. C'est l'endroit parfait pour un long (ou un court) séjour et rencontrer plein d'autres voyageurs. Elle est aussi assez fréquentée par les touristes Chinois ce qui est un plus compte tenu de mes objectifs.

Depuis l'atterrissage j'éprouve un sentiment curieux, inédit dans tous mes voyages. Je sais que je vais rester là plusieurs mois et cela donne une vue toute différente des lieux qui vont devenir quotidiens. Cela me rappelle, toute proportions gardées, ce que j'avais éprouvé en arrivant la première fois à Dole, la ville où j'ai été plusieurs années en pension. On essaie de décoder les lieux, repérer les petites ou grandes facilités, les emplacements originaux que l'on aura le temps d'explorer en profondeur, ... Le regard sur les autres, surtout ceux appelés à être rencontrés fréquemment, est également plus attentif, teinté d'espoirs et de précautions.
L'après midi est à peine entamée, et j'ai le temps de me rendre à « l'école » pour confirmer mon inscription (même si je me perds un peu dans le labyrinthe des vieilles rues, dont la mémoire du plan s'est un peu estompée depuis un an)

L'accueil est chaleureux, les premières formalités rapidement exécutées. Il ne reste qu'à obtenir un permis de séjour délivré par la police au vu d'une quittance d'habitation : la facture de la GH doit faire l'affaire, et l'école s'occupe de m'obtenir un visa pour 4 mois supplémentaires (j'aurais un peu de marge) 

L'école propose aussi des logements dont des chambres individuelles. Je visiterais lundi afin de choisir entre cette solution proche de l'école, peut être un poil moins chère et la proximité des copains et copines de classes, et la GH qui a le double offre le double avantage d'un accueil très chaleureux, de la table d'hôte et surtout de son implantation au cœur de la vieille ville : c'est comme avoir une chambre (calme) d'étudiant dans une « albergo » d'époque  de Venise, choyé par les patrons !

Après le repas en commun, sympathique, balade nocturne dans les ruelles du centre animées par le spectacle permanent de danses et chants Naxis, les cafés musicaux, la foule des touristes du vendredi soir....Il y règne, le froid vif aidant, comme une ambiance nocturne de station de sports d'hiver à la mode : promeneurs joviaux en doudoune, musiques et lumignons....

Et la nuit permet de confirmer qu'une couverture chauffante, c'est bien agréable !

jeudi 16 février 2012

Tisane ou courtisane ?

Jeudi 16 février 2012

Légères courbatures et mal au fessier à la suite de la journée d'hier font que je préfère consacrer la journée à flâner en ville.

C'est aussi bien qu'une longue excursion. En se promenant sans but, le nez au vent, les yeux ouverts, on découvre plein de choses insolites qui échappent normalement à celui qui circule en taxi bus et même en vélo.

Ce sont par exemple les files de personnes qui font la queue le matin devant l'immense hôpital public. C'est organisé : les vendeurs ambulants ne sont pas loin et la queue est l'occasion de prendre en même temps le petit déjeuner. Il faut dire que je suis même étonné, car c'est bien ma première fois que je vois en Chine une queue à peu près organisée. D'habitude c'est la ruée en groupe serré et au plus fort ou au plus débrouillard de passer. Peut être que la présence de « gardiens de la paix » en uniforme aide un peu.

Ce sont aussi les Dazibaos nouvelles normes : des grand panneaux où la population peut consulter journaux et nouvelles diverses.

Les rues sont propres, au moins autant, sinon un peu plus qu'à Paris. Le matin des camions nettoyeurs (balayeuse et jet d'eau) passent régulièrement. Comme ce sont des véhicules électriques, donc silencieux, ils se signalent en diffusant une amusante musique populaire souvent d'origine étrangère. Ce matin ici c'est, comme à Disney Land  « It's a small world » mais l'an passé j'avais droit à un étonnant « Frère Jacques » Je pense que ce serait drôle si la police utilisait les même méthodes : imaginez des voitures pies ou des paniers à salade diffusant « Frère Jacques » ou encore « Ha Hi Ha Ho nous partons au boulot» des sept nains dans Blanche neige...

Juste à côté d'un quartier surveillés par deux gros éléphants Daï, un grand centre commercial attire des nuées de consommateurs. Pour moi c'est une aubaine, je peux trouver en un seul endroit quelques produits de base que je ne sais pas toujours localiser dans les boutiques habituelles : lessive en petit contenant, lames de rasoirs spécifiques, papier de verre, ruban adhésif.

Un retour inopiné à l'hôtel pour cause d'embarras intestinaux : la soupe de nouille matinale ne passe pas. Ce sont des choses qui arrivent, heureusement très exceptionnellement, et comme je suis veinard c'est juste le jour où je ne suis pas parti en excursion.  Un petit stop  banane et à la tisane (enfin thé) à l'hôtel donc.

Cette fois je peux traîner plus tranquillement dans le « Marché au Jade » Peu intéressant, cela ne vaut pas ce que l'on voit dans la Birmanie voisine, même si à l'évidence une partie des commerces vient de là bas. Assez étrangement les autres sont presque tous musulmans (minorité assez représentée dans le Yunan)

Un marché local ensuite, pas de touristes, même asiatiques au contraire du précédent. Organisé comme souvent en Asie en deux « strates » les paysans locaux, assis à même le sol, exposent quelques produits agricoles sur des bâches plastiques. Au centre le marché couvert plus institutionnel avec les grands classiques, fruits légumes, épices, riz et ici beaucoup de viandes et de charcuteries. C'est l'occasion de me fournir en fruits : bananes (bon pour ce que j'ai) mangues (moins conseillé, mais les petites sont bien mures et délicieuses) et quelques goyaves.

Juste à côté une immense tour porte une horloge, et midi sonne sur l'air de Big Ben diffusé par un synthétiseur électronique. C'est assez surréaliste.

Comme les processus digestifs semblent se normaliser, je pousse jusqu'au parc public « Peacok Garden » (Le jardin des paons) De nombreuses tables de pierres flanquées de chaises, à l'ombre et au bord d'un petit lac semblent constituer une étape idéale pour la relaxe, consacrée cette fois à une révision de vocabulaire et d'écriture Chinoise. Je commence à bien maîtriser les chiffres et les comptes, les dates et les formules de base Bonjour, au revoir merci, pas de quoi, où se trouve xxx


je veux l'addition, je ne parle pas Chinois, je suis Français....  Mais, même si l'accent progresse à grand pas grâce à la gentillesse de mes interlocuteurs, c'est loin d'être suffisant pour une totale autonomie. Ici l'Anglais est très rarement parlé, c'est plutôt le Daï. Détail amusant la plus part des panneaux indicateurs, noms de rues,  et signalements sont rédigés en Chinois, en Daï et parfois en Anglais

Au bout de quelques minutes un homme s'assoit à la même table et ... Sort un jeu de carte. Je comprends qu'il me propose une partie que je suis obligé de décliner. Il m'offre alors du … Tamarin que je décline également en riant (et en mauvais Chinois) « Wo bu Jiao  Xie xie» en montrant mon ventre à peine stabilisé. Je riposte en offrant une banane, il contre en offrant une cigarette... C'est l'escalade des petits cadeaux... Mais il semble attendre autre chose que je ne comprends pas bien.

Regardant les alentours je constate que toutes les tables sont maintenant entourées de groupes qui jouent aux carte et comprends que je suis en train de monopoliser une place inutilement... Dubuiqi (Pardon) et je laisse l'emplacement disponible pour des partenaires qui ne se font pas attendre.

Je reste cependant à les regarder jouer et à essayer de comprendre, sans trop de succès, les règles de ce jeu assez complexe qui se joue à 4 avec 104 cartes. Puis j'abandonne et continue la ballade dans le parc, me faisant, très explicitement, gestes non ambigus à l'appui, draguer par une amazone : c'est la deuxième fois en une semaine, le prestige (uniquement monétaire je le crains) des « Westerners » est aussi élevé ici qu'au Laos ! Du coup cela me rappelle aussi les deux appels téléphoniques nocturnes reçus dans la chambre hier et avant hier. Une charmante voix féminine, incompréhensible... Et moi qui au début avait naïvement imputé cela à une erreur de numéro avant d'apprendre du patron (Français) du « Mekong Café » où je vais prendre ma bière du soir, que c'est une pratique assez systématique dans les hôtels recevant des touristes étrangers.

Ceci écrit j'y retourne (à la bière du soir : c'est bon pour ce que j'ai) pas aux sino-courtisanes.

Une rencontre amusante au restaurant : Ana une jeune Française. Tous les deux nous sommes certains de nous être déjà rencontrés en Asie il y a quelques années, mais incapables de retrouver où : nous avons trop de pays en commun ! De toute façon on devrait se revoir à Lijiang, la mémoire sera peut être revenue....

Lijiang justement j'y pars demain... La météo annonce de -3 à 16... Finie la rigolade


Zaïjian

mercredi 15 février 2012

Daï Land ou Daï world sur Mékong

Mercredi 15 février 2012

La journée sera rude. 60 km de vélo et une dizaine à pied. Heureusement la bicyclette fournier est de bonne qualité : un VTT presque neuf. J'aurais bien préféré un routier avec de grandes roues, plus performantes sur routes, mais d'un autre côté 21 vitesses c'est appréciable compte tenu du relief.

« Attends p'tit gars tu n'as pas encore vu la route ! «

Oui elle a raison la petite voix ! Les trois ou quatre premier kilomètres sont épouvantables : route, enfin piste, poussiéreuse et un infernal trafic de camions soulevant d'épais nuages jaunes et méprisant tout à fait la présence de la fragile bicyclette et de son plus fragile encore conducteur.

Heureusement cela s'arrange, et l'on retrouve une route normale, qui plus est en bordure de mon copain Mékong qui serpente gaillardement dans une étroite vallée entre de hautes collines.

En Thaïlande et au Laos il fait le fier le bougre ! Et même au sud du Laos et dans le delta au Cambodge le fier à bras. Ici, beaucoup plus au nord,  il en a un peu rabattu. Ce n'est plus qu'une modeste rivière, à peine le gabarit de la Seine à Paris et quand il s'étale, il ne peut s'en empêcher c'est dans sa nature, Il manque quelque peu de profondeur. Il faut dire que la saison sèche est bien entamée. Mais ceux qui me lisent savent que je lui pardonne tout : le Mékong est un vieux pote, comme moi plein d'imperfections, compagnon témoin de mes premiers émois et fulgurants instants de bonheurs asiatiques, et ma tendresse pour lui est bien supérieure au niveau de son étiage.

Nous (mon vélo, le Mékong et moi) sommes en route pour Mengha. Une petite ville Daï à 30 km au sud de Jinghong. La route n'arrête pas de grimper et de descendre (vivent les 21 vitesses) et il faudra  presque deux heures pour l'atteindre. Mais le temps n'a guère d'importance tant que je peux rentrer avant la nuit.

A l'entrée de la petite ville se dresse un premier temple Daï et quelques habitations typiques. Le style des temples Daï est un étonnant mélange : des toits multiples comme à Luang Prabang,à l'intérieur des colonnes et une charpente élaborée de bois laqué de rouge et peint de motifs d'or comme à Nin Bin au Vietnam. Du plafond pendent de longues bandes de tissus, un peu comme à Shangrila aux marches du Tibet et aussi, jamais vu ailleurs, des dentelles découpées dans de larges feuilles de papier. Sur le pignon une languette de bois sculpté (Shangrila encore)

Les peintures intérieures sont fraîches et naïves. Elles évoquent, comme toujours, la vie de Bouddha bien sûr, mais les personnages sont de toutes les époques : les guerriers anciens voisinent avec de militaires en uniforme Mao, et certains personnages sont tout à fait contemporains (costumes et cols Mao) Il y a même des joutes de tirage de corde, des combats avec ce qui ressemble à une étrange armée de singes...

