Denis Blog

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Roumanie

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vendredi 14 juin 2013

La route des ermites joviaux

Lundi 10 au jeudi 12 juin

Emis, photos incluses, depuis le train pour Bucarest : en Roumanie la 3G ce n'est pas cher et cela marche le feu de dieu !!!!

La première partie de ce billet est rédigée depuis une chambrette austère mais confortable au sein de l'ermitage de Sihla.





Nos héros au repos dans l'ermitage











Le minuscule monastère est situé à presque 1000 mètres d'altitude au milieu d'un anarchique chaos de rochers énormes dont certains surplombent de façon menaçante les bâtiments.

Quand tombera-t-il ? Et sur qui ?














Cela ne semble pas inquiéter la quelques dizaines de moines qui nous ont accueillis ici.

« Ah bon ? Vous vous installez dans les ordres maintenant ? »

Non ce n'est pas une prière, juste un rangement...



















Certes non ! Mais nous sommes arrivés à l'ermitage fort tard (17h30) après une longue marche pleine de fausses pistes et de recherches de chemins aux balisages folkloriques, inexistants, voire erronés. Il nous restait encore 8 km à parcourir, par des chemins incertains, pour atteindre Agapia, l'étape prévue pour le soir lorsque nous sommes passés devant la table d'hôte de l'ermitage...L'odeur de la potée aux choux a fait le reste.

Ici tout indique la rigueur du climat : d'énormes cheminées « poêle » dans la chambre, des réserves de bois conséquentes, et partout des doubles vitrages. Et l'accueil est aussi chaleureux que discret.

Mais comment en sommes nous arrivés là ? Et bien reprenons dans le bon sens.


Dépendage, non dépendation, zut dependature...Enfin bref descente du sac de nourriture
















La fin de l'épisode précédent de nos aventures nous a vu nous réveiller au cœur de la forêt pour découvrir, agréable surprise, que les ours avaient épargné notre petit déjeuner suspendu, selon les normes conseillées, à 3 mètres de haut dans un pin sylvestre situé à plus de 100 mètres sous le vent de la tente.

Matériel et sac rangés, une descente assez agréable au sein de la forêt, si ce n'est les habituelles traversées pénibles de chemins boueux ravagés par le passage de 4x4 laissant des ornières parfois incontournables et aussi hautes que nos genoux (après les chiens le 4x4 est le pire calvaire du randonneur) pour arriver sur le charmant monastère de Voronet.



Voronest












Caractérisé par les peintures parmi les plus fines que nous ayons vues, ses rouges réputés (le rouge Voronet!) et un autre impressionnant et vertigineux (pour moi) chemin de ronde en bois, c'est une visite plaisante.

L'objectif suivant était la région de Neamt au sud de la Moldavie où 5 ou 6 monastères groupés peuvent se visiter à pied en deux ou trois jours par un réseau de sentiers bien balisés (c'est du moins ce que l'on nous avait raconté)

Une succession d'auto stop (un chauffeur plutôt folklorique, maladroit et sympathique qui demandait son chemin tous les 100 mètres) de bus, de taxis, de marche bien sûr, tantôt sous le soleil, tantôt sous des pluies apocalyptiques, nous mena à une pension située à proximité du monastère de Neamt.


Symbole fréquent sur les murs de monastères : n'évoque t il pas celui des Francs Maçons ?













C'est dans ce dernier, caractérisé par cet étrange représentation maçonnique, que nous fîmes la connaissance de « Frère Grégoire, moine au français parfait, souriant vendeur redoutable (il avait travaillé dans le commerce avant d'être moine) et surtout extrêmement drôle, serviable chaleureux, capable de nous faire oublier les pluies torrentielles....


La carte n'est pas le territoire (extrait de la "Sémantique Générale")









Le lendemain, après un passage à la gendarmerie où l'on nous fournit avec beaucoup de gentillesse une carte des chemins balisés, très complète, sur le papier ! Nous nous lançâmes dans la longue errance qui devait nous mener à l'ermitage de Sihla.

Chemins, tours détours et erreurs scandés le plaisir de la visite de plusieurs petits ermitages et monastères moins ou pas référencés dans les guides et circuits et d'autant plus authentiques et naturels.



Secu charme et simplicité







Le charmant Secu et ses humbles offrandes,


<-Lutrins

Cheminée->











le mignon Sihastria et ses élégants lutrins aux formes d'oiseaux....

Puis après avoir erré une bonne heure en essayant de traverser sans succès un torrent boueux à la recherche du chemin « C'est sûr il est pas là » marqué de « ronds rouges », nous décidâmes d'abandonner ce raccourci en acceptant le « petit » détour de l'ascension vers Silha, au terme de la quelle se manifestât à nouveau le « miracle du randonneur ».

Une perte d'une bonne demi journée sur nos prévisions, mais probablement aussi l'évitement de quelques nouvelles fondrières de boues, d'errance dans les bois et qui sait, de rencontres d'ours où de loups.

Jeudi

Le volubile frère cuisinier ne nous laisse pas partir sans nous doter d'un sachet de chocolat « Francesca ! Ciocolote calda ! » et pour moi d'un café type Lucky Luke : celui où l'on peut faire flotter un fer à cheval.

Par courtoisie nous marchons une petite demi heure sur le chemin marqué de croix rouges, agréablement, et heureusement ! Présentes cette fois, avant de stopper pour un vrai petit déjeuner à la française : chocolat chaud au lait (en poudre) café, fruits divers et tartines de … Sardines à la sauce tomates. Oui il faut bien épuiser un peu les stocks et alléger les sacs.

Mic dejun de randonneur















Route de crête en pleine forêt, puis descente assez raide dans la vallée vers Agapia Veche. Ecrit ainsi cela paraît simple, mais cela génère quand même quelques recherches, parfois ardues et génératrices de longues discussions, pour retrouver les « croix rouges » après chacun des nombreux carrefours ou traversées de clairières.

En arrivant nous croisons le chemin balisé des fameux ronds rouges que nous avons cherché avec tant d'énergie la veille. Nous nous gardons de l'insulter : le randonneur est superstitieux, mais si nous avion le temps nous le suivrions bien pour voir où il débouche....

Agapia Veche ne doit pas recevoir beaucoup de visite : minuscule et, à part le chemin, uniquement piétonnier (et encore) que nous avons emprunté, une seule mauvaise route partiellement empierrée pour le relier au reste du monde.

Est-ce pour cela que l'accueil y semble si agréable ? La première femme rencontrée nous propose, du geste typiquement Roumain et maintenant familier de la main « sciant » l'estomac, de nous restaurer.


Agapia Veche Joli n'est-ce pas ?














Notre copain ermite jovial







Le plus étonnant c'est cependant un ermite, lancé dans une ronde sans fin autour de l'église, pieds nus, habillé d'une simple aube de tissu blanc déchirée à l'épaule et portant en sautoir ce qui ressemble à une médaille géante d'un poids extraordinaire (Ni Françoise ni moi ne sommes des mauviettes et il nous fût impossible de la soulever d'une seule main, nous l'avons estimé à environ 10 kg)

En revanche le silence ne semble pas faire partie de la pénitence ! A chaque tour d'église nous avons droit à un torrent de paroles, de sourires, de poignées de main...C'est ainsi, au fil des rotations, que nous apprenons que « Les Français et les Italiens sont les plus sympathiques puisque les plus bavards ! » Que Decebal est un prénom tout à fait historique, que....Et après avoir attiré notre attention sur nos chaussures et bas de pantalons encroûtés de boue, il s'amuse en remarquant que nous rapporterons de la terre Roumaine en France.

Au tour suivant, considérant nos sacs posés sur le sol, il nous avertit de bien les surveiller car « Les Roumains sont voleurs et on les voit de temps en temps arriver en voiture et piquer les sacs » et Enfin au dernier tour nous recevons le conseil de ne pas accepter de nourriture de la cuisine du monastère sous peine « d'avoir un gros ventre »....