Les textes ne sont pas rédigés en Chinois mais en Daï : cette ethnie est l'une des rares en Chine à s'être dotée non seulement de sa propre langue (proche du Thaï et du Lao) mais aussi de son écriture et de son alphabet (proche des « nouilles » Birmanes) Les Daï en effet sont un sous groupe d'une ethnie « Thaï »

Les habitations sont également caractéristiques. Très grandes, sur deux étages. Une série de colonnes de bois posées sur des cylindre de pierre pour isoler de l'eau supporte une charpente complexe montée uniquement avec des chevilles. L'habitation est au premier étage : une immense pièce commune, et quelques plus petites isolées par des cloisons de bois. Dessous le bétail, les métiers à tisser, les poules... Un peu comme en E-san ou au Laos. Mais en beaucoup plus grand et fonctionnel.
Deux « vagues » de toits de tuiles une pour le rez de chaussée, l'autre pour le premier étage. Pas de plafond : on vit directement sous les tuiles. Et partout, surtout en frontispice, des paons sculptés, l'animal fétiche des Daï.

La ville de Mengha est réputé pour son « Daï Garden » Il s'agit d'un « parc ethnique » (il faut oser la formule!) assez étonnant. Quatre ou cinq villages Daï, en tout quelques centaines d'habitations sur une bonne vingtaine de kilomètres carrés, ont été entourés d'une clôture. Un contrat a été passé avec les habitants : ils continuent à vivre comme avant, mais reçoivent la visite (et une partie de la manne issue des billets d'entrée) de touristes. On peut d'ailleurs y loger.

Écrit ainsi cela fait craindre au mieux le « Disney-Land » au pire la réserve Indienne ou le zoo. Pourtant ce n'est pas si mal. Les habitants restent naturels, du moins pour ce que j'ai pu en juger, et les « spectacles » sont limités à un très artificiel show de danses Daï parfaitement circonscrit dans un théâtre spécialisé que l'on peut très bien éviter (ce que j'ai fait)

La majorité des touriste Chinois se rend directement au Show en bus électrique. Mais quelques uns, comme moi, marchent et flânent au hasard des rues des villages que l'on visite alors comme n'importe quel village « libre » sans pression touristique ni commerciale des habitants. C'est ainsi que j'ai appris tout ce que je sais maintenant sur la culture et l'architecture Daï.

Allez quelques informations encore glanées au fil des visites.

Les hommes Daï vivent dans la maison de leur épouse, cela évoque un peu la culture matriarcale des Naxis que je vais retrouver dans quelques jours, et « travaillent très dur les trois premières année » (rien n'est précisé pour la suite, peut être jouissent ils d'une vie de sybarite, mais j'en doute, ou alors leurs femme les remplacent au bout de trois ans par un compagnon neuf...) Par exemple il fabriquent le jus de canne, extrait à l'aide d'un original pressoir de bois, composé de deux vis hélicoïdales engrenées et entraînées par un bras tourné à la main : j'ai essayé en effet c'est « physique »

Un « pressoir » en bois permet également l'élaboration des nouilles de riz. Je vous donne la recette :

Faire gonfler les grains de riz 24 heure dans l'eau après les avoir débarrassés de
de l'écorce. Moudre ensuite en poudre, en faire un « gâteau » que l'on enveloppe d'une feuille de bananier et laisser fermenter un ou deux jours. Il ne reste qu'à presser ce qui reste pour en extruder les nouilles tours manuels.

Les femmes elles se consacrent au tissage (assez élégant) et à la poterie à l'aide de tours manuels.

Les moines de leur côté fabriquent des tablettes de textes sacrés à l'aide de feuilles de palmier. Ramollies dans l'eau chaude puis aplaties, elles sont ensuite gravées en Pali ou en Daï) à l'aide d'une pointe métallique, puis lavées avec de l'huile végétale pour fixer l'écriture.

Il y a bien d'autres choses, mais cela suffira pour une première initiation.

Mine de rien j'aurais bien arpenté les villages sur une dizaine de kilomètres. Les jambes deviennent lourdes et il reste à entreprendre le retour en vélo. Dur ! Surtout sur l'infernale partie poussiéreuse.

La douche est une bénédiction. La lessive de fin de journée nécessaire pour extraire des vêtements les kilos de poussière jaune qui y sont collés.

Mais le meilleur est encore la BeerLao du soir (je suis infidèle à la TsinTao) et ce soir le repas, histoire de rester dans l'ambiance, sera Thaï.

Zaijian !

mardi 14 février 2012

Intendance et puis des fleurs des feuilles et des branches pour la St Valentin

Mardi 14 Février 2012

Réveil tardif du aux fatigues de la veille, et aussi à l'heure perdue : 7h00

Exceptionnellement je prends le petit déjeuner dans un café pour « Westerner » : il est réputé pour les informations fournies. Et en effet j'y trouve une bonne carte de la ville et quelques infos touristiques et pratiques précieuses. De plus la soupe de nouille est tout à fait correcte.

Pour éviter trop d'étapes morcelées dans des villes d'ailleurs déjà connues, j'ai décidé de rester là jusqu'à vendredi et de prendre un avion directement pour Lijiang (Le bus mets 20 heures et j'en ai un peu assez) Il reste à trouver le billet. Sur internet c'est hors de prix (près de 300 euros) mais une agence indiquée par le fameux café me fera, après de longs palabres car personne ne pratique l'anglais, et je dois me jeter à l'eau en Chinois avec l'aide de tous mes lexiques et de mes talents de mime. Ca marche : il ont un billet à 80 € ce qui est plus raisonnable. Ne reste qu'à trouver un ATM pour retirer du liquide, et c'est encore une belle recherche... La première carte de crédit est refusée pour des raisons mystérieuses, mais heureusement la seconde fonctionne, et bientôt me voici en possession du précieux billet.

Reste à réactiver ma carte de téléphone, et là l'opération que je croyais simple (comme c'est le cas en Thaïlande et au Laos) va vite se révéler particulièrement délicate.


Bien sûr personne ne parle Anglais. J'arrive à expliquer que je veux connaître mon N°. L'opératrice appelle son propre téléphone pour cela et... Déclare (cela se fait par le biais d'un traducteur internet) qu'il n'y a plus assez d'argent sur la carte. Ok … Je demande une recharge et nous voilà embarqués dans une manœuvre qui durera bien dix minutes d'horloge. Longues opérations sur son terminal, entrecoupées d'une série de palabre avec ses voisines... Finalement, elle m'annonce que ma carte n'est plus valable et qu'il faut en racheter une neuve.... Ok ce n'est pas cher. Nouvelle carte nouveau numéro, mais impossible de connaître le montant alloué : il n'y a pas de mode d'emploi, même en Chinois. Tant pis on fera cela à la débrouille. Du coup je possède son numéro de téléphone, mais je crains que cela ne puisse aller bien loin.  Total de l'opération 30 minutes ! A Bangkok cela en aurait royalement pris deux ou trois.


Dernière étape louer un vélo pour disposer d'un peu plus d'autonomie au sein de la ville quand même assez étendue. J'en profiterais pour consacrer le reste de la journée à une promenade au hasard des rues puis une longue visite du jardin botanique : la connaissance des plantes et arbres tropicaux est une de mes grosses lacunes.

Ce jardin botanique est une pure merveille. Immense (plusieurs centaines d'hectares) bien fléché. De grandes allées empierrées parcourues par des petits trains électriques emmenant des groupes de touristes Chinois sous la houlette d'un guide équipé d'un puissant haut parleur. Pour ma part je choisis la marche à pied, seul moyen de pouvoir s'arrêter et contempler tranquillement arbres et plantes et marcher au sein des plantations.

Je suis content de pouvoir découvrir nombre d'espèces souvent vues mais dont le nom m'est inconnu. Cette fois je peux identifier le Banian (Ficus Religiosa) l'un des 5 arbres sacrés du Bouddhisme ('je vous fais grâce du nom latin des 4 autres)

Exposition également in situ de la récolte de la sève de l'hévéa. Amusant à prélever : une pâte blanc ivoire, épaisse et un peu collante, et bien sûr très....Elastique. Mais il en faut des arbres à « saigner pour fabriquer un pneu !

Le plus intéressant est la « réserve génétique » des arbres fruitiers tropicaux. Les manguiers et papayers me sont bien connus, ainsi que maintenant citronniers orangers et Pomelos, et même les arbres à caramboles facilement identifiables à leur fruits en pleine maturité.

L'avantage de n'être pas dans les wagonnets est de pouvoir s'enfoncer dans les cultures et... Goûter !  Bien que le seul à être vraiment mur et non récolté est la carambole. Délicieux. Un autre semble aussi l'être : la sapodille enfermée dans une écorce épaisse. Mais à la découpe un jus blanc, collant s'en échappe. C'est comme le sang de la bête d'Alien ! Très corrosif il attaque et noircit tout ce qu'il touche dont la lame de l'opinel. J'apprendrais plus tard que dans cet état, non mur, il est utilisé comme médicament contre la dysenterie. Bon je n'en ai pas beaucoup mangé, et d'ailleurs c'était vraiment mauvais. Les goyaves également ne sont pas mures, mais les pomélos si ! Miam !

Petite étape dans le quartier des fleurs. Une débauche et symphonie de couleurs qui se marient avec celles des sarongs des jeunes filles en costume local (ethnie d'origine San donc proche des Thais) et aussi des « fiancées » Aujourd'hui c'est la St Valentin ici aussi. J'y croise aussi Cecily et Mark.... JingHong est plus petit que je ne le pensais.

Plus loin une attraction pour les gosses : un câble est tendu  depuis une tourelle d'une dizaine de mètre de haut jusqu'à l'autre rive d'un petit lac, et l'on peut, muni d'un harnais de sécurité équipé d'une roulette se livrer aux joies de la traversée aérienne sur une centaine de mètres. Bon il n'y a pas de raison que ce ne soit que pour les enfants... Je ferais la traversée aller et retour.

Retour enfin en ville. Il est plus tard que je ne le pense (toujours le décalage horaire) juste le temps de restituer le vélo, acheter une nouvelle souris pour Hal (l'ancienne a du faire une crise cardiaque à la vue des chats noirs de Muang Ngoi) et il est l'heure de la bière vespérale et de la rédaction quotidienne, puis de l'exploration, toujours renouvelée, de la cuisine Chinoise.

Zaijian

Liens Google Earth a jour

Petit à petit la Chine

Dimanche 12 février 2012

Les premières impressions ressenties à l'arrivée à Udomxai se confirment. Ce n'est pas réellement une ville touristique. L'équipement hôtelier est correct certes, mais principalement orienté vers les voyageurs en « escale » La ville est en effet au croisement de plusieurs routes importantes. Luang Prabang puis le sud du Laos, L'ouest vers la Thaïlande, le nord ouest vers la Chine et le nord est vers le Vietnam.

Il y règne une atmosphère de ville du « Far West » en pleine ascension. La typologie, mais aussi l'agencement des magasins, sont assez révélateurs. Une grande majorité de « quincailleries » où abondent matériaux de construction, clous, fers de pioches, cordages, fers à béton, des boutiques de motos et de pièces détachées de véhicule, et une flopée de stands de téléphones portables. Et bien sûr les saloons, pardon les hôtels et restaurants, tous ou presque, flambants neufs.

Comme la ville s'équipe à grande vitesse, on commence toutefois à trouver les commerces de « deuxième génération » comme l’électroménager (aux vives couleurs) les téléviseurs, …

La quasi totalité des commerces est tenue par des Chinois du Yunan qui représentent un part notable de la population, d'ailleurs la plus part des affichages sont trilingues : Chinois, Lao et Anglais, pratique pour s'entraîner au décodage des alphabets ! C'est bien organisé, courtois, efficace, très utilitaire, un peu au détriment du sympathique et chaleureux laisser aller, un peu foutoir mais bon enfant, des Laos.

L'habitat également est caractéristiques. Les simples maisons Laos sont noyées par de nombreuses habitations Chinoises à l'architecture grandiloquente : colonnades pseudo Grecques, portes et fenêtres de bois lourdement ouvragées et sculptées, carrelage de sols multicolore, et devant le porche un gros 4x4 noir.

Et partout dans la rue, ou à l'hôtel, le bruit caractéristique des « cracheurs » se raclant la gorge.

Lundi 13 février

Cette fois c'est la rupture, le départ pour différents horizons. Betty se rend à Luang Prabang et moi en Chine. Nous quittons la gare routière à une demi heure d'intervalle dans des bus typiquement Laos, c'est à dire brinquebalants et surchargés de sacs de riz et de ballots divers, chacun sur la nationale 13, la principale route qui traverse le Laos du sud au nord, mais dans des directions opposées. Je voyage avec Cecily et Mark, deux Américains de l'Alaska dont Betty avait fait la connaissance quelques jours avant.

Le trajet est une longue succession d'arrêts en pleine campagne pour charger ou décharger des sacs, une paysanne se rendant à son champs, un jeune retournant dans le hameau familial. Parfois on stoppe un long quart d'heure pour attendre un passager en retard. C'est du voyage à la bonne franquette. Le paysage est identique à ce que nous avons vu récemment c'est à dire superbe : montagnes sans fins, forêts, enfin quand il en reste : de grandes étendues à flanc de colline ont été déboisées, et remplacées soit par des hévéas, soit simplement laissées à l'abandon et recouvertes de denses bouquets de bambous et de bananiers.

L'influence Chinoise est de plus en plus marquée, d'abord par les nombreuses usines et plantations que l'on rencontre, et surtout par la qualité de la route : un et confortable ruban d'asphalte neuf qui a remplacé le chemin de terre que j'avais connu il y a deux ans pour aller à Nuang Lamta. En particulier je me souviens d'avoir été particulièrement impressionné par la traversée d'une vallée entièrement ensevelie, maisons et végétation, sous une épaisse couche de poussière jaune. Je l'avais appelée la « vallée de la mort de la poussière jaune » Aujourd’hui tout est pimpant, les maisons sont propres et les feuilles des bananiers vert vif. J'imagine le soulagement de la population.

La frontière se passera en étapes multiples. Il faut descendre les bagages et passer à pied (Normal pour la Chine, mais je l'ai fait l'an dernier déjà !) Un rapide coup de tampon au poste Lao, puis direction le poste Chinois qui, à l'intérieur d'immenses buildings aux couleurs fluos, fait dans l'ultra moderne : verre et acier, climatisation, sols de marbre. Le contrôle est un peu plus pointilleux, y compris un passage des bagages aux rayons, mais courtois.

Et hop nous voici en Chine. On a vraiment changé de monde, autoroute neuve à deux fois quatre voies bordée de buildings neufs et colorés, voitures puissantes et modernes. C'est le même effet, en plus accentué, que lorsque l'on passe du Laos en Thaïlande.

La destination finale du bus est Mengla, 40 kilomètres plus loin. Après la ville le paysage redevient montagneux, comme auparavant, mais l'aspect est totalement différent. C'est une suite alternée et monotone de forêts d'hévéas à l'alignement quasi hypnotique, de champs de bananiers « industriels » : chaque régime est enveloppé dans une feuille de plastique bleue pour accélérer la maturation, et de serres. A Mengla le bus pour Jinghong est près à partir : le chauffeur n'attendait que nous et nous cornaque jusqu'au guichet pour acheter les billets puis nous installe dans un minibus tout neuf. Belle organisation !

120 km, rapidement parcouru à travers les mêmes étendues de la trilogie hévéas, serres et bananes, avec quelques usines en rupture. Jinghong est atteint vers 17h00 heure locale (il a fallu en rajouter une au passage de la frontière, ce qui nous fait maintenant un décalage de 7 heures avec l'Europe)

Trouver un hôtel se révèle un peu plus ardu : les plans du Lonely sont imprécis, les noms de rue pas toujours affichés, ou alors en Chinois, et les enseignes sibyllines. On patauge un bon moment autour du « Jade Market » puis on finit par chercher chacun de notre côté. Après plusieurs détours et demandes de renseignements, je tombe sur une jeune Chinoise équipée d'un Gps sur son smartphone qui me mets enfin sur la bonne voie. Las ! L'hôtel convoité est plein. Je finirais par dégoter une chambre très confortable dans un hôtel moderne mais sans caractère (à la Chinoise) un peu chère pour moi tout seul, mais avec un équipement sans défaut. Télé et clim (inutiles!) ordinateur (en Chinois dont tout aussi inutilisable, mais après quelques bricolages et réglages j'arriverais à utiliser la connexion pour ma propre machine)

Je retrouve Cécily et Mark, échoués dans le même hôtel. Nous essayons de nous repérer malgré nos cartes foireuses, nous perdons un peu dans le marché de nuit, et finissons par dégoter le quartier des restaurants.... Il reste à faire la lessive, quelques rangements.... Coucher à minuit, ce qui pour moi est un record !

Zaijian

samedi 11 février 2012

Apprenti artisan enle bambou, l'alchimiste trouve de l'or

Vendredi 10 février 2012

Je suis venu dans le nord du Laos pour les paysages et les balades. Me voici donc reparti, polaire sur le dos car si dans la journée la chaleur est intense et le soleil ardent, les matinées sont fraîches et brumeuses.

N'ayant pu trouver de plan ou de cartes à l'office du tourisme (comme partout ils manquent de moyens) je suis, un peu au hasard, la route qui conduit à Udomxai, espérant que le hasard fera, comme à l'habitude, bien les choses.

A la sortie de la ville, un homme âgé est lancé dans la fabrication d'une cloison de bambou du type de celles qui équipent la majorité des maisons. Je m’assois à côté de lui, demande la permission de le photographier, et j'ai droit à une initiation technique complète qui un jour peut être sera utile lorsque je serais abandonné sur une île déserte.

Le matériau de base est une tige de bambou de diamètre moyen(4 à 5 cm) fendue en deux dans le sens de la longueur. Chaque demi cylindre est ensuite profondément creusé de plusieurs rainures parallèles assez profondes, mais sans aller jusqu'à traverser toute l'épaisseur de l'écorce, ce qui donne assez de souplesse pour mettre le demi tube à plat faisant ainsi apparaître une bande de 5 à 10 cm de large, composée de 7 à 8 bandes plus petites parallèles encore solidaires. Plusieurs bandes sont ensuite mises côte à côte, puis tressées avec d'autres placées perpendiculairement. L'ensemble est bien souqué à petits coups de marteau.

Pour les planchers la technique est la même, mais les tubes de départ sont plus larges et l'écorce plus épaisse. Le tressage est là plus « physique »

Je prends notes et croquis, à la grande satisfaction de mon démonstrateur. Puis je le laisse pour continuer la route le long de la rivière Nam Pak. 3 à 4 km plus loin un chemin part sur la droite à travers un petit bois de teck, suivant une étroite vallée creusée par un ruisseau. Comme j'en ai un peu assez de la route goudronnée je décide de le suivre. Peut être mène-t-il à un village.

Plutôt qu'un village, c'est un hameau. Quelques cabanes échelonnées au long du ruisseau et séparées par des champs de bananiers et de légumes clairsemés et quelques étangs artificiels servant de réserve à poissons. Le chemin est assez sommaire et à plusieurs reprises il faut guéer ou sauter de pierre en pierre pour traverser ruisseau et quelques marécages. Un vieille femme, le visage tatoué me regarde passer, imperturbable. Je n'ose lui demander la permission de la photographier. Un  homme est en train d'essarter le reliquat d'un champ de bananiers.

On se croirait au moyen âge : pas de chemin carrossable, encore moins d'électricité, des voisins largement séparés, mais une relative autonomie de production : les légumes, les bananes, les poissons, et bien sûr le bambou.... Tout tournant autour de ce simple ruisseau qui, je vais le découvrir, peut donner encore plus.

De retour sur la route je continue à longer le ruisseau qui se jette dans la Nam Pak. Un large chemin le longe jusqu'à la rive. Là il y a un gros tracto-pelle, les chenilles dans l'eau, entouré d'une vingtaine de personnes : ce sont des chercheurs d'or comme nous en avons vu à plusieurs reprise, de loin, lors de la navigation. Je réutilise la tactique qui a déjà fonctionné avec le tresseur de bambou : s'asseoir auprès d'eux, les regarder travailler, puis demander l'autorisation de photographier. Et le résultat est le même : j'ai droit à un petit cours initiatique.

Le tracto-pelle est là pour creuser de profondes tranchées dans la rive, puis les orpailleurs (et orpailleuses) placent une pelleté de boue mêlée de sable et cailloux dans la battée et d'un geste précis le lavent en éliminant progressivement les pierres et graviers, jusqu'à garder seulement un maigre résidu dans le fond qui est examiné avec minutie. Mais je ne vais pas m'en tirer avec une simple observation et des photographies ! Deux femmes me collent une battée dans les mains : c'est un large cône de bois, un peu de la forme d'un.... Chapeau Chinois !

Il ne reste qu'à quitter chaussures et chaussettes et à rentrer dans l'eau, accroupi sur les talons à la mode Asiatique, position que par chance j'arrive à bien tenir. En revanche pour le geste du lavage j'ai moins de dons. Il reste beaucoup de progrès à faire et mes gestes maladroits déclenchent  rires et commentaires. Avec le temps cela s'améliore et … Miracle au fond de la battée deux ou trois paillettes du précieux métal étincellent au soleil.

Il semble que l'on en trouve presque à chaque tentative, mais bien sûr les quantité unitaires sont ridiculement faibles.

Et voilà je rentre les pieds dans des chaussettes trempés, mais l'honneur au sec : j'ai trouvé de l'or et je sais comment construire une cabane en bambou. Il n'en faut pas plus pour se sentir l'âme de Tintin.

De retour à « la ville » une deuxième balade permet de conserver l'ambiance aventureuse. Cette fois passant de Tintin à Indiana Jones : une haute passerelle (40 à 50 mètres) suspendue, étroit sol de planche, traverse la Nam Pak. Elle se balance et tremble de façon inquiétante à chaque pas, et il faut refréner le réflexe de se cramponner au câble d'acier qui la borde : il est placé bien trop bas et d'ailleurs bouge encore plus. De l'autre côté je retrouverais quelques personnes déjà rencontrées les jours précédents lors de ballades antérieures, ainsi qu'une charmante jeune Écossaise (rousse bien sûr) qui me propose un échange honnête (entre adultes consentants!) 1000 Yuans Chinois contre 160 US $. Cela tombe bien car je risque de rentrer en Chine par la petite porte sans trouver tout de suite ATM ou banques.

Samedi

Départ pour UdomXai. Presque sans histoire, c'est à dire à la mode Lao. On s'est bien demandé si on trouverait un Tuk-Tuk pour aller à la gare routière (3 km quand même) Mais il a fini par arriver, puis le bus est parti... A l'heure, mais c'est là que nous avons pu apprécier le « sens de l'organisation Lao » Le bus étant à peine plein, tous les bagages, ballots, colis, sacs de riz ont été chargés à l'intérieur ce qui a pour effet d'occuper une bonne partie des sièges et d'encombrer les passages. Cette fois pas de coq...

Mais au fur et à mesure du parcours des passagers sont montés, et il a bien fallu faire de la place, donc monter les bagages sur le toit... C'est sûr cela aurait été stupide de le faire avant, comme il aurait été ballot d'aller faire la pression des pneus avant le départ, ce qui nous aurait privé d'un petit détour.

Autrement voyage agréable et sans souci, du moins pour nous qui étions assis.

UdomXay ville sans trop de grâce, maison retrouve le confort de l'internet, des magasins, de l'eau chaude... Efficacité à la Chinoise (ils représentent 30 % de la population)

Nous y ferons un arrêt de 36 heures. Lundi matin départ aux aurores de Betty pour Luang Prabang, et moi pour Jing Hong en Chine

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Chemins d'eau et chemins de terre. Beautés du Nord Laos

Mardi 7 au jeudi 9 février 2012

Bateau du matin pour Muang Ngoi. Il n'offre pas vraiment plus de confort que d'exactitude : nous partons à l'heure Lao après avoir poireauté une heure sur d'étroits bancs de bois inconfortables. Heureusement que le voyage ne dure qu'un plus d'une heure.

Quelques difficultés à l'arrivée lors de la chasse à la GH. Les chambres libres sont rares, mais en partant à contre courant du flot des arrivants on finit tout de même par dégoter une chambre dans un bungalow assez confortable. Il serait parfait avec de l'eau chaude, mais dans ce village sans route et où l'électricité n'est disponible que de 18h30  à 21h30 il ne faut pas trop rêver : les quelques chambres disposant d'eau chaude ont déjà été prises d'assaut.

Village calme. Les maisons sont sans grâce : tout a été aplati sous les bombes Américaines dans les années 70, et d'ailleurs de nombreux habitants utilisent des corps de bombes non explosées (mais quand même vidées ! ) Comme décoration d'entrée. En revanche le site est magnifique, au pied de la rivière, encadré par des « pains de sucre » couvert de végétation primaire. Pas de route donc pas de voitures... Les coqs ne sont donc pas perturbés par le bruit des moteurs et peuvent s'exprimer tout leur saoul à toute heure du jour et de la nuit.