Au temps pour l'image d'Epinal de l'ermite austère et taciturne.



Quitter Agapia









Le monastère suivant, Agapia tout court est à une demi heure de marche. Plus récent, plus touristique, l’intérêt en est très limité.

Il est temps de préparer la dernière étape... Marche, stop... Jusqu'à Targu Neamt où nous dénichons un bus pour une proche grande ville, Roman, sur le parcours du train de Bucarest.

Dans Roman, grande ville « soviétique », il faut « chasser » hôtels et restaurants...En revanche l'employée des chemins de fer est adorable. Nous sommes munis de deux billets pour joindre la capitale le lendemain. Ensuite longue attente à l'aéroport, vol de nuit pour Barcelone, puis le lendemain pour Lyon, ainsi vont les voies détournées des vols charters....

mercredi 12 juin 2013

Route des puits, route des ours

Samedi 8 au dimanche 9 juin

Vous avez voulu randonner, et bien vous allez en voir.... La petite voix tourne dans notre tête dès le départ de Sucevita en direction de Moldovista.

Il doit exister des sentiers permettant d'assurer le parcours que nous avons prévu sans avoir à trop emprunter la route. Mais hélas ils ne sont pas référencés et, compte tenu de l'ambiance météorologique nous nous abstenons de nous lancer dans nos exploits habituels : boussole et altimètre....

Nous suivons donc la route, heureusement très moyennement fréquentée. Cela permet également de contempler toute une succession de maisonnettes pimpantes, chacune ornée de son puits décoré.


Route des "puits"













Il semble que l'émulation règne puisque les ornements sont tous plus élégants et originaux les uns que les autres.



Préfabriqués



C'est aussi le pays du bois. Toutes les maisons bénéficient de murs en bois et souvent il en est de même pour les toits. Nous croisons même une entreprise de montage de chalets en énormes rondins assemblés comme les jeux de mon enfance. Nous pensons deviner qu'une fois montés, les éléments sont numérotés, puis re démontés afin d'être transportés sur leur lieu de livraison. Nous croiserons d'ailleurs de nombreux chalets de ce type. Indéniablement c'est du solide : le loup peut toujours souffler dessus, les petits cochons ne risquent rien.

Symbole






Comme la route escalade puis redescend dans la montagne, elle s'étire en nombreux et larges lacets. On peut deviner des raccourcis, parfois un peu acrobatiques et surtout très boueux, mais cela change.... Au col nous tombons sur un monument dont la signification, certainement hautement symbolique, nous intrigue. Françoise pense qu'il symbolise la construction de la route par la main de l'homme. Elle a sûrement raison.



La pluie tombe dru. Nous sortons l'équipement lourd. Housses de sac, vestes et pantalons de pluie... Nous ressemblons à des cosmonautes ruisselants... La route continue.



8 km avant d'arriver une voiture s'arrête spontanément à notre hauteur. Difficile de refuser. C'est un couple qui nous a déjà croisé dans l'autre sens et a eu pitié de nous. Très gentiment le chauffeur nous emmènera jusqu'au monastère de Moldovista, notre étape suivante après avoir déposé sa femme chez eux à mi-chemin.



Le stop est analogue à la fourniture de renseignements : il est d'autant plus efficace que l'on ne demande rien.





Moldovista







Le monastère de Moldovista est aussi richement couvert de peintures que ses homologues. Ici les peintures extérieures sont particulièrement en bon état, et l'on reconnaît sans difficulté les « classiques » comme le siège de Constantinople et le jugement dernier. S'y ajoutent des théories de saints, de familles royales (Etienne le grand) et même de décapitations.

Originalité de celui-ci : un vertigineux chemin de ronde en bois surtout lorsque l'on regarde entre les planches.

Le trajet en voiture nous a donné pas mal d'

avance. Nous décidons donc de continuer à pied dans la direction du monastère suivant et de trouver un hébergement sur la route.





Des p'tits tas encore des p'tits tas










Après la « symphonie » de puits, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer les différentes collections de tas de bois. Tous rangés avec une extrême minutie, il y a une exposition des différentes « écoles » : en forme de hutte pointue, en long, en rond.....

Le soleil décline avec nos forces. Dans cette région le moindre mètre carré est privé et tout les terrains sont clos de palissades (oui en bois!) On pourrait sûrement camper mais … On a la flemme d'aller négocier une autorisation. Une pensiunae arrive à point nommé.


Dimanche

Ce dimanche matin s'accompagne d'un beau soleil. Idéal pour recharger, au propre et au figuré, nos batteries. Enfin quand les chargeurs solaires daignent fonctionner.



Mais où est Renard ?











Une assez longue route en direction du monastère suivant. Pour les douze premiers kilomètres il n'est pas possible de couper : il faut suivre la vallée où se concentrent la route, la voie ferrée et la rivière. Cela implique la gêne du passage des véhicules, mais en contrepartie quelques rencontres agréables : des nids de cigognes, des habitants aimables et souriants, quelques clochers pittoresques, toujours des puits....




Puis nous pouvons enfin abandonner la route et grimper dans la montagne, retrouver nos habitudes. Bientôt l'orage quotidien menace et gronde. Il est temps de monter la tente et d'installer le campement auprès du ruisseau salle de bain / boisson (nous ne sommes pas très sûrs de la qualité de l'eau, mais les pastilles de micropur suffiront pour nous assurer d'une soupe de nouille agréable et saine.




retour à l'hôtel













Ours grimperas tu ?








La présence de loups et surtout d'ours est possible. Toute la nourriture et les crèmes odorantes sont réunies dans des sacs, accrochés à plus de trois mètres de haut dans un arbre distant d'une centaine de mètres. Cette fois nous resterons seuls toute la nuit et personne ne nous volera

samedi 8 juin 2013

Monastering in the rain

Mercredi 4 juin au vendredi 7 juin

La gare de Suceava est très éloignée du centre ville, mais en suivant le flot des passagers qui descendent avec nous il est aisé de trouver le bus qui va nous déposer au cœur de la cité. Descente un arrêt trop loin, mais c'est un bien car cela nous fait tomber sur un centre d'information touristique. L'employé, particulièrement chaleureux et compétent (et aussi doté des redoutables yeux verts roumains qui fascinent tant Françoise) nous fournit cartes, conseils et petits trucs de randonneurs particulièrement utiles.

Après dépôt des bagages dans une pensiune assez facilement trouvée, il reste suffisamment de temps pour une visite conséquente des quelques principaux points d'intérêts de la ville.




Deux ou trois églises peintes, quelques jolies fresques, un magnifique lutrin tout de cuir garni....Puis ce sera une assez longue promenade dans la forêt jouxtant la ville, pour, sur les conseils du bellâtre aux yeux verts, atteindre la citadelle construite bien sûr par l'incontournable Stéphane le Grand, le « père » de la Roumanie dont une autre énorme statue équestre domine les lieux.

Au retour visite d'un autre monastère, jouxté par un séminaire orthodoxe d'où nous verrons sortir un élève, magnifique barbe rousse en avant, pour s'engouffrer dans une superbe et luxueuse Toyata noire, bientôt suivi par quelques consoeurs utilisant de non moins luxueuses berlines. L'église orthodoxe semble à l'abri du besoin.




Chaleureux dîner, près d'une étonnante maison au toit traversé par l'arbre voisin.










Jeudi

Avant le départ pour le nord de la Bucovine, il reste quelques heures pour visiter le monastère de Dragomei situé à une douzaine de kilomètres du centre ville. Ce sera en taxi après avoir vainement attendu le bus censé y conduire. Au prix des taxis il serait bête de s'en priver.

Amusante peinture de la descente aux enfers... On en retrouvera l'équivalent partout. En fait les peintures de églises et monastères de a région sont des représentations iconographiques de tous les chapitres imaginables de la bible, destinés aux fidèles illettrés de l'époque.






Descente aux enfers ->














Il n'y a pas de bus pour Putna notre prochaine étape. Il faut viser une ville intermédiaire où nous devrons courir un peu partout de gare routière en gare routière pour tenter de dénicher un autre bus pour Putna. On ne le trouve pas directement, mais le chauffeur d'un autre bus nous propose de nous déposer à un carrefour situé à « trois kilomètres » de notre lieu de destination. On embarque, mais à l'arrivée nous découvrons qu'il en reste en fait 12 !

Ce n'est pas dramatique. Le stop marche bien en Roumanie. Après avoir marché à peine un petit kilomètre, nous sommes pris par un jeune Roumain, travaillant à Liège, mais en vacances dans la région.

Nouvelle visite de monastère.....

Puis nous nous mettons en chasse d'un terrain pour camper. L'orage menace, il faut se dépêcher.... Conseillé par un paysan du coin, nous optons pour une petite plate-forme à l'abri des invasions liquides des orages.

La tente à peine montée, le site défendu contre la curiosité des vaches voisines, le déluge et les éclairs se déchaînent. Nous passons le temps et le dîner sous un petit abri voisin où nous sommes rejoints par un « professeur de français quelque peu bavard et … abscons. On arrive avec un peu de difficultés à lui







faire comprendre que nous désirons nous coucher.

Nuit tempétueuse, mais la tente résiste bien. Seul incident, un chien nous dérobe pendant la nuit le magnifique morceau de jambon que nous réservions pour des jours difficiles.. Décidément !

Vendredi

La pluie s'est calmé. Cette accalmie nous permet de replier sereinement la tente, ranger les affaires et nous offrir un solide petit déjeuner (sans jambon snif!) avant de reprendre la route.

Nous avions pas mal hésité la veille sur le chemin à prendre. Mêlant renseignements recueillis la veille à l'office du tourisme (le bellâtre) interprétations des cartes fournies par Google Maps, et supputations personnelles. Notre visiteur de la veille avait également tenté de nous renseigner, mais ses informations ne paraissaient pas vraiment fiables. Nous nous fions donc à notre instinct, mais à peine 100 mètres après, une femme nous voyons passer chargés de nos lourds sacs nous indique spontanément tous les détails du chemin que nous aurons à parcourir.





Charrettes et futaies











Nouvelle manifestation du miracle du randonneur : inutile de demander, il suffit d'avancer... La confirmation vient toute seule.

Une vingtaine de kilomètres de marche d'abord sur un large chemin serpentant entre de douces collines et parcouru par d’innombrables charrettes à cheval utilisés par les forestiers. La région est magnifique. Puis, cela faisait longtemps ! Nous attaquons une brutale montée à flanc de colline afin de passer dans une autre vallée.

Le paysage change complètement. Nous traversons des futaies dont les cimes semblent toucher le ciel, nimbées de vapeur blanches de brume. Féerique.... Mais heureusement ni ours ni loup....

Arrivée à 15h00 à Sucevita... Nouveau monastère, le plus beau depuis le départ....


















Puit typique














Et de nouveau la pluie...... Ce soir ce sera hôtel. Et bien nous en prend car la carte du restaurant se révèle fabuleuse.... Après tout il faut parfois savoir ne pas camper...

mercredi 5 juin 2013

Klouk (Non cela ne se mange pas)

Dimanche 2 au lundi 3 juin 2013

Cluj-Napoca.

Il nous a bien fallu une journée pour arrêter de ricaner comme des demeurés en prononçant le nom (Cluj se prononce Kluk) de cette énième deuxième cité de Roumanie. Comme ses « consoeurs » Sibiu, Brasov.... C'est également une ancienne cité germanique, ce que confirme l'architecture «solide » et assez rationnelle de certaines maisons et surtout des remparts résiduels.

Ce paysage urbain ressemble donc à celui de Sibiu, et nous ne sommes pas désorientés. En revanche la cité développe deux autres caractéristiques, déjà présentes dans les villes précédentes, mais beaucoup plus marquées ici.




Cathédrales.....


















Tout d'abord l'incroyable profusion d'installations hospitalières et médicales. Dentistes, cliniques, pharmacies, maisons de soins, toutes arborant des publicités à qui mieux mieux. On peut même en découvrir sur les paliers de certains hôtels. Nous n'avons pas réellement creusé la question, mais il est évident que cette abondance dépasse les besoins locaux. Nous en concluons donc qu'il doit s'agir d'une implantation destinée au « tourisme médical »





Fac spéleo














Ensuite Cluj est aussi une ville universitaire. Dans le centre et en première couronne, on découvre à chaque coin de rue universités, facs, écoles publiques et privées. Bien sûr pour faire lien avec ce qui précède, des facs de médecine, pharmacie, …. Mais aussi une étonnante (ce serait la seule en Europe) fac de.... Spéléologie...

Cette présence universitaire confère aux déambulations en ville un caractère très relaxant. Beaucoup d'étudiants devisant, vélos, cafés.... Une agréable ambiance quartier latin, avec (un peu) moins de touristes.

De surcroît notre arrivée coïncide avec la tenue du festival international de cinéma de Cluj, ce qui ajoute au caractère culturel des promenades : manifestations, conférences, écrans géants diffusant des extraits de la programmation, y compris une surprenante tournée de Patricia Kass chantant Edith Piaf.




Hommage (discret et léger) à Martial le héros local










Pour ne pas être en reste nous ajouterons à nos déambulation la visite du musée ethnographique de la ville, assez bien documenté en anglais, exposant de nombreux outils, accessoires et vêtements utilisés par les paysans de la région lors des deux ou trois derniers siècles. Dans un coin un étonnant bloc d'aluminium usiné, découvert au milieu d'un gisement d'ossements néandertaliens, présence anachronique qui a, on le comprend, beaucoup troublé les archéologues.

Une autre caractéristique, commune celle-ci avec les autres villes visitée, est l'omniprésence des différentes confessions chrétiennes à travers une pléthore d'églises et de cathédrales. Catholiques, Catholiques Grecques, Orthodoxes, Réformées..... Un vrai catalogue. Les roumains sont d'ailleurs très pieux et passent leur temps à se signer de toute les façons possibles.

Comme à Sibiu, il est agréable de flâner dans les rues, découvrant de jolies maisons colorées, une immense cathédrale, des bâtiments parfois mastocs, parfois kitchs, toujours intéressants, lorsqu'ils ne sont pas masqués par la forêts de fils électriques aériens, câbles de tram et trolleybus.... Embrouillamini presque Indien !

Arrivés sous une pluie battante, nous repartirons presque de même pour une assez longue traversée d'ouest en est en train de nuit en direction de la province de Bucovine, après bien sûr de nouvelles expériences culinaires locales.

Ciorba et Polenta













Nuit calme, seulement marquée par la disparition de mon opinel, très probablement subtilisé par nos compagnons de compartiment, un couple âgé.... Nous sommes décidément marqués !!!



lundi





Monastere Galata











Nous arrivons à Iasi, capitale de la Moldavie, et....(on ne rit pas) deuxième ville du pays, sous la pluie....

Longues visites et promenades. Nous commençons un peu à saturer des séjours urbains. Toutefois nous succomberons aux démons de la marche en explorant longuement la banlieue sud où se trouvent deux jolis monastères, histoire de nous mettre en appétit pour les jours suivants.

Orage monstrueux en soirée nous obligeant à abandonner la découverte d'un, parît il excellent restaurant, pour nous replier, en taxi (ici c'est aussi modique qu'en Asie) juste en face de l'hôtel











Mardi

Départ en train pour Suceava (encore un nom qui provoque, on se demande bien pourquoi, notre hilarité)

Plus sérieusement ce sera une base de départ pour plusieurs jours de randonnées, camping au travers des villages de Bucovine à la découvertes des fameux monastères peints. Nous risquons de pas mal marcher encore, mais là les altitudes sont beaucoup plus modestes.