Le village est constitué d'une « rue principale » un chemin de terre d'une centaine de mètres de long, bordé de boutiques et de Guest-House et deux ruelles perpendiculaires où se répartissent les maisons d'habitation, le marché et l'école. En effet dans tout le Laos, chaque village même minuscule, dispose de sa propre école. Ici, fort peut être de la richesse apportée par le tourisme, l'école s'enorgueillit de deux bâtiments de 5 pièces chacuns.

Une première reconnaissance sur les chemins environnants laisse augurer de superbes promenades. Pas de téléphone et encore moins d'internet...C'est le genre d'endroit où l'on peut se laisser vivre de longues journées, ignorant des bruits et soucis du monde. A part peut être ce soir où la pleine lune devrait être l'occasion d'une, discrète, fête locale.

Mercredi

Nuit fraîche... Les murs de bambous de la chambre laissant passer le vent nocturne. J'ai tenu le coup grâce à mon sac à viande en soie mais Betty a eu froid. Pendant que je me consacrerais à ma promenade quotidienne elle cherchera un hébergement « en dur »

Ce matin c'est marché à Muang Ngoi. Hier le bateau était d'ailleurs surchargé des habituels lourds ballots de toile multicolores qui servent à transporter un peu tout. Marché très utilitaire et totalement dépourvu de babioles « touristiques »

Le départ de la randonnée se fait dans la fraîcheur matinale. Le coupe vent fourré n'est pas vraiment du luxe. Sur l'étroit chemin de terre on croise de nombreux habitants des villages périphériques se rendant au marché, certains (surtout les femmes) chargés de ballots portés sur le dos à l'aide d'une longue lanière passée, à la manière des sherpas, sur le front et de paniers, ce doivent être les « vendeurs », d'autres « à vide » probablement les « acheteurs ».

Beau sentier au pied des falaises de calcaire dont la lumière matinale met en valeur de larges stries  oranges courant sur les roches. Ensuite le chemin traverse une large étendue de rizières desséchées et là retrouver la route devient un peu plus problématique, mais après quelques essais et erreurs, et surtout en suivant le flux des villageois, je finit par atteindre le village de Ban Na.

Plutôt simple. Quelques maisons de bambou sur pilotis autour d'un chemin de terre central, mais tout de même encore une école de 5 salles, toujours située au meilleur emplacement, c'est à dire sur un tertre dominant le village. Au bout de l'agglomération une Guest-House plutôt rustique : de simples cabanes de bambou, les WC « au fond du jardin » Simple et pas chère (1€ la nuit) mais il faut y arriver : une heure trente de marche, sans aucun moyen mécanique de transport.

Encore une longue marche jusqu'au village suivant Huay Boi. Cette fois l'école est juste à l'entrée et j'ai la chance de tomber sur une classe en plein travail. Les enfants sont admirablement appliqués, et il est possible de faire photos et vidéos en générant un minimum de perturbation, sous le sourire attendri, et très fier, de l'instituteur.  Mais le calme relatif disparaît très vite avec la fin des cours (il est midi) et « l'explosion » de la sortie des gosses dans la « rue ».

Ce village est encore plus simple que le précédent. Maisons vraiment sommaires, souvent de simples cabanes. Et pourtant il y a là 3 Guest-House aux tarifs plutôt concurrentiels : 0,5 € la nuit. Et énormément de monde y est logé. Surtout des jeunes gens, ambiance un peu hippie, celle justement qui a fait la réputation de Muang Ngoi quelques années auparavant avant son embourgeoisement (relatif)  Il faut dire que là il faut vraiment courage et motivation pour s'y installer car il y a deux heures trente de marche, par des chemins pas toujours faciles (grimpettes, passages de ruisseaux à gué ou sur des passerelles de bambou acrobatiques)  Mais une fois installé ce doit être un vrai bonheur d'y oublier le passage du temps et la technologie (pas d'électricité, pas d'eau courante...)

Retour en milieu d'après midi à Muang Ngoi. Betty a trouvé une Guest-House « en dur » et il faut y transférer les affaires. Juste devant sur la terrasse un groupe de moines aide le père du propriétaire à célébrer un « Bassi » en reconnaissance d'une récente guérison. Chants, offrandes...

Jeudi

Même avec le coq embarqué au dernier moment nous ne sommes que 8 sur le bateau qui remonte la Nam Ou en direction de Muang Ngoi. Et cette fois il y a même 4 sièges confortables type « avion » réservés aux passagers plus chanceux ou favorisés par la galanterie, et deux tabourets de bois qu'il ne reste qu'à rendre vaguement confortable à l'aide de vêtements empilés pour ménager les postérieurs durant les cinq heures de voyage.

Toutefois le temps passe vite car le fleuve serpente toujours entre les montagnes escarpées, ce qui veut dire magnifiques paysages, et les passages réguliers de rapides rompent le rythme de la navigation. Ils sont plus impressionnants que les jours précédents, donnant vraiment l'impression, pas fausse d'ailleurs, qu'à chaque fois le bateau franchit une haute marche.

Le coq lui reste superbe et... Silencieux : il a trouvé son maître en la personne du puissant moteur à essence, capable de fournir beaucoup plus de décibels que lui. Mais à chacun des deux arrêts il retrouve de sa superbe et salue bruyamment les environs. Lors du second arrêt l'un des passager, très corpulent, rate la descente et tombe à l'eau, entraînant avec lui sa pochette et un superbe appareil photo. Il y laissera ses lunettes malgré les recherches frénétiques d'une nuée de gamins du village attirés par le jeu de la recherche sous les eaux boueuses.

Muang Khua a moins de charme que notre précédente étape. Ville plus active, première étape sur la route venant de Dien Bien Phu en direction du Laos, au confluent de la Nam Ou et de La Nam Pak, équipée de routes, de ponts, d'une gare routière et de plusieurs magasins typiquement « ville frontière » : on y vent des clous, de la ficelle, des alternateurs à poser dans la rivière, des bassines en aluminium et des battées de chercheur d'or. Le bac qui traverse la Nam Ou est un simple ponton métallique, guidé par deux câbles métalliques accrochés à un long câble suspendu dans le ciel. Le ponton lui même est plus long que le bras de rivière restant à traverser.


Nous y trouverons après quelque essais une GH qui offrira le miraculeux bonheur d'une douche chaude.

lundi 6 février 2012

Dans les entrailles de la terre ersonne ne vous entends ramper

Lundi 6 février

Nong Khiaw toujours. Finalement, usant de la liberté offerte au voyageurs non « organisés », nous ne sommes pas partis : la ville est agréable et il reste des promenades à faire. En particulier remonter la « route N° 1 » vers l'est.

Là encore départ plus qu'agréable sous la vue spectaculaire des « pains de sucre » enveloppés de nuages. Au loin dans une rizière une vache (un taureau?) manque de m'impressionner avec son pathétique miaulement en guise de salut matinal.

Au bout de quelques kilomètres, pas déplaisants, bien que le chemin ne soit qu'une route de bitume, il est vrai peu fréquentée, un panneau indique la grotte « historique » Pha (Tham Pha) Historique car ces grottes ont abrité lors de la dernière guerre les habitants et les membres du Pathet Lao qui s'y cachaient pour s'abriter du généreux « tapis de bombe » issu de la « doctrine Mac Namara » On retrouve à l'intérieur quelques tables et chaises étiquetées « Governor Office » ou « Luang Prabang Bank Office » La première grotte, assez grande, est bien signalée (elle fait d'ailleurs l'objet du péage habituel) et l'on y accède par un escalier en béton assez acrobatique. Peu spectaculaire à part quelques chauves souris bien cachées dans les hauteurs.

Mais la paroi verticale de la montagne est truffée d'ouvertures. En cherchant un peu on découvre l'entrée d'une grotte plus petite, bien cachée et non signalée. Seules quelques traces de pas sur un chemin à peine esquissé trahissent sa présence. Il s'agit d'un long (plusieurs dizaines de mètres, peut être 80 ou 100) boyau, probablement un ancien siphon, mais maintenant bien sec, qui s'enfonce de façon assez raide vers les profondeurs. Il ne faut pas être claustrophobe, bien sûr muni de bonnes chaussures et d'une bonne lampe frontale, et assez souple car certains passages sont presque des chatières devant lesquelles il faut abandonner le sac à dos.

Assez impressionnant d'autant que je suis absolument seul et personne ne m'y a vu entrer : ce n'est pas le moment de se casser une guibolle ! Pas grand chose à voir cependant, mais il y a l'excitation de l'exploration...Un petit « voyage au centre de la Terre » Tout se termine bien : ni blessé, ni perdu (j'avais pris des repères comme le petit Poucet)

Je continue en explorant la forêt voisine. Des bûcherons sont en train d'exploiter le teck. A l'évidence cela se déroule « en famille » comme souvent au Laos : Les hommes équipés de grosses tronçonneuses abattent les arbres, les femmes et les enfants ébranchent à la machette, puis les hommes débitent le tronc en long rondins.

Cela me permet de constater que la section du teck est composée de deux parties très différentes : le cœur est bien rouge, l'aubier plus jaune et semble-t-il plus tendre. Peut être deux qualités différentes de bois ? A moins que la différence ne s'estompe avec le séchage.

Au retour vers la route, franchissant un petit ruisseau à gué, je tombe sur mon deuxième serpent. Un beau marron et vert ! Plus long que celui d'hier, mais aussi vif et timide. Mes efforts pour tenter de le débusquer des buissons où il s'est réfugié, et de le photographier resteront vains. Un guide Lao rencontré près de l'entrée de la grotte et avec qui je peux un peu discuter me dit qu'au Laos voir un serpent est un mauvais présage.... Me voilà mal parti, d'autant que dans le village suivant je tombe sur un groupe d'homme en train de donner de grands coups de bâton dans un épais buisson de bambou : à leur geste je devine qu'eux aussi chassent le reptile.

Juste à côté une petite fabrique de charbon de bois avec 6 gros fours de terre cuite. Il est vrai qu'ici le bois est plus abondant que le charbon !

En principe (?) nous repartons demain pour Muang Ngoi.... Affaire à suivre.

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dimanche 5 février 2012

Eden sur Nam OU

Dimanche 5 février

Cette fois la balade choisie est à l'opposée de celle d'hier : remontée de la Nam-Ou sur la rive droite.

C'est beaucoup plus joli, d'autant que je suis parti plus tôt « à la fraîche » Les montagnes sont encore ceintes de leurs écharpes de brume, et la marche est agréable.

La route suit grossièrement le parcours de la rivière, mais ne se gêne pas toutefois pour quelques escapades dans les collines voisines, prétexte à quelques belles grimpettes, qui reste toutefois faciles car le chemin de terre battue reste large et sec. Contrairement à hier il est souvent possible de faire quelques détours dans les forêts de teck bordant la rivière. Cette fois je peux examiner de plus près ces arbres emblématiques de l'Indochine. Très caractéristiques avec leur fût droit légèrement jaune et leur feuilles énormes dont la couleur va du vert pâle au noir en passant par le gris sale.

Sous les tropiques les arbres à feuilles caduques ne se dépouillent pas en hiver. Le cycle continu est réparti sur toute l'année. Les feuilles mortes des tecks sont particulières : presque noires elles deviennent rigide comme du carton et fragile comme du verre. Leur chute lourde est bruyante, faisant sursauter le promeneur solitaire. Lorsque l'on marche sur le tapis sombre au sol, la surface craque avec un bruit similaire à celui que feraient des plaques de givre ou de glace se brisant : impossible de se déplacer avec discrétion dans une forêt de teck.

Ce matin il y a un peu de vent et les feuilles dégringolent en s'entrechoquant entre elles ou avec les branches voisines. La traversée des forêts s'accompagne donc d'une série continue de craquements en mitraille. Surprenant, mais on s'habitue... Bientôt je pourrais chanter « j'aime le chant du teck le matin au fond des bois ». Je trouve une belle branche au sol qui fera un excellent bâton de marche et repoussoir à chiens. Je suis surpris par la légèreté relative du bois et par sa facilité à être taillé. Dans mon imagination le teck était lourd et dur, mais peut être s'agit il des planches issues du cœur des arbres plus anciens.