Prochains billets probablement plus tard car fatigue de la marche et peut être difficulté à trouver de la 3G.... Quoique on est souvent surpris : ce billet là est par exemple émis depuis le train....

lundi 3 juin 2013

Dans les profondeurs transylvaniennes rurales

Vendredi 31 mai au dimanche deux juin 2013

Deux grands vrais lits..... Le bonheur tient à peu de choses ! Nous n'avons pourtant pas si bien dormi que cela : sommeil troublé par trop de fatigue et de crampes à effacer ? Couettes un peu trop rêches (deviendrait-on pinailleurs?)



Pourtant l'hôtel semble quasi neuf, silencieux hormis les vols fugaces des hirondelles qui viennent nous saluer à la fenêtre.

Il dispose d'une immense terrasse que nous transformons sans vergogne en salle à manger personnelle : le camping gaz ne fait pas partie des objets volés et nous avons pu acheter une casserole à la boutique du bas. Cette fois la soupe au nouilles peut s'agrémenter de fruits et légumes frais aux saveurs plus qu'authentiques.

Terrasse







De la haut nous jouissons d'une vue magnifique sur le village, le petit lac et l'environnement de vergers et collines. Le ciel, souvent chargé, crée pour nous des écrins de couleurs inattendues.


















Nous sommes toujours les seuls occupants. L'hôtel a bien été ouvert pour nous. Heureusement la patronne ne fait aucune difficulté pour nous recevoir une nuit de plus.

Ce sera une journée de promenades et découvertes nonchalantes. Le petit cimetière, quelque peu encombré, ne révélera aucune inscription tombale portant le patronyme « Udrea » Et une gentille secrétaire de mairie, ne trouvera pas non plus de trace « résiduelle » de présence de la famille Udrea. Il est probable, qu'à l'image de ses enfants, mon père était plutôt du genre vibrion !

Mais, comme évoqué plus haut, Nucsuoara possède ses intérêts touristiques intrinsèques.

<-Autels

Ruches mobiles ->





Maisons pleines de charmes, souvent neuves et très coquettes, paysannes en fichu, petits autels ou oratoires abrités dans des cabanes couvertes de  peintures naïves (La Transylvanie en recèle une quantité invraisemblable à chaque coin de rue ou de route, et nombreuses sont les personnes qui se signent en passant devant.


En sortant du village on tombe sur une zone de vergers qui semble sans fin. Nous y découvrons d'astucieux supports pyramidaux assemblés à partir de piquets de bois, qui, nous le découvrirons plus tard, sont utilisés comme bases de meules de foin. Nous en notons les modèles, bien décidés à construire les mêmes à Tauriers !






En plein champs des camions supportent des boîtes colorées empilées. Nous en avions déjà vu les jours précédents, pensant, sans certitude, qu'il s'agissait de ruches « mobiles » Nous en avons désormais la confirmation.




L'après midi se poursuit par la « fêtes des enfants »





Maison commune











successions de jeux, de danses et chants interprétés par des gamins en costumes folkloriques dans la cour de la « Maison Communale » Ces maisons, probable héritage (ils ne sont pas tous négatifs!) de l'ère communiste se trouvent dans la moindre localité. Celle-ci héberge, entre autres, une bibliothèque fournie mais dont le classement va nécessiter encore quelques efforts.

Samedi et Dimanche

Après une deuxième nuit, vraiment réparatrice cette fois et un dernier « mic-dejeun » sur notre terrasse privée nous voilà repartis en direction de Sibiu. En fait nous visons xxxx, ville moyenne où il existe une gare routière conséquente. Pour cela il faut attraper un bus sur la « grande » route, 3 km plus bas. Avec la gentillesse naturelle des Roumains notre hôte refuse de nous voir partir à pied et sort sa voiture pour nous déposer au plus proche arrêt de bus.

Tout se déroulera comme prévu.... l'heure prévue un minibus surgit des profondeurs de la campagne et nous dépose à Pitesti, d'où après une courte attente « déjeuner » nous trouverons un nouveau bus pour Sibiu, l'une des grandes villes de Transylvanie.

Sibiu sera atteinte en fin de journée, au terme d'une alternance de traversées de paysages agrestes, vergers et pâturages, et de reliefs plus sauvages comme les gorges profondes de la rivière Ost.









Comme à l'habitude, une belle pluie d'orage sera là pour nous aiguillonner lors de la recherche d'un hébergement... On en a vu d'autres... Nous trouverons....


Que dire de Sibiu. C'est encore une belle ville de Transylvanie, riche de culture et d'animation estudiantine, un bel ancien centre ville moyenâgeux d'origine allemande, un peu comme Brasov.... Alors quelques photos....Cherchez quand même le gag estudiantin......
























































Le lendemain ce sera de nouveau bus.... Pour … Cluj Napoca (comme cela se prononce!!!) d'ou nous comptons attraper un train de nui afin de passer complètement à l'est en direction de la Moldavie pour aller admirer églises et monastères peints...

vendredi 31 mai 2013

We survived !

Mardi 28 mai au jeudi 30 mai

Il nous reste à parcourir la dernière étape Voina vers Nuocsoara. Nous savons que c'est la plus incertaine car les cartes sont imprécises et les sentiers que nous pourrons emprunter ne sont pas majoritairement des sentiers de randonnée, donc inutile de s'attendre au balisage ni à un entretien soigné.

Françoise, en montagnarde expérimentée, me propose deux ou trois options différentes : Nuocsoara se trouve au delà de 4 ou 5 épaulements très élevés qui descendent de la chaîne des Multii Izer. Nous pouvons choisir de passer par le bas, mais les détours sont considérables et représentent au minimum 3 jours de marche.

Nous pouvons passer par la crête (2450 mètres). Mes craintes de la montagne, vertige inclus, me poussent à refuser cette option, pourtant la plus courte car elle évite les détours.

Reste une option à altitude moyenne sur la quelle nous tombons d'accord, mais les chemins ne sont pas évidents à trouver. Nous ne savons même pas si ils existent car ils différent d'une carte à l'autre.

C'est parti....

Et pour ne pas changer nous nous payons une grimpette monstrueuse à au moins 30 ou 40 degrés parfois, depuis les 900 mètres du refuge jusqu'à 1750, étape où nous devrions commencer à chercher le chemin intermédiaire. Sous la charge des sacs, chargés en plus de nos affaires et du matériel de camping, de nourriture pour trois jours, le souffle est court, le cœur pompe... Mais les machines sont encore en bon état.

Une cabane de berger. Trois hommes dont l'un au yeux verts magnifiques qui impressionne beaucoup Françoise, nous donnent leur opinion sur les sentiers à suivre. Au début cela semble à peu près clair, et puis nous commettons l'erreur de leur montrer la carte, et là tout tourne à la confusion....

<- Discussion autour d'une carte









Nous nous éloignons un peu, c'est à dire grimpons d'une centaine de mètres, pour réfléchir et nous concerter.

Devant les grosses incertitudes de la voie moyenne, et considérant que nous sommes en autonomie pour au moins deux jours en montagne, nous décidons de choisir l'option de la crête, certainement plus facile à reconnaître avec moins de risque de nous perdre. Cela m'effraie un peu, mais j'ai confiance en ma partenaire.

C'est reparti pour la grimpette. Petit à petit nous arrivons au premier sommet à 2350 mètres, marqué par des sortes de Chortens et de nombreux névés. Premières boules de neige et traversées dans la neige que nous entreprenons avec un plaisir de gosse... Si je savais !

Une longue marche plus à plat cette fois, mais il y a encore le dernier col à passer : 2450, et le vent souffle violemment apportant des bandes de nuages qui coulent comme de l'eau de chaque côté de l'arrête.

Nous devons nous dépêcher afin d'entamer la redescente de l'autre côté du versant afin de trouver un lieu de bivouac moins inconfortable.

Cela se présente bien : le chemin est large, la descente légère et nous marchons rapidement.

Et soudain c'est, pour moi, un moment de franche panique. Un névé incliné à 45 degré ferme le chemin. Il faut le traverser en diagonale, bravant le vide. Si l'on dérape c'est la chute, probablement mortelle. Françoise ne dit rien et commence à tracer des marches dans la neige. Je suis... Les yeux rivés sur chaque marche, m'obligeant pour ne pas penser au vide à compter les pas. 50 et ce n'est pas fini.... On continue.

<-Traversée de la mort








Ouf ! retour sur le chemin. Je tremble un peu, mon cœur bât la chamade. Merci Françoise, sans toi je ne serais jamais passé, terrorisé par le vertige et la peur.

Je me remets doucement et.... 100 mètres plus loin un nouveau névé !

Nous avons perdu beaucoup de temps dans cette traversée, et devons nous contenter d'une protection sommaire derrière un épaulement de terrain pour le bivouac. Dîner, un peu spécial faut-il l'avouer puisque au lieu d'un sachet de soupe nous avons utilisé un concentré de sauce hyper salé...Ensuite nous allons planquer à une centaine de mètres, bien emballés et protégés par de lourdes pierres, notre reliquat de nourriture, et tous les produits odorants, ce qui inclut les affaires de toilette, afin de ne pas attirer les ours.

Bivouac_>






La tente est secouée toute la nuit par le vent, nous crevons de soif relativement à la soupe, mais nous arrivons tant bien que mal à trouver un peu de repos, réveillés vers 5h30 par le passage d'un troupeau.

Mauvaise surprise au lever au moment où nous voulons préparer le petit déjeuner : le ou les bergers passés cette nuit ont subtilisé nos paquets. Plus d'affaire de toilette ce n'est pas un drame, mais plus de nourriture c'est plus grave : il nous reste une journée de marche en montagne.... Au temps pour la solidarité !

Il faut bien se résigner. Nous rangeons les affaires, plions la tente, et reprenons la descente. C'est long, long, surtout le ventre vide. Heureusement nous avons de l'eau.

Source










Ce n'est pas notre jour, nous perdons la carte et devons continuer de mémoire avec l'aide, toute relative car imprécise ici, de google map...

Nous savons qu'à 1700 mètres nous devons quitter le chemin principal pour rejoindre transversalement une autre arête. Justement à cette altitude un chemin part dans la bonne direction. Nous le suivons jusqu'à tomber sur une dense lisière de forêt.... Nous choisissons, probablement imprudemment, de poursuivre la descente (raide comme à l'habitude) et en se frayant le passage entre les branches entremêlées de sapins. Nous espérons arriver au fond de la vallée et suivre le lit de la rivière qui l'a creusée pour gagner un autre chemin.

Hélas beaucoup beaucoup beaucoup plus bas nous nous retrouvons coincés au sein d'un monstrueux chaos de rochers. Impossible de suivre la rivière. Bref moment de découragement, mais il faut bien, malgré l'épuisement, remonter, ou rester mourir en bas ! C'est long, difficile... Le miracle du randonneur ne nous a pas abandonné et nous retrouvons la route initiale après deux bonnes heures perdues et épuisantes.

A plus basse altitude nous commençons à rencontrer du monde : une carriole, suivi d'une meute de chiens, qui remonte probablement des provisions pour les bergers d'altitudes (ils n'ont pas eu assez des nôtres?)

Autostop





Puis une camionnette un peu kamikaze qui nous prends en charge sur quelques kilomètres de repos bienvenu, et surtout nous dépose à un croisement en nous indiquant la route de Nuocsoara.

Heureusement qu'ils nous l'avaient confirmé, car au bout d'un kilomètre le chemin se termine par un ruisseau encaissé qu'il faut descendre en sautant parfois de pierre en pierre.

Nous y rencontrons un agneau perdu ou abandonné par un troupeau... Que faire ? Trop lourd pour nous ! Nous ne pouvons que l'abandonner à son sort : ce sera le repas d'un ours ou des loups... C'est la vie !

Et puis nous devons aussi penser à notre propre peau : le ruisseau s'encaisse de plus en plus au sein d'une forêt épaisse, l'obscurité arrive... Françoise s'est écorchée et saigne, et bientôt les vampires vont se réveiller et ….

                             Agneau casse croute







Et soudain miracle : le ruisseau devient chemin, le chemin route.... Il reste 7 kilomètres de marche robotisée et puis un vol de plusieurs dizaines (centaines ?) de cigognes, annonce Slatina, la première ville, la première épicerie que nous dévalisons presque....

Slatina










Nous pourrions camper dans les environs, mais l'orage menace, et la tentation d'une pension avec un bon lit et une douche est trop forte... Nous poursuivons encore 4 kilomètres jusqu'à Nuocsoara alors que l'orage est de plus en plus menaçant.

Notre arrivée fait un peu sensation. Un homme plutôt volubile, ne nous lâche plus jusqu'à nous conduire jusqu'à un magasin d'alimentation qui tient une « pensiune » Elle semble fermée, mais finalement elle ouvrira pour nous.

Encore le miracle : un orage monstrueux éclate....Heureusement que nous n'avons pas bivouaqué.

Nous ne mangerons que sur le pouce... Mais la nuit sera l'une des meilleures que nous ayons vécues depuis longtemps.


Nuocsoara












Le lendemain sera, fatigue et orages obligent, consacré à une longue balade paresseuse dans la ville, ses vergers, visitant les ruches itinérantes qui semblent une spécialité de la région, les bâtiments, cimetière et mairie pour essayer de retrouver, sans succès malgré la gentillesse d'une secrétaire de mairie francophone, trace d'autres membres de ma famille.

Ce n'est pas grave : la ville, totalement en dehors des circuits touristiques, est superbe... Probablement bien plus authentique que les « Draculae cities » voisines.

Nous sommes des warriors !

Lundi 27 mai

Départ sous des auspices pluvieuses, mais finalement ce ne sera pas si mal.

Drago, notre hôte, a du mal à nous laisser partir sans que nous ne lui ayons confirmé une dizaine de fois la qualité de son accueil.... Il nous accorde même une réduction sur le prix des chambres (qu'il avait certes un peu gonflé la veille) et la gratuité du repas.

Nous nous fourvoyons un peu pour trouver la route initiale, ce qui nous vaut un traversée plutôt humide de prairies et quelques rencontres avec des chiens aux crocs menaçants, mais cela se règle sans trop de dégâts.

Longue route d'approche bordée de résidences et de pensions blotties dans la vallée au pied de «Pietrei Craiului » une petite chaîne montagneuse encore bien enneigée.

Portails sculptés, petits troupeaux de chèvres et de montagne, passages de paysans en tracteurs ou carrioles à cheval. C'est l'image typique que nous nous faisions de la Transylvanie, mais, pour ma part, je n'imaginais pas les montagnes si élevées.

Pietrei Craiului (Pierre du Prince) ->











La suite de la randonnée est beaucoup plus ardue. Nous devons affronter une dénivelée de 500 mètres à près de 30 ou parfois 40 % de pente, et avec les lourds sacs, cela devient très physique, d'autant que les pluies précédentes ont laissé le terrain très glissant.

<_ Rando jungle









Heureusement la récompense arrive sur le sommet avec une vue superbe sur la chaîne montagneuse que nous gravirons, peut être si nous trouvons le chemin, dans les jours suivants.

Suit une marche sur la crête rendu parfois éprouvante par la présence d'énormes troncs abattus par des tempêtes précédentes en travers du chemin, ils faut littéralement les escalader uns par uns et bien sûr la vitesse de progression s'en ressent, puis au sein d'une pinède profonde où Françoise et moi ne pouvons nous empêcher de lancer de grands appels pour prévenir des ours éventuels de notre arrivée.... Mais ils resteront heureusement discrets.

Juste après avoir rencontré une cabane de berger, abri sommaire mais qui peut être bien utile, nous sommes embarqué dans une descente vertigineuse, encore plus casse gueule que les montées précédentes avant d'atteindre le refuge que nous visions pour la nuit.