Au bout de quelques kilomètres un premier village. Un chemin, barré par l'inévitable cahute à péage mène vers une grotte. Je décline l'invitation, je suis un peu saturé de grottes ! Mais cela n'empêche pas le péager, c'est de bonne guerre, d'essayer de me vendre un tour en bateau jusqu'au prochain village et retour jusqu'à Nong Khiaw.  La aussi je refuse, gentiment, je suis là pour marcher, et depuis décembre de l'an passé, j'ai effectué d'innombrables heures de bateau, probablement plus que de bus ou de train...

Inévitables aussi les groupes de gamins qu'il faut saluer. D'habitude les contacts physiques sont restreints, mais ceux là prennent beaucoup de plaisir à venir serrer la main du « Farang » Je reprends la marche....

Au bord d'un petit étang, Laa,  un gamin d'une dizaine d'année me montre avec fierté les résultats de sa pêche : il a tendu un filet en travers de l'étang et va régulièrement vérifier l'état de ses prises. Les poissons ne sont pas énormes, mais l'étang non plus...

Arrivée un peu avant midi au deuxième village Ban Sam Saat. Plus intéressant que le premier car j'ai droit à une démonstration in-vivo de la technique de fabrication des galettes d'algues : une femme pose les paquets d'algues sur une large feuille de bananier et les aplatit longuement à l'aide d'un fouet en chaume, ce chaume que l'on voit partout en train de sécher sur les routes, que les vieilles femmes ou les enfants débarrassent de ses graines en le frappant contre le sol (ou plus paresseusement en le laissant sur les bord des routes pour que les voitures fassent le travail) et dont on fait aussi bien des balais que des toitures.

Il y a aussi plus loin un petit temple, et là les tambours et cloches de bois non seulement n'ont pas déménagé (je parle de la cloche) mais aussi ne sont pas sous clé !

Sur le chemin du retour je découvre un énorme tas de Pomélos, cette fois tombé du … Du qui ?? Pomélossier ??? qui étend fièrement ses branches chargées de grosses balles jaunes. Et voilà encore un déjeuner gratuit quoique un peu salissant. En quittant le champs je vois filer vivement à travers les feuilles craquantes un beau serpent d'un bon mètre de long : c'est le premier du séjour, mais l'animal ne daigne pas attendre que je sorte l'appareil photo. Dommage je trouvais que cela aurait amusant de montrer un jardin d’Éden où les pommes auraient été jaune citron. Bon Eve manquait à l'appel aussi...

En approchant de Nong-Khiaw je croise plusieurs groupes d'occidentaux lancé en direction de la grotte : ils viennent d'arriver en ville et s'offrent une première ballade. Parmi eux une jeune femme qui m'interroge sur le chemin à prendre, et sur les promenades de la région. On discute bien cinq minutes, en Anglais, avant de réaliser que... Nous sommes tous les deux Français. Pourtant je n'avais pas reconnu son accent, et elle non plus.... Je progresse, je progresse....

Retour vers 16 heures.... Ah que la douche/lessive-du -jour est bonne après ces 12 à 15 km sous le soleil ardent...Et dire qu'à Paris on annonce de températures sibériennes...

Demain nous reprenons le bateau pour Muang Ngoi... Courte croisière deux heures à peine....

Sabadee


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samedi 4 février 2012

Gamineries sur la Nam-Ou

Vendredi 3 au samedi 4 février 2012

La sortie du dîner hier soir a été l'occasion d'une petite frayeur. Jacqueline l'amie de Betty s'est violemment fait renverser par une moto arrivant à vive allure tous feux éteints. Heureusement plus de peur que de mal, des écorchures et des contusions qui ont permis de tester pour la première fois l'usage de la boîte à pharmacie. Le pilote de la moto semble lui aussi s'être fait mal à la jambe, mais là non plus rien de cassé.

Les accidents de circulation sont probablement un des plus grands risques de l'Asie : la règle principale, « c'est le plus gros ou le plus culotté qui passe » déroute (pardon!) souvent les Européens, même Français, habitués à plus de rigueur.

Tout semble à peu près rentré dans l'ordre ce matin vers 5 heures lorsqu'elle se lève pour se rendre à l'aéroport... Beaucoup de chance finalement. Betty et moi nous rendons un peu plus tard à la jeté d'embarquement pour prendre le bateau en direction de Nong Khiaw.

Au contraire des embarcations circulant habituellement sur le Mékong, ce n'est qu'une assez grosse barque, quand même munie d'un toit, dans la quelle embarquent 14 passagers. C'est plutôt inconfortable : sièges en bois, et espace restreint interdisant tout déplacement.

Pendant les deux premières heures on remonte le Mékong jusqu'aux grottes de Pakou, lieu de la croisière touristique classique, juste au confluent avec la Nam-Ou que l'on embouque en longeant de hautes falaises verticales percées de grottes. Bientôt le choix de ce bateau étroit au moteur puissant trouve sa raison d'être : périodiquement des rapides surgissent obligeant le pilote à slalomer avec adresses entre les écueils et, moteur à fond, à remonter péniblement les puissantes veines de courant. Parfois le fond est bien proche, l'aide du pilote sonde à l'aide d'une pagaie, ce qui n'empêche pas les incidents : le pilote et son aide profitent d'un arrêt pipi sur un banc de sable pour remplacer l'hélice, déchirée par un choc avec le fond. Cet incident doit être fréquent car le lendemain sur le port de Nong Khiaw je découvrirais plusieurs boutiques « marines » offrant un stock d'hélices neuves, enfilées, comme des saucisses, sur une longue ficelle.

La contrepartie de cette navigation plus délicate est la beauté des paysages, et c'est bien pour cela que nous entreprenons cette longue (7heures) et fatigante remontée. Les rives encaissées présentent une succession de falaises se terminant dans l'eau par des dentelles de pierres ocres et jaunes, et de forêts d'où surgissent régulièrement des superbes arbres aux fleurs rouge vif, d'autres plantant les hydres d'un réseau de racines serpentines jusque dans la rivière.

Les villages sont nombreux, et souvent on devine aux larges surfaces pelées de certaines colline la surexploitation passée du teck. Quelques nouvelles plantations sont loin de compenser les dégâts. Il faudra du temps pour retrouver l'abondance passée. Les villages sont également l'occasion de scènes pittoresques : grappes de gamins tous nus se baignant dans la rivière et hurlant des saluts aux « Farangs » qui passent, femmes à la lessive, et même quelques chercheurs d'or à la battée.

Arrivée à Nong Khiaw vers 17h00. Le site est superbe. Comme il a plu et que la route principale est de terre battue, la remontée de la rive vers le village est assez cocasse : quelques passagers abandonnent de guerre lasse leurs tongs à la boue et terminent pieds nus. D'autres plus prévoyants ayant gardé leurs chaussure de randonnée, se retrouvent ployés sous la charge des sacs et dos et valises surnuméraires que la galanterie leur à attribués.

Belle GH, confortable, au bord de la rivière. Il y a même de l'internet, ce qui vous vaut donc ce billet.

Samedi

Le site de Nong Khiew, une boucle de la rivière Nam-Ou profondément encaissée dans les montagnes, incite à la promenade. En préalable je retourne vers le port pour chercher les horaires du prochain segment et dénicher une carte de la région. Si pour les horaires la recherche est vite couronnée de succès, il n'en est pas de même pour la carte : c'est samedi et, comme c'est l'habitude au Laos, le « Tourism Office » seul lieu où je pourrais en trouver une, est fermé.

Le samedi ne semble pas s'appliquer à tous les travailleurs. La rue principale du village présente l'activité d'une fourmilière. Tout au long de la voie de terre battue plusieurs dizaines d'ouvriers sont en train de monter deux canalisations de pierres cimentées qui semblent être un système d'évacuation des eaux. Tas de pierres et de ciments se succèdent. Aucune machine, mais le travail manuel en parallèle avance néanmoins rapidement.

Périodiquement un camion benne livre un nouveau tas de cailloux et des sacs de ciments. Plus tard, le long de la route qui longe la montagne, je découvrirais l'origine de la chaîne : des bruits de pics et de masses signalent le travail d'ouvriers qui débitent les rochers en blocs plus petits, qu'une armée de (souvent très) jeunes filles transportent jusqu'au bord de la route dans de lourds sacs de toile et finissent de casser à la masse. Je suppose que les camions viennent s'approvisionner ici.

Comme en Birmanie les femmes travaillent jeunes. Il ne reste qu'à espérer qu'ici ce ne soient pas, comme là bas des travaux forcés.

Tous les villageois ne sont pas occupés par la route. Un peu plus loin un petit groupe est lancé dans les préparatifs  de ce qui sera une fête commune : montage de tentes et de tables, lampions, … Un groupe d'hommes est affairé à la confection de ce que je prends au début pour des paniers de bambous. Avec beaucoup d'habileté car les « paniers » se tressent à grande vitesse.

Je m’assois au milieu du groupe pour admirer le travail. Cela attire quelques sourires et les artisans me montrent en détail comment ils procèdent, s'accompagnant d'explications orales incompréhensibles. Mais le travail se passe de commentaires. Le « panier » est surmonté d'une tige de bambou ouverte en fleur des deux côtés, supportant en sus quelques cercles décoratifs. Plus qu'un utilitaire il s'agit d'un objet décoratif qui contiendra des fleurs, fruits, offrandes...

Évidement pas question de repartir tout de suite comme un voleur, il faudra auparavant discuter, sourire, expliquer d’où je viens et même... Boire un coup.

Je reprends la promenade en descendant la rive droite de la rivière. La route est bordée de tecks et d'orchidées accrochés au flan de la montagne. Peu à peu les bruits urbains s'apaisent, remplacés par les chants des oiseaux, des criquets et, encore, quelques coups de masses.

Au bout de quelques kilomètres un nouveau village, situé en bordure du confluent d'une petite rivière affluente de la Nam-Ou, s'annonce par un bruit de scierie. Le village vit des arbres et du fleuve : en plus de la scierie qui débite des troncs de tecks en poutres grossières carrées, on y trouve quantité de claies sur les quelles sèchent au soleil des carrés d'algues recouverts de fines tranches d'ail et de piment ou encore des écorces inconnues. Deux fillettes écrasent dans un mortier de bois des racines inconnues. « Schizi » m'apprendra un instituteur de Nong Khiaw, en « week end » ici que je rencontre un peu plus tard, accompagné d'un groupe de gamins. Il parle un bon anglais et prend plaisir à bavarder.

Les gamins m'accompagnent un moment sur le chemin du retour : ils ont quelque chose à me montrer et ils préfèrent que ce ne soit pas sous le regard de l'instit !  Le « quelque chose » est une bouteille remplie d'un liquide inconnu. L'un des gosses introduit dans le goulot un tortillon de papier hygiénique (ce que l'on utilise ici comme serviette de table) y met le feu et part en courant.

L'explosion, suivi d'une épaisse fumée blanche est impressionnante. Je ne peux m'empêcher de rigoler : tous les gosses sont les mêmes, je me rappelle avoir fait les mêmes bêtise il y a plus de 50 ans de cela, et nul doute que les gamins l'ont deviné....  Habemus Papam...

Je n'ai rien emporté à manger, mais les dieux sont avec moi : après un ou deux kilomètre je trouve sur le chemin un énorme pomélos, à l'évidence tombé d'une camionnette ou d'un pick-up car il n'y a pas d'arbre fruitier dans le coin. L'écorce est épaisse, mais avec l'aide du fidèle Opinel j'en viens à bout. Je m'en met partout, mais c'est bon, comme un fruit défendu ! Ce doit être les galopins de tous à l'heure qui déteignent sur mon comportement

jeudi 2 février 2012

Cloches sonnent sonnent sonnent...

Mercredi Premier février 2012

Les rives de la Nam Khan sont un peu moins fréquentés que ceux du Mékong. Cela ne durera probablement plus longtemps, car outre le fait que la vue y est au moins aussi jolie, on peut constater que les nouvelles constructions poussent à toute vitesse. Ce sont principalement des hôtels ou d'élégantes résidences dont la plus part ne sont pas encore ouvertes, ou viennent juste de l'être. C'est une transformation conséquente depuis mon passage d'il y a quatre ans. Petit à petit LPB devient un centre touristique de toute première grandeur. On s'éloigne de plus en plus de la ville Lao typique, mais LPB était déjà à part depuis fort longtemps. Il ne reste qu'à espérer qu'elle conservera encore longtemps son caractère relativement paisible et élégant et une certaine modération de l'exploitation touristique.

Il est possible de  traverser la Nam Khan par plusieurs ponts. Un métallique qui supporte la route principale, et deux passerelles de bambou à « péage familial » typiques du Laos. La dernière, proche du confluent avec le Mékong, se gagne par un petit raidillon, grince et se balance légèrement au passage. Mais le bambou c'est costaud, et nous traversons sans encombres.

De l'autre côté on atteint en quelques centaines de mètres Ban Xang Khong, un village spécialisé dans le tissage et la fabrication du papier d'art. Plusieurs ateliers sont en libre accès, et un petit centre d'interprétation fournit des explications détaillées sur le cycle du ver à soie, ainsi que sur l'utilisation de colorants naturels. C'est assez fantastique de voir ce qu'il est possible d'obtenir à partir des arbres et fruits de la région, agrémentés quand même de quelques traitements chimiques.

Pendant que ces dames hantent les boutiques, l'homme, dont chacun sait qu'il est d'une nature et  possède une inspiration plus élevée, visite le temple qui domine le village où attendent quelques tambours et quelques gongs.

Retour ensuite en ville pour promenade et bistrot. J'escaladerais ensuite le mont Pushi planté au centre de la ville, et coiffé de l'inévitable temple. (J'aime bien grimper les Pushi)

La vue d'habitude superbe est un peu bouchée aujourd'hui, mais la ballade est agréable et il y a également gongs et tambours à faire sonner.

Jeudi

Retour (enfin pour moi) sur la rive droite du Mékong. Ce 'est pas une longue expédition, mais elle est amusante. Cela débute par la traversée du fleuve en ferry « papillon » (voir le billet du 30/11/11) puis une courte marche dans le petit village qui s'étend le long du fleuve.     Frais et fleuri.

Nous n'irons pas jusqu'au bout pour éviter à Betty l'épreuve d'une grimpette. Mais au retour, je propose, pour un accès plus facile à l'embarcadère d'utiliser un magnifique escalier en bois. Seul problème il se termine quelques mètres avant l'arrivée au niveau de la rive et la descente finale dans un terrain plutôt chaotique et poussiéreux est plutôt scabreuse. Je ne me suis même pas fait enguirlander.

Après les bistrots traditionnels, visite d'un petit temple à l'ouest où, scandale intolérable, je constate que les tambours et cloches sont mis sous clés. Il paraît que circule depuis quelques jours. un avertissement concernant la présence depuis quelques jours à LPB d'un psychopathe qui passe son temps à sonner cloches tambours et gongs dans tous les temples d'Asie du Sud Est.

Demain bateau pour le nord (Nong Khiew) La ce sera fini du confort de Luang Prabang, GH rustiques, électricité aléatoire, probablement pas d'internet (encore qu'en Asie il ne faille jurer de rien) Mais des paysages somptueux où vivent de nombreuses minorités ethniques. Je n'avait effleuré cette région que quelques jours l'an passé, là je vais disposer de plus de temps car le passage en Chine, envisagé vers mi février peut se faire directement depuis un petit poste frontière routier au Nord Ouest.

Sabaadi  Peut être pour un moment...

mardi 31 janvier 2012

It's a long way to LPB

Dimanche 29 au mardi 31 janvier 2012

C'est dimanche. Avec son lot de fermetures obéissant à une logique qui m'échappe un peu.

L'office du tourisme est fermé depuis samedi matin ainsi que certains cafés et restaurants, en revanche la poste reste ouverte tout le week-end.

Au confluent Mékong Se Dong, du côté opposé à la ville, s'élève un temple Chinois sur une esplanade, grossièrement pavée et ombragée par une dizaine de banians. Un peu d'herbe, des bancs de pierre, cela constitue un agréable et paisible endroit pour se relaxer ce dimanche matin.

Assez peu de visiteurs. Ils sont bien habillés et débarquent de gros 4x4 noirs et brillants, ce qui, associé à quelques luxueuses villas essaimées de de côté de Se Dong, laisse deviner une communauté Chinoise plutôt aisée, ce qui est assez fréquent maintenant au Laos.

Arrivée de Betty et Jacqueline par le bus de Don Khon. Nous passons une après midi paresseuse à traîner au bord du Mékong et à essayer les guinguettes en attendant de départ du bus pour Vientiane à 20h00.

J'avais réservé dans ma même compagnie, mais les arcanes des systèmes de transport au Laos sont complexes. Au moment du départ nous réalisons que non seulement nous ne sommes pas dans le même bus, mais aussi que les gares routières de départ sont différentes. J'hérite d'une couchette double avec un voisin peu remuant, et passerais finalement une assez bonne nuit, alors que ces dames se retrouvent dans la couchette collective à 4 personnes située au fond de leur bus après s'être fait arnaquer par leur chauffeur de Tuk Tuk qui leur a réclamé deux fois le montant habituel, déjà bien élevé pour le trajet.

Nous nous retrouverons, heureusement que le téléphone portable existe ! Dans la gare routière sud de Vientiane... Il nous reste à nous rendre à celle du nord, distante de quelques 20 km, mais cette fois les tarifs du « taxi » restent raisonnables. De la gare du nord un bus VIP pour Luang Prabang part à 8h30, c'est impeccable car cela nous laisse le loisir d'un vrai petit déjeuner.

En principe le trajet devait prendre une dizaine d'heure. Ce sera près de 12. Les routes sont soit plates mais dans un état absolument épouvantable, soit un bon état mais dignes des grandes Jorasses : on passe notre temps à sauter de vallées en vallées, remonter et descendre des cols en parcourant d'interminables lacets. Compensation le paysage est superbe, le bus confortable, et de nombreux arrêts pipi  et casse croûte permettent de passer le temps.

J'ai pour voisin un tout jeune homme un peu timide, qui parle un excellent Français. Et pour cause il est ingénieur et a fait 5 ans d'études dans une école à Brest. Il se rend à Louang Prabang pour auditer l'installation électrique d'un grand hôtel de luxe. Il travaille pour une petite société d'ingénierie Française implantée à Vientiane, et pense qu'étant donné le développement touristique et l'état des installations existantes il n'est pas près d'être au chômage.

Nous arrivons vers 20j00 à LBP. Mauvaise surprise la GH où nous avions réservé, et où pourtant j'avais confirmé notre arrivée une heure avant, nous avoue qu'elle n'a plus de chambre. Les Laotiens sont assez « cool » mais parfois cela présente des aspects un peu négatifs. On reprend les sacs et valises, quelque peu inquiets car la prospection téléphonique effectuée la veille nous avait montré qu'il y avait peu de disponibilité.

Heureusement les touristes ont tendance à se rendre dans les hébergements référencés dans les guides (Routard et Lonely Planet) mais il en existe beaucoup d'autres. La GH voisine n'a pas de place non plus, mais le patron sympathique nous en dégote une autre à quelques centaines de mètres où nous trouverons notre bonheur : confortable, assez propre et calme si l'on fait abstraction de l'inévitable présence des coqs dont le sens de l'horaire est tout à fait Laotien...

Mardi

Reprise de contact avec Louang Prabang. Cela faisait un an pour Betty, deux mois pour moi... On se rend compte de l'évolution rapide de la ville : les nouvelles villas et hôtels poussent comme des champignons, la ville est propre bien ordonnée, toujours aussi coquette et agréable. La fréquentation touristique est importante : on voit plus d'occidentaux et également de touristes asiatiques que de Laos, plus de boutiques de mode et d'artisanat que d'échoppes locales, néanmoins l'ambiance est agréable, et les temples, ruelles pittoresques et rives du Mékong sont toujours là.

Et il y a toujours ces détails insolites comme cette maison construite autour d'un arbre, les galettes de riz séchant au soleil, ou les touristes photographiant les moines en train de s'habiller avec une affectation calculée : ils savent parfaitement qu'ils sont observés.

Poursuivant les recherches gastronomique j'achète quelques produits tentants au marché. Si les gâteaux à la noix de coco où les mangues fraîches ne sont pas désagréables, les étranges bâtonnets, que je pensait être une délicate friandise,et qui  se révèlent être du poisson séché, risquent de poser quelques problèmes logistiques. Mais ce sont les risques de l'expérimentation.

samedi 28 janvier 2012

Café avec un nuage de politque

Samedi 28 janvier 2012

Ayant conservé la moto une journée de plus, je m'offre une ballade le long du Mékong à Ban Saphai une dizaine de kilomètres à l'ouest de Pakse.
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Pas grand chose à en dire : marche et rêveries du promeneur solitaire ne font pas de tout le monde un Rousseau. Une vue amusante sur le Mékong est offerte par un groupe d'arbre « plantés » en pleine eau et tous inclinés dans le sens du courant. Je suppose que cette disposition est due à l'influence du fleuve lorsque le niveau des eaux est supérieur à ce qu'il est aujourd’hui où la saison sèche est bien entamée.

Retour donc sur le café des Boloven, car je me suis un peu documenté entre temps.

Au Laos la situation des paysans n'est pas toujours rose. Des millions d'entre eux pratiquent la culture sur brûlis : ils incendient les forêts, installent des rizières, et souvent les abandonnent ensuite. Ce qui explique l'aspect lunaire de certains paysages. Ce n'est pas très bon pour la terre, ni d'ailleurs pour les paysans qui vivent souvent à la limite de la famine.

La culture du café, initié par les Français lors de l'occupation du Laos, pourrait être une planche de salut pour les agriculteurs des Boloven. Hélas ils se retrouvent souvent coincés dans un cycle infernal. Sous l'influence de gros acheteurs Vietnamiens, ils ont abandonné la culture de l'Arabica pour celle du Robusta, plus rapide et d'un meilleur rendement. Les acheteurs payent les exploitants plusieurs mois avant la récolte sur la base d'un tarif qui atteint à peine la moitié des cours du marché, les étranglant ainsi avec l'équivalent d'une avance financière à un taux plus qu'usuraire.

Bien sûr, une fois payé, les exploitants ne sont pas spécialement motivés pour faire de la qualité, ni pour attendre trop longtemps la pleine maturité des fruits pour les récolter. Ce type de production alimente surtout les « instantanés » Nescafé et consorts, à travers une alliance objective économique qui se rit des clivages politiques (le Vietnam est quand même, sur le papier, un régime communiste!)

Heureusement quelques fermiers ont pris le taureau par les cornes. L'un d'eux par exemple, un Laotien qui émigra au Canada  lorsque le Pathet Lao communiste prit le pouvoir, mais qui ensuite revint au pays fortune faite, a lancé une entreprise agricole fonctionnant de façon différente. Il paye les exploitants, en avance, assez au dessus du tarif du marché, à condition qu'il acceptent des contraintes de qualité rigoureuses. Et bien sûr il a réintroduit l'Arabica.

Et cela marche car le café, excellent, il suffit de le goûter pour s'en rendre compte, se vend bien plus cher (ici on paye la tasse entre 0,8 et 1 euro) et trouve sa clientèle, pas seulement dans les circuits du commerce équitable (où tout n'est pas rose : sur un surcoût de 2$ pour un produit labellisé « équitable) seuls 0,15 $ reviennent au producteur)

Les coopératives commencent à comprendre l'intérêt de ce nouveau modèle économique qui semble se développer de plus en plus.

Et voilà comment un ancien capitaliste, revenu au Laos, a pu réintroduire un modèle économique capitaliste, mais équitable, dans un pays communiste. Il est vrai que le « communisme » du Laos est assez loin de la caricature que l'on pourrait s'en faire. De nombreux équipements, comme l'entretien des ponts, des ouvrages communautaires sont confiés à la sphère privée (souvent des familles) qui perçoit une petite redevance, ce qui explique la floraison des péages de toutes sortes.

La pratique religieuse est libre, et la population ne semble pas spécialement endoctrinée, ni opprimée : on peut capter toutes les chaînes de télévision, lire tous les journaux. Tout le monde parle librement, vaque à ses occupations, et les petits métiers indépendants fleurissent de partout. On n'en parle pas beaucoup, mais ne serait-ce pas un modèle en train de réussir parce que il a su sortir avec pragmatisme de ses doctrines rigides ?