Nous sommes les seuls utilisateurs de « Garofita » Dortoir très agréable, cuisine à disposition avec quelques restes laissés par les prédécesseurs, « salle de bain » fraîche et tonique, les WC sont à l'avenant.... Mais ce n'est qu'un refuge, et la vue est splendide. Le gardien est un vrai solitaire : taciturne et calme, il doit n'avoir le plus souvent que la compagnie de ses deux chiens (pour éloigner les ours) et d'une chatte.

   La salle de bain






Ce dernier, après quelques hésitations, finit par céder au charme de Françoise, nous dévoile quelques secrets d'itinéraires qui pourraient bien nous être utiles pour les étapes suivantes. Il nous avertit toutefois : il vous faudra 12 heures de marche -(Nous avons l'habitude!) mais vous allez vous perdre ! Nous ne nous en inquiétons pas trop, habitués à nous voir prévoir les pires dangers et difficultés, mais nous ignorons encore que nous avons fait la partie la plus facile de notre traversée.

Pour le dîner, ce sera une soupe de pâte concoctée par Françoise. C'est de la nourriture pour randonneur : on pourrait y faire tenir droit nos bâtons de marche.


Nuit calme. Le dortoir est chauffé, même surchauffé par l'une de ces magnifiques cheminées de pierre closes que nous trouvons un peu partout dans la région et qui allie à l'esthétique une indéniable efficacité.

Chauffage au bois


















Mardi 28 mai

Nous quittons le refuge de Garofita pour joindre celui de Voina. Nous avons encore les paroles du gardien en mémoire : il vous faudra 12 heures, mais (de toute façon?) vous allez vous perdre.

Au début tout paraît facile : le chemin est plat et généreusement balisé de triangles rouges. Le premier croisement n'est pas trop difficile à dénicher, mais très vite nous nous retrouvons en plein champs et bien sûr le balisage n'apparaît plus qu'à de très rares occasions, et évidemment comme à l'habitude, cela grimpe plutôt raide ! Heureusement nous rencontrons quelques bergers qui semblent connaître les chemins pour se rendre à Voina, même si leurs explications sont parfois un peu nébuleuses.

Plus d'une fois nous devrons errer au travers de prairies où le chemin a disparu pour retrouver une improbable marque de balisage à l'entrée de la forêt suivante, chaos de troncs et de branches emmêlés. Nous retrouvons les mêmes difficultés que la veille.

Pour se perdre nous nous perdons, mais petit à petit, conjuguant les ressources de la carte plutôt imprécise (la moitié de notre chemin se trouve dans le cartouche qui donne les légendes!) et de google map, quelques traversées à l'estime nous arrivons sur une éminence d'où nous découvrons, fugitivement, au loin le col Tefeleica qui constitue l'un des points de passages remarquable de notre route.

Ou est donc le chemin ?







Heureusement que nous avons eu cet aperçu, car la suite de la route est un petit enfer de branches cassées et entassées : jamais nous n'aurions eu le courage de continuer sans la certitude d'être, à peu près, dans la bonne direction.

Il nous faudra deux heures de bataille acharnée pour arriver au col....Nous commençons à ressentir les effets de la fatigue, mais il reste pas mal de chemin.

Ou est le chemin ? (bis)











Nous redescendons du col pour entamer derechef l'ascension, terrible évidemment, du suivant. Puis une longue, très longue descente vertigineuse vers la vallée suivante, et encore un long chemin, heureusement plat cette fois, car, épuisés, nous avançons comme des zombies, nous encourageant mutuellement : « Oui nous l'avons fait nous sommes des « warriors » ! Présomptueux ? Non ! Nous avons tous les deux l'expérience de randonnées difficiles (Françoise encore plus que moi) et celle là fait partie du « top »

Le refuge de Voina est là au bout de onze heures trente de dur cheminement, comme nous l'avait annoncé le gardien, mais avait-il compté les retards dus aux égarements dans cette estimation ?

Le miracle du randonneur est là de nouveau : le « refuge », accessible par la route du côté opposé à celui où nous sommes arrivés, est en fait un véritable hôtel avec une chambre confortable, douche chaude, et un restaurant où nous nous empiffrons de ciorba et de polenta...

Le repos du guerrier !!! Nous sommes heureux ! Mais surtout nous ignorons encore  la suite !!

Un premier bilan positif s'impose :

Nous avons la forme et sommes capables de venir à bout d'épreuves difficiles. Nous négocions bien les choix et les options , les engueulades sont inexistantes et nous restons très solidaires.

Nous n'avons pas rencontré d'ours !





Voina welcome ! (rangez les crocs)













Finalement les chiens de troupeaux, qui nous inquiétaient au moins autant que les ours, ne nous ont pas bouffé : certes ils montrent des crocs monstrueux et jouent l'intimidation, mais dès que l'on a pu saluer le berger et entamer la conversation, ce dernier les calme : c'est une tactique efficace à connaître et à suivre.

Encore faut il qu'il y ait un berger....

dimanche 26 mai 2013

Les miracles du randonneur

Jeudi 23 au vendredi 24 mai 2013

Et voilà. Nous avons quitté la capitale pour la Transylvanie. Brasov reste une ville importante : la seconde de Roumanie. C'est de nos jours une ville industrielle encerclant une ancienne cité construite au moyen âge par des résidents allemands (elle s'appelait alors Kronstadt) et c'est bien sûr cette partie qui offre le plus d'intérêt.

L'immense (une de plus grande d'Europe) église orthodoxe « noire » ainsi nommée à cause de la couleur des pierres touchées par un ancien incendie, domine la place centrale. Il reste de belles maisons bourgeoises et même quelques petits châteaux, à l'intérieur d'un cercle fortifié fermé par une porte qui limitait l'accès de la ville « allemande » aux Roumains cantonnés à l'extérieur.

La ville est dominée par une montagne abrupte. 400 mètres de quasi falaise au sommet de la quelle de grandes lettres blanches écrivent, à la façon Hollywood, le nom de la ville. Un téléphérique y amène les touristes friands de la vue sur la vallée et sur les premiers contreforts des Carpates. Mais nous savons déjà que pour nous ce sera une montée à pied....

Arrivés à Brasov sous une pluie battante, nous n'avons pas trop cherché à finasser pour trouver un logement. Le premier croisé, confortable mais un peu cher, fera l'affaire. Il nous permettra de poser nos affaires, pour visiter tranquillement la ville et découvrir en paix notre premier restaurant de vrai cuisine Roumaine. Ciorbas (soupes) pour nous deux... Délicieuses. La mienne est servie à l'intérieur d'un énorme pain creusé.

Pour le deuxième jour nous avons la bonne surprise d'une invitation de couchsurfer. C'est l'une des premières expériences de Vlad mais l'accueil n'en est pas moins parfait. Une belle maison dans la quelle il nous a réservé une chambre pour notre usage unique, et une invitation à partager un barbecue avec une bande d'amis, tous issus de la même école mais avec des parcours bien différents. Vlad travaille dans la video, son frère est encore étudiant, Bianca et Drago sont tatoueurs en Norvège ! Un autre couple avec qui la communication est plus difficile car ne parlant pas anglais, dont le mari est un auteur de bande dessiné réputé. Chaleureuse et agréable après midi puis soirée.

Auparavant nous aurons passé un peu de temps dans les nombreuses librairies de la ville afin de trouver les cartes qui nous permettraient de rallier à pied Brasov à Nuocsoara, ville natale de mon père, située quelques bonnes dizaines de kilomètres à vol d'oiseau d'ici, mais derrières des montagnes pas toujours faciles !

Lors du barbecue nous faisons également la connaissance du père de Vlad et de sa compagne. Cette dernière connaît assez bien les randonnées de la région, ce que Françoise apprécie particulièrement car la préparation des futurs itinéraires est loin d'être simple à la lumière des cartes fragmentaires dont nous disposons.