Je ne connais pas Cuba, mais cela me semble évoquer ce que l'on m'en a dit. A la différence importante près que le Laos n'est pas sous la coupe d'une personne : qui connaît le nom du dirigeant suprême ???

En tout cas la comparaison avec la Birmanie, pays dont le potentiel agricole est au moins équivalent, et les ressources naturelles bien supérieures, est assez édifiante.

Voilà c'était le billet « politique » Je crois que chez vous c'est de circonstance en ce moment non ?

Bon on revient à l'essentiel....

Fin de journée superbe sur Pakse. Wat Muang le soleil couchant ravive encore plus les oranges du temple et des robes des moines cheminant nonchalamment. Le chants des oiseaux se mêle à celui des moines regroupés dans le Viharn. Un autre entreprend de m'enseigner, livre en anglais à l'appui la vie du Bouddha.... Un autre Laos encore, paisible et tranquille.

Cascades de café chez le Berrichon

Vendredi 27 janvier 2012

Encore une belle route ! Elle monte régulièrement sur une bonne trentaine de kilomètre jusqu'au plateau des Boloven. Petit à petit la ville fait place aux villages. Magie de l'organisation « communiste » ils portent tous le même nom, suffixé par le kilométrage depuis Pakse : Ban Lak 21, Ban Lak 23, Ban Lak... Ce n'est peut être pas très original, mais c'est très pratique pour le repérage.

Une dizaine de kilomètres avant Paksong une des premières cascade est signalé : Tad Cham Pee. On y accède par un ou deux kilomètres de chemin de latérite, bordé de caféiers, qu'il faut partager avec des chevaux en liberté. C'est pour moi l'occasion de découvrir quelques aspects de la culture du café. Comme j'en ignorais, à part quelques noms de crus totalement abstraits, quasiment tout, c'est une succession de découvertes. Pour commencer je pensais que les caféiers étaient, un peu comme le thé, des arbustes bas.

Erreur ce sont de vrais arbres, dont certains atteignent plusieurs mètres de hauteur, mais évidemment ceux qui sont exploités (il y en a des sauvages) sont maintenus à une taille plus compatible avec la récolte. Le fruit est rond, de la taille d'une toute petite prunelle, et sous une peau un peu coriace, présente une très mince pulpe sucrée (j'ai goûté bien sûr) autour d'un noyau gémellaire qui donnera deux grains de café après traitement. Partout des fruits sont mis à sécher au soleil. En majorité verts, devenant noirs après séchage, pourtant ceux que j'ai mangés étaient rouges... Il faudra que je me documente un peu plus.

Tad Cham Pee ne fait pas partie des cascades les plus spectaculaires de la riche collection des Boloven. Mais elle est sympathique. On accède au bassin inférieur par une échelle de bambou plutôt casse-gueule. A peine une quinzaine de mètres de haut. Mais le cadre est superbe ; un écrin de végétation, lianes, bananiers, fougères, teinte de vert le grand bassin de réception où la baignade est agréable (je suis seul) Il est également possible, moyennant de bonnes chaussures et beaucoup de précautions,  de passer derrière le rideau d'eau : brumisateur naturel et gratuit ! En revanche il n'y a pas de sangsues (trop tôt peut être en saison

Tad Fan La cascade suivante, la plus haute de la collection, joue les prétentieuses du haut de ses 120 mètres. Malheureusement le point de vue auquel j'accède est assez éloigné. Il faudrait disposer d'une demi journée pour arriver, à pied,  à la proximité de la chute par un chemin plutôt escarpé : je commence à réaliser que le plateau des Boloven est une région qui mérite plusieurs journées. La double chute est toutefois assez impressionnante.

Remontée jusqu'à Paksong, la « grande ville » la plus proche, au sommet du plateau à quelques 1300 mètres d'altitude où la fraîcheur est significative. La ville elle même ressemble à une « ville frontière » maisons neuves, sans intérêt particulier. Il faut dire qu'elle a subi les « arrosages » des tapis de bombes déversés pendant la deuxième guerre du Vietnam, rasant pratiquement tout ce qui existait. Malgré (ou à cause de) de cela elle a un petit aspect « Vosgien » ou « Jurassien »  marqué par la présence de forêts de résineux, quand même toile de fond aux temples Bouddhistes.

Plus loin quelques villages d'exploitant de café où je peux parfaire ma culture naissante. La route, enfin la piste, est encombrée de vaches aux longues cornes torsadées, peu enclines à laisser le passage à ma moto rouge vif. Je reste donc tranquillement à l'arrêt, jusqu'à ce que j'entende, pour la première fois,  leur mugissement assez proche d'un frêle miaulement... Ridicule pour des bêtes de ce gabarit. Du coup j'aurais beaucoup moins de circonspection à forcer le passage.

Tad Gueuand, la troisième cascade, est la plus belle de la série. A peine 40 mètres de haut, mais l'écrin de végétation est encore plus dense et superbe que celui de la première, et le soleil déclinant y fait naître de magnifiques arcs en ciel. Là encore un chemin particulièrement escarpé permet d'accéder à un bassin où la baignade, fraîche, est agréable.

Le sommet en revanche est une aire de pique nique particulièrement fréquentée par les locaux. Cadre sympathique, gâché par de nombreux déchets. En partent plusieurs chemins s'ouvrent à travers les forêts de caféiers. L'un d'entre eux doit sûrement rejoindre Tad Fan, mais je n'ai le temps que d'en parcourir un petit kilomètre. Là encore ce sera pour une prochaine fois.

De retour  vers le parking d'entrée je rencontre une Française sur une moto particulièrement rustique. Elle m'apprend, info intéressante, qu'elle l'a achetée au Vietnam, l'intérêt étant, outre la solidité de la machine, qu'il n'y a aucun problème pour passer les frontières avec, que ce soit vers le Laos, ou la Thaïlande... D'ailleurs si je veux lui racheter... Dommage j'ai pris d'autres engagements, mais je retiens l'idée.

Le patron du bistrot où nous devisons, est Franco-Vietnamien-Lao. Extrêmement chaleureux, fin et cultivé, il se présente comme un « Berrichon » car il a longtemps vécu à Châteauroux après des études à Saïgon. Maintenant il passe sa retraite au Laos où il est en train d'installer une GH à proximité de la cascade. Nous sommes à peu près du même âge, partageons la même culture, bref on sympathise, et je pense avoir trouvé un de mes points de chute pour le prochain séjour.

En effet je suis maintenant convaincu qu'il faut retourner ici avec 5 à 10 jours devant soi, si possible un véhicule (mais on peut louer des motos dans plusieurs villes des Boloven) et explorer lentement la région, de ville en ville et de randos en randos.

Le soleil décline et se couche sur la route du retour à Pakse. La lumière est splendide, mais un inconvénient imprévu apparaît : les moucherons et moustique se multiplient avec le coucher du soleil, et on casque ne possède pas de visière ! Ce sera donc à vitesse réduite et avec plusieurs arrêts.

vendredi 27 janvier 2012

Les couleurs qui tuent

jeudi 26 janvier 2012


La nouvelle route qui relie Pakse à Champassac par la rive droite du Mékong est un vrai tapis de billard, de plus peu fréquentée. Elle évite le détour par la rive gauche suivi d'une traversée du Mékong en bac, traversée dont j'avais manqué l'embarcadère il y a 3 ans.

Mais les choses ont changé depuis ! Pakse est rempli de Vans, 4x4 et Pick-up dont beaucoup sont neufs. Il reste bien sûr des motos, en revanche les vélos ont quasiment disparu, sauf les machines performantes destinées aux touristes. Inutile de se lamenter en regrets passéistes du type c'était, mieux et plus pittoresque avant ! L'évolution est inéluctable et tant mieux pour les Laotiens, d'autant qu'ils conservent, majoritairement, leur gentillesse, leur fraîcheur et leur naturel.

La moto louée ce matin est aussi quasiment neuve et sur cette belle route nous filons comme le vent. Quelques arrêts toutefois pour visiter des villages ou admirer les couleurs des rizières. Ce chemin facile s'arrête à Champassac, car ensuite la route transforme en piste de latérite. Ce ne serait pas vraiment pénible d'y rouler si je n'étais parfois dépassé ou croisé par des voitures soulevant d'épais nuages rouge : cela pique les yeux et réduit la visibilité à néant, obligeant à chaque fois à l'arrêt complet. Heureusement ce n'est l'affaire que de 5 à 6 km, puis le bitume reprend, semé cette fois des traditionnels HLM à poules et, après quelques errements, j'arrive au Wat Phu « Le » temple Khmer du Laos.

Difficile d'imaginer que s'étendait ici la capitale d'un royaume. Il ne reste à première vue que des rizières. Mais les vestiges du temple eux sont bien visibles, surtout avec les gros efforts de fouilles et de restaurations menées par des équipes internationales.

C'est typiquement Khmer ! Même si cela a été « récupéré » ensuite par les Bouddhistes, les caractères Hindouistes sont présents partout et l'architecture générale est Khmère. Tout est en grès ou en latérite. Tout vient donc du sable et, depuis pas mal de temps déjà, y retourne.

L'ensemble est bâti sur le flanc d'une montagne dont le nom, « Phu Kuai » ou « Mont Pénis » évoquerait la forme phallique, ce qui ne me semble pas vraiment évident. De toute façon la forme du lingam, symbole de Shiva ne m'a jamais non plus paru très évocatrice. Je dois être mal conformé....

1500 mètres de ruines plus ou moins bien conservées s'étagent sur les berges de la montagne. Il y a de très belles choses, comme les sensuelles sculptures Hindouistes, parfois « récupérés » par les bouddhistes qui ont, à plusieurs reprises, « reconstruit » le temple. Comme par exemple le Dvarapala, gardien hiératique d'une des portes. Le pauvre se voit enveloppé d'étoffes rouges et oranges, ceint de fleurs jaune vif, coiffé d'une ombrelle vert pomme et précédé d'un autel couvert d'offrandes aux couleurs aussi délicatement nuancées.  Il a beau brandir une épée menaçante, il ne fait plus peur à personne. Le ridicule peut tuer le plus farouche des guerriers !

Au fur et à mesure de l'avancée les marches se font de plus en plus raides, épousant la courbe de la montagne. A la fin c'est presque de l'escalade, mais la dernière terrasse supportant le sanctuaire vaut les efforts faits pour l'atteindre. Elle est ombragée, et une vue magnifique à travers les frangipanier en fleurs sur l'ensemble. Le sanctuaire lui même est un petit bijou de sculptures khmères et il est entouré par des sources sacrées et un amas, à première vue informe, de rochers de grès. Mais en s'approchant on découvre qu'ils sont gravés de figures mythiques que l'on distingue à travers la mousse qui les enveloppe : éléphant, crocodile et... Pied de Bouddha.


Au retour visite d'un calme village spécialisé dans le tissage de la soie et du coton. Sous chaque maison un métier à tisser remplace le traditionnel bétail et le poules. Tiens d'ailleurs que font ils d'eux ?

Repas difficile : Les restaurants du centre de Pakse sont envahis de touristes occidentaux, et passer la commande relève de l'exploit tant le service est débordé. Après deux essais infructueux, je me rabat sur les gargotes du bord de rivière. La bas pas trop d'attente, presque que des Laos comme clientèle, c'est bon et moins cher.. Il fallait juste avoir le courage de marcher un kilomètre.

Pour accompagner le dessert bavardage avec deux charmantes Laotiennes... Elles me quittent sur un « See you tomorrow »

Et c'est ce que je vais faire ici : See you, may be tomorrow...

mardi 24 janvier 2012

Ote toi de là disle dragon au lapin

Lundi 23 au mardi 24 janvier 2011

L'année du « Dragon d'eau » (2555 dans le calendrier Thaï) a déjà débuté dans la nuit du 22 au 23, remplaçant celle du « Lapin de métal blanc » Toutefois c'est ce soir qu'a lieu la grande fête dans le quartier Chinois.

A la nuit tombée (19h30) Nous nous dirigeons donc (je suis accompagné de la famille Dubois) en direction de Yaowarat, qui cette fois est bien fermée à la circulation automobile, et c'est heureux car, comme à l'habitude, la foule est dense et progresse lentement en longues processions. C'est l'Asie : il n'y a pas de stress ni de bousculade, c'est à peine si l'on s'effleure malgré la compacité de la marée humaine.