Samedi 25 mai

L'itinéraire de la randonnée est loin d'être parfaitement défini. Je sens que Françoise aimerait bien plus d'informations et plus de précisions. Et puis il y a aussi tout ce que l'on raconte sur les ours, les risques de mauvais temps, les chiens de bergers.... Mais à trop s'écouter on ne partirait jamais..

Nous démarrons en escaladant la montagne qui surplombe Brasov. Pour une mise en jambe c'est une mise en jambe ! Terribles montées dans un terrain parfois extrêmement glissant. Nous avons de l'entraînement certes, mais il date un peu, les sacs sont lourds... Heureusement il fait beau, et finalement au bout de quelques temps la forme revient.

Les paysages sont bien sûr somptueux. Premières impressions de forêts Vosgiennes ou Jurassiennes qui s'estompent rapidement lorsque nous nous retrouvons marchant à l'intérieur de cathédrales d'arbres gigantesques, découvrons des excréments d'ours en plein chemin et aussi quelques serpents probablement plus effrayés que nous.

Nous n'oublions pas non plus que nous sommes tout proche du prétendu château de Dracula... Mais nous ne comptons pas passer cette première nuit dehors, d'autant que nous avons oublié notre provision d'ail.

A la fin du parcours de la journée, il nous reste une dizaine de kilomètres pour atteindre notre étape, la petite ville de Zarnesti. Mais comme c'est uniquement de la route asphaltée sans grand intérêt nous optons pour l'auto stop. Après un courte attente nous voilà pris en charge par un conducteur chaleureux qui parle quelque mots d'anglais et nous dépose près d'une pension.

Il s'agit d'un week end chargé est la pension est pleine ! Mais les « miracles du randonneur » comme les appelle Françoise, se déclenchent toujours, juste au moment où l'on en a besoin ! Et là c'est une belle série qui nous échoit.

La patronne de la pension nous envoie en face. Une famille offre deux chambres toutes neuves, confortables et pas chères. Nous choisissons la plus belle. Il y a même du chauffage.

Le père de famille ne parle pas anglais, mais c'est un sacré bon bricoleur, et en quelques minutes il m'a usiné une petite pièce métallique qui va servir à rafistoler l'armature de mon sac à dos qui vient de céder quelques heures plus tôt. Le fils plus volubile nous concocte un repas sommaire mais délicieux. Au bout de quelques minutes nous voilà quasiment en famille. Le fils (encore un Drago... C'est la région!) parle de son pays, des ses projets. Il est plein d'enthousiasme. Son père nous fait visiter le pigeonnier : comme plusieurs habitants de la ville avec lesquels ils se mesure en courses acharnées, c'est un colombophile passionné.

Dimanche 26

Deuxième miracle du randonneur au dimanche matin : il pleut et il fait du vent... Ah bon c'est un miracle ça ? Oui car nous décidons d'attendre un jour de plus une méteo plus favorable et d'en profiter pour visiter la ville qui, heureuse coïncidence, héberge un « festival annuel » Il y a des boutiques, des stands, dont plusieurs de la gendarmerie, de secours en montagne.... Nous n'y trouvons pas de nouvelles cartes pour combler les quelques trous qui nous troublent, mais l'un des animateurs peut nous confirmer l'existence et la faisabilité de chemins dont nous n'étions vraiment pas sûrs.

Pour la première fois à Zarnesti nous nous sentons au coeur d'une petite ville rurale roumaine. Les maisons sont coquettes (sera-ce toujours le cas ?) les rues calmes parfois troublées par le passage d'une charrette à cheval.

Plus loin le marché du dimanche, et à côté du marché classique le « marché Rom » qui s'apparente plus à un déballage...Assez folklorique, mais j'y trouverais, pour 1 leu, »La » pièce de toile dont je rêvais pour finaliser la réparation de mon sac à dos. Françoise, elle, y trouve même la petite culotte qui lui manquait ! Bon certes ce ne sont pas les galeries Lafayette, mais y a t il autant de miracles aux galeries Lafayette ?

Ah et puis c'est un bon présage ! A Zarnesti il y a des cigognes !

Nouveau départ demain.... Donc pas d'inquiétude si le silence est long !

vendredi 24 mai 2013

La Fleur et le livre

Mardi 21 au Mercredi 22 mai 2013

L'arrivée et l'installation à Bucarest se déroulent de la meilleure façon possible. Le métro est direct jusque chez Rose, notre couchsurfeuse, qui nous attend à la sortie de la station.

Rose, souriante jeune femme (rousse!) habite avec son compagnon une maisonnette dans un quartier juste en périphérie du centre. Elle est plutôt citadine, mais son compagnon a recréé chez eux un amusant petit environnement agricole : de grandes tiges de houblon sont accrochées aux murs et grimpent jusqu'au toit, de nombreuses plantations légumières, nourries par un bac à compost, occupent la cour transformée en jardinet. Cela vaut l'agréable surprise de pouvoir consommer, entre autres, une bière parfumée entièrement faite « maison » , une limonade du même métal...

Il est difficile de faire abstraction des images « à priori » lorsque l'on arrive pour la première fois dans une ville, et il est donc amusant et instructif de les comparer avec ce que l'on découvre réellement.

Pour Bucarest j'avais l'image, tout en sachant bien que c'était en partie fantasmatique, d'une ville au centre en grande partie rasé pour permettre les constructions mégalomaniaques de Ceausescu, d'immeubles délabrés et des meutes de chiens sauvages dans les rues...

Et comme souvent la réalité ne correspond pas vraiment aux idées préconçues. Il est vrai que la perception d'un nouvel arrivant qui n'a pas connu les situations antérieures est quelque peu faussée.

On trouve un peu tout en flânant dans la ville. Des quartiers populaires et un centre plus branché, bourré d'étudiants et de touristes. Des immeubles de type HLM en très piteux état, et des réfections sommaires. Une grande quantité dans le centre de bâtiments historiques, construits en pierre de taille, et leurs successeurs en béton souvent

pseudo gothique. Dans certains quartiers on devine une certaine envie d'imiter la structure urbaine de Paris (Bucarest était avant guerre surnommé le « Petit Paris » de l'est) Grandes places type « étoile » avec avenues rayonnantes, y compris, près de la place du Général de Gaule, un arc de triomphe.

Évidemment on ne peut manquer de jeter un coup d'oeil au gigantesque palais de Ceausescu. un bâtiment follement démesuré (Le deuxième au monde en superficie!) 18 étages, 3000 pièces au centre d'une enfilade d'avenues type « Champs Élysées » mais aux bâtiments « classiques » en pur béton massif.

Une telle démesure induit un léger sentiment de malaise. des visites organisées existent, mais Rose nous le confirme : elles ne présentent aucun intérêt et flattent peut être un voyeurisme un peu malsain.

Bucarest n'est pas qu'une succession de monuments. La capitale du pays de Ionesco, Cioran, Brancusi, Ghergiu et bien d'autres est restée celle de la culture. Dans le centre et la zone universitaire, on compte autant de librairies que de boutiques de fleurs où d'églises orthodoxes : tous lieux d'activités qui semblent être des passions locales. S'y ajoutent la culture et la mode.

Les librairies sont magnifiques, souvent hébergés dans des locaux labyrinthiques à la décoration tarabiscotée. A côté de l'une d'elle un immense café en plein air où se retrouvent des consommateurs pour un verre ou une lecture. Essentiellement des jeunes bien-sûr, mais pas uniquement.

Nous aurons également l'occasion de passer quelques heures au sein d'un passionnant musée en plein air : celui de l'habitat et du paysan roumain où sont représentés, comme le nom l'indique, les principaux types d'habitats en fonction des régions et des époques. Le temps, la mosaïque culturelle et sociale du pays et les différentes conditions climatique en font un assortiment varié de solutions de constructions. Des huttes semi enterrées aux maisons des Marmarures composées d'épaisses planches de chêne plusieurs fois centenaires.