La rue est couverte d'un océan de banderoles aux couleurs royales et Thaï, et de lampions rouge vif se mêlant au fond continu de néons publicitaires, aux décors de cartons pâte, dragons et lions, et arbres semés de lampions multicolores.

La première partie de la rue est bordée de stands plus ou moins institutionnels ou promotionnels sur la Thaïlande, puis on retrouve les habituels échoppes de nourriture. Mais c'est une petite déception : ils sont beaucoup moins nombreux et variés que l'an passé et également très chers.

Pas vraiment beaucoup d'animations non plus. Les danses du Lion et de dragons sont absentes et au bout d'une demi heure le centre de la rue commence à se transformer en marché improvisé, bâches au sol recouvertes de babioles et de « Chinoiseries ».

Puis arrive un impressionnant contingent de militaire qui fait dégager prestement tout ce petit monde afin de libérer un passage continu au centre de la rue, repoussant, sans trop de ménagement, les passants. Mais on se réjouit, car le mot de « parade » lancé par un inconnu, commence à circuler : on va enfin voir les dragons....

Près d'une heure d'attente... C'est dur.... La tension monte dans les mollets et surtout chez les militaires qui apprécient peu que j'applaudisse, histoire de passer le temps, au passage de quelques gradés... Pour paraphraser Clemenceau, l'humour militaire est à l'humour ce que la musique militaire... Un Thaï qui essaie de traverser se retrouve brutalement accroché par le cou et traîné à nouveau sur le trottoir. Ensuite on ne sait pas trop bien ce qu'il en advient...Un militaire me repousse assez brutalement : je proteste mais sens bien à son regard robotisé qu'il ne faudrait pas aller trop loin et que de toute façon je ne suis pour lui qu'un gêneur. L'empathie militaire est l'empathie ce que...

Enfin arrive … Un long, long, très long cortège. Une voiture découverte dans la quelle se trouve ….La Princesse ! Interdiction de bouger une oreille ou de photographier. Derrière suivent une quarantaine de gros véhicules, tous vides à l'exception du chauffeur. Bon  alors maintenant Les dragons vont ils venir ?  Hélas non c'était ça la parade, et elle est terminée !... Il y a bien un dragonnet, dans une petite rue adjacente, très entouré et pour cause c'est le seul, un petit dont les fidèles remplissent la bouche de billets...

Pas de pétards, pas de danses.... C'est quelque peu décevant. Au moins on ne se couche pas trop tard.

Mardi


Je n'avais pas encore visité le marché de Klhong Toei. Il faut dire qu'après avoir arpenté presque autant de marchés que de temples que l'attrait de la nouveauté s'est un peu émoussé. Mais il nous est chaudement recommandé par des voyageurs Français, alors pour occuper la matinée avant un déjeuner prévu, presque dans le même quartier, avec Yum, j'y accompagne Edith et Thierry...

Je ne regrette pas. Le marché est quasiment uniquement alimentaire. Il fonctionne 24h sur 24, 7 jours sur 7 et est le lieu d'approvisionnement préféré des restaurateurs et marchands de rue. Yum me dira plus tard que l'heure de pointe pour ces derniers est 2h00 du matin, moment des arrivages de produits frais.

On y trouve tous les composants de la cuisine Thaï, fruits, légumes, herbes, condiments, poissons, volailles... Les boutiques de volailles en particulier sont particulièrementimpressionnantes : c'est pratiquement du travail à la chaîne depuis l'énorme chaudron où les bête sont ébouillantées afin d'être plumées, jusqu'aux planches de débit où l'on récupère les morceaux, y compris entrailles, abats, qui sont ensuite conditionnés dans les inévitables sacs plastiques. Bien sûr ce ne sont pas les usines du « Pére Dodu »... Ici tout est manuel.

Et parfois assez esthétique : il y a des collections de bassines remplies de curries variés qui ne déplairaient pas à Kandinsky...

Peu de vrac. La majorité des produits est déjà conditionnée, en barquettes, sachets, … Probablement destinés aux vendeurs de rue.

Fruits et légumes sont à des prix dérisoires. Je fais provision de fruits, oranges, pamplemousse, jack-fruits, et... Pommes Chinoises. Ces dernière assez décevantes, en revanche les tomates (0,4€ le kg !) ont le parfum et le goût de celles de mon enfance...

De quoi me nourrir dans le train cette nuit, car ça y est, c'est décidé, je me suis trop attardé à Bangkok et je me ramollis... Cette nuit train pour Ubon Ratchattany, et demain je serais au Laos.

Et en attendant déjeuner et papotage avec la délicieuse Yum....

samedi 21 janvier 2012

Ce n'est pas que je sois distrait, mais....

Vendredi 20 janvier 2012

A Bangkok, la gare de bus « de l'est » est située au sud ouest de celle du « sud ». C'est un peu déroutant (c'est le cas de le dire) et ma part féminine manque encore de développement pour me fournir la capacité d'assimilation de cette logique spécifique.

Quoique il en soit, il est inutile de chercher de mauvaises raisons pour tenter d'excuser la distraction qui m'a fait, levé de grand grand matin, arriver aux aurores à Ekima, « gare de l'est » dans l'intention de trouver un bus pour Kanchanaburi. Ce lever matinal est déjà en soi une récompense : à Bangkok, dans les quartiers ultra moderne, l'aube déversant d'improbables couleurs entre les immeubles de verre et d'acier et les écrans vidéos géants, semble composer les décors d'un film de Science Fiction


Kanchanaburi, le « Pont de la rivière Kwai » ! Depuis que je viens en Thaïlande je ne me suis jamais rendu dans ce haut lieu touristique, rebuté par de nombreuses opinions le décrivant trop fréquenté et artificiel, mais faire du rejet systématique peut parfois faire manquer l'inattendu.

De plus Kanchanaburi s'ouvre ensuite vers l'ouest sur une région intéressante, couverte par deux parcs nationaux, et qui méritent certainement un long séjour de randonneur. Ce vendredi pourrait donc être une journée de repérage.

Hilare, presque taquine, la guichetière m'annonce qu'aucun bus ne part d’Ekima pour Kanchanaburi. Pour en trouver j'aurais du me rendre à la gare du sud (oui celle qui est dans le nord ouest !) J'en suis d'autant plus honteux que je la connais cette nouvelle gare pour l'avoir utilisée le mois dernier lors d'une visite dans la grande banlieue... Ouest (!)

A cette heure là, il faudrait une bonne heure pour s'y rendre : métro, bateau et puis bus... Même en taxi, avec les embouteillages du matin, ce ne serait guère mieux. Puisque je suis là, autant donc exploiter le potentiel disponible.

Ekima dessert une série de villes côtières dont le nom, à part celui de la sulfureuse Pattaya,  ne m'inspire rien. Une rapide fouille dans le Lonely permet de trouver quelques descriptions relatives à une autre : Siracha, sans intérêt exceptionnel, mais port d'embarquement pour une île au caractère  original (« tout sauf Thaï ! ») Ko Sichan. Un guichet vend des billets pour Siracha, et l'heure de départ permet encore de jouir de la consommation d'une soupe de nouille... C'est vendu...

Une à deux heures plus tard je commence à errer dans Siracha :  Les bus restent sur la grande route, trop éloignée de la mer pour que le port soit repérable, et je suis, « Panurgiquement », descendu avec la majorité des passagers au terminus. Visite donc des rues commerçantes, du marché, arrivée sur la promenade du bord de mer, agrémentée d'un frais jardin semé d'installations gymniques et d'un café où une accorte jeune femme sert quelque chose qui se rapproche vraiment d'un vrai café.

L'embarquement pour Ko Sichan se fait depuis un îlot relié à la terre par une longue jetée. Sur l'îlot se dressent quelques bâtiments dont deux temples au kitsch typiquement régional. J'en escalade un, reçoit, en remerciement pour lui avoir offert une main compatissante, un « wai » chaleureux de la part d'une gamine de 8 ou dix ans, tétanisée par le vertige en haut des marches (le vertige je sais ce que c'est mon lapin!) pour la descente, m'émerveille du ton sur ton entre les habits pastels-fluos de deux touristes allemandes aux formes généreuses et le fond « pâtisserie anglaise » du deuxième temple Chinois. Bref je traînasse...

Il est 11h45 lorsque j'arrive enfin à l'embarcadère. Ko Sichan paraît bien éloignée, au delà d'une flottille de bateaux marchands au mouillage dans la baie. Un bateau arrive, je me renseigne auprès d'un « westerner » qui débarque : la traversée dure 45 minutes. 45 minutes aller autant retour, il faut bien passer une ou deux heures sur l'île, puis retrouver un bus pour le retour. Est-ce raisonnable ?

Au moment où je me pose la question, je réalise que j'ai déjà embarqué... C'est quoi ces accès délirants de raison, ces calculs pitoyables ? Tu vieillis mon gars.


Je suis à bord, et sans billet de surcroît. En Thaïlande ce n'est un problème que si l'on ignore le coût du billet La traversée est aussi calme que les eaux de la baie. Le petit ferry slalome entre les cargos, minéraliers, porte-conteneurs... Mouillés près de pontons flottants. Il n'existe pas de vrais quais de déchargement, juste ces pontons supportant d'énormes grues, ou plus simplement une flottille de chalands regroupés dans le quel le navire décharge ou prélève sa cargaison. Voilà donc d'où viennent (ou où vont) ces énormes trains de chalands que l'on voit parcourir lentement le Chao-Phraya...

Ko Sichan n'a rien de l'île Thaïlandaise typique. Pas de plage visible, pas de cocotiers ni de bungalows. Une vraie île de pêcheurs aux maisons peintes de couleurs vives, étagées du rivage jusqu'aux flancs des collines proches. Si ce n'étaient quelques pagodes sur les crêtes on pourrait presque croire débarquer sur une île Bretonne, d'ailleurs le ciel est à l'unisson.

Une fois à terre l'illusion se dissipe. A l'instar des pinsons de Darwin, les Tuk-Tuk endémiques semblent avoir fait l'objet d'une mutation spécifique. Plus longs, plus « cosy » plus « pastels » Mais aussi nombreux que leurs cousins du continent. En louer un permettrait de faire rapidement le tour de l'île, mais ce serait aussi s'interdire de « sentir » l'atmosphère des environs du port. Ce sera donc marche à pied de part et d'autre de la jetée d'arrivée.

C'était une bonne stratégie. Dès que l'on s'éloigne un peu, de nombreuses ruelles s'ouvrent en un fouillis convivial en bordure d'eau, cela vit, c'est peuplé de gamins remuants, d'habitants tranquilles devant le seuil de leur portes, de chicanes, d'impasses qui sont en réalité des embarcadères ouverts sur l'infini de la mer.

Je ne saurais la décrire en composants objectifs, mais je la sens... Il flotte une atmosphère « insulaire » … Que ce soit à Noirmoutier, Groix, les Maldives ou ici... Indéfinissable en éléments concrets, mais reconnaissable à jamais lorsque l'on y a goûté une fois.

Il y a plusieurs hôtels. Des très luxueux et des modestes. L'un de ces derniers est tenu par deux femmes joviales dont la bouche ne laisse pas sortir plus de trois mots d'anglais, mais dont sourires et mimiques auraient certainement séduit Shakespeare. Le coin est un vrai quartier de pêcheurs comme en témoigne les calmars séchant au soleil sur des nattes. On peut randonner tranquillement vers la côte ouest qui, plutôt sauvage,  ne voit certainement pas déferler des hordes touristiques...Tout ceci paraît séduisant, et digne d'une prochaine étapes de quelques jours.

Retour un peu aventureux, mais je finis par trouver un car destination Bangkok sur la grande route... voilà une petite journée bien remplie, qu'il ne reste qu'à clôturer par une énième visite du quartier Chinois en pleine préparation du nouvel an comme en témoignent les banderoles et la ferveur régnant dans les temples




Un petit clin d'oeil pour finir : voici le logo de la banque située juste en face de la GH : Ne serait-ce pas une reconnaissance déguisée de la rapacité de cette profession ?


Pour ceux intéressé je commence à mettre à jour mon itinéraire sur Google Earth. Voici le lien qui vous permet de le télécharger : je le mettrais à jour au fil de l'eau.


https://blog.gandi.net/media_item.php?id=690129&popup=0&post_id=

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