Le lendemain départ en train pour Brasov, l'une des villes touristique les plus appréciées du pays et surtout pour ce qui nous intéresse, lieu de départ de nombreuses randonnées pédestres à travers Carpates et Transylvanie.

Le voyage est l'occasion de se rendre compte de la gentillesse Roumaine. Ayant acheté mon billet de train à un automate, je ne me rends compte seulement qu'en arrivant au train que la machine ne m'a délivré qu'un billet pour une personne alors que j'en ai bien payé deux ! Nous décidons de tenter l'impasse.

Évidement le contrôleur arrive et nous fait remarquer le problème. Je dispose heureusement de la facturette de la carte bancaire. Très troublé le contrôleur retourne dans sa cabine d'où nous l'entendons longuement téléphoner. Ce n'est qu'un heure après qu'il repassera, nous expliquant avec un grand sourire que la gare a en effet constaté que le deuxième billet était resté coincé dans l'automate...Je ne sais si en France ses homologues se seraient donné tant de mal.

Nous resterons un ou deux jours à Brasov pour attendre la fin de la pluie. Départ ensuite en randonnée, en « autonomie » Il n'y aura pas de billet avant un certain temps....

La Revedere...

mercredi 22 mai 2013

Au long du Danube

Vendredi 17 au lundi 20 mai 2013

Le bus qui nous emporte de Munich à Budapest est parti de Berlin, ce qui explique son retard et aussi le fait que nous n'ayons pas trouvé de place côte à côte. Pas question qu'un passager accepte un échange pour que nous puissions reformer le « jeune couple » Les visages fermés, opposés à nos premières demandes, sont éloquents.

Quelques heures de sommeil entrecoupées de traversées de villes mythiques : Salzbourg, Vienne, … Le jour se lève sur une impressionnante forêt d'éoliennes. Il y en a à perte de vue, des centaines !! Surtout en Autriche, mais les implantations se continuent après la frontière Hongroise. A l'évidence ces régions ne jouent pas dans la même cour que la France pour la production de « renouvelable » !

L'artère qui relie Munich à Budapest est certainement de première importance pour le trafic trans Europe de l'Est. Les longs rubans de poids lourds qui nous accompagnent en sont la preuve. Le Danube, dont nous suivons le cours, reste invisible, masqué par de douces collines plantées de vignes et parsemées de villas coquettes alternant avec des plaines riches : céréales, pâturages.

Arrivée à la gare routière de Budapest presque à l'heure : le retard a été rattrapé.

Une arrivée matinale dans un nouveau pays est toujours l'occasion de quelques pataugeages. Par quoi commencer ? Prendre un petit déjeuner ? Repérer l'adresse de nos futurs couchsurfers et la façon de s'y rendre ? Pour cela il faut un plan avec les stations de métro, et donc un peu d'argent, … Mais tout se remet en place assez rapidement et facilement.

Nos hôtes, Sarah, Thomas et leurs deux enfants Hanna et Vera habitent en plein centre vile un appartement plutôt étonnant au sein d'un immeuble qui ne l'est pas moins. Des cours intérieures plantées d'arbres, des escaliers majestueux flanqués d'immenses colonnes corinthiennes, des passerelles...

L'appartement est composé de quelques pièces immenses, 4 mètres sous plafond. Nous dormirons dans la pièce commune.

Découvrir rapidement de l'intérieur la vie locale est l'un des avantages du couchsurfing. L'accueil est bénévole, mais il est d'usage pour les invités d'offrir un présent symbolique, la préparation d'un plat de son propre pays...Nous restons simples. Françoise composera une quiche sans pâte, je me lancerais dans des œufs à la neige. C'est l'occasion pour la famille de nous faire découvrir le vieux marché du centre de Budapest qui est aussi une attraction touristique réputée pour son architecture. Chemin faisant nous sommes l'objet de l'attention des deux fillettes (11 et 10 ans) Curieuses et spontanées, leur conversation est étonnement riche et mûre. Elle parlent un Anglais parfait, qui ne doit rien à l'école mais seulement à leurs parents (Le couple mixte alterne anglais et hongrois) et aux passages des couchsurfers.

Cette ouverture leur sera utile : la famille doit prochainement s'installer aux Pays Bas pays d'origine de Sarah.

Budapest est une ville double. Buda à l'ouest et Pest à l'est séparées par le Danube mais reliées par 5 ponts aux architectures aussi étonnantes que variées. Nous résidons à Pest qui sera l'objet de notre première demi journée de visite.

Ce qui frappe tout de suite l'attention ce sont les immeubles. C'est un festival de façades tarabiscotées, de balcons ornés de sculptures généreuses.

On y reconnaît parfois, assez rarement finalement, un style un peu pompier, « Socialiste » Mais la variété est impressionnante.

Art déco, néo renaissance ou gothique... Il est très agréable de flâner au sein d'une population détendue et souriante, dans des rues plutôt coquettes, entrecoupées d'immenses avenues et boulevards. Les transports en communs sont denses et variés, et gratuits pour tous les européens de plus de 65 ans.

Nous profitons de cette première journée pour nous rendre dans l'une des trois gares de la ville afin d'acquérir un billet de train pour Bucarest, notre prochaine étape. Accueil impeccable courtois et efficace d'une employée qui s'excuse presque (et à tort) de ne parler qu'un « petit peu anglais » Retour par le quartier juif. Il ne subsiste que de rares vestiges de l'ancien Ghetto. La synagogue en revanche est magnifiquement conservée.

Soirée chaleureuse avec nos hôtes. Les fillettes sont insatiables. Elles apprécient particulièrement mes vieilles histoires de requins et les cours de danse de Françoise.

Dimanche

Journée de visites variées et longues marches.... C'est le début de l'entraînement !

Départ de Pest, proche du vieux marché puis traversée du Danube en direction de Buda pour gravir la colline du Château et de la citadelle. Il n'y a pas grand chose à voir sur cette dernière en matière de constructions. Les promenades à flanc de collines sur les nombreux sentiers qui y sont tracés sont en revanche très agréables, éloignés des bruits de la circulation et occasions de points de vue superbes sur les sites emblématiques : la colline du Palais Royal de Pest, et, juste en face, en réponse « sociale » , l'extraordinaire Parlement de Buda.

Le Palais Royal lui même héberge un musée qui sera, j'espère, l'objet d'une autre visite.

Le reste de la colline est occupé par un lacis de charmantes petites rues et maisons calmes, au détour des quelles nous attendent quelques surprises comme une originale Trabant ou cette statue équestre dont la monture de bronze est dotée d'organes génitaux polis par de nombreuses caresses.

Nous marchons, nous marchons toujours....

Budapest est bâtie sur un faille géologique offrant de généreuses possibilités de thermalisme. Les bains sont une spécialité réputée. Rien de mieux donc pour se délasser d'une longue marche que de tester les plus grands d'entre eux : ceux de Kereli. Une douzaine de bassins intérieurs aux températures variées (de 20 à 40 degrés) Des salles de hammam, des saunas, un amusant hippodrome nautique....Et dehors encore plusieurs bassins dont un « Olympique » réservé à la natation.

Les lieux sont très fréquentés, mais la superficie disponible permet de ne pas se sentir envahi par la foule.

Les bains sont situés à l'intérieur d'un grand parc boisé et bordé de lacs où canotent les Budapestois. Sur les rives des « Guinguettes » où l'on peut déguster la spécialité de la ville : le « Spitzer » mélange de vin blanc et de limonade dont les proportions, fonction de l'heure et des occasions, sont l'objet de toute une culture. Nous y retrouvons Thomas, un autre couchsurfer qui s'était également proposé pour nous héberger, il connaît Françoise de réputation à travers le réseau des hébergeurs, ayant lui même hébergé « Jennifer » l'une des hôtes pékinoises de Françoise.

Agréable soirée et repas « Hongrois » avec nos hôtes. Non ce n'est pas de la goulash !!! Mais une sorte de ragoût accompagné de choucroute.... Délicieux.

Lundi

Dernière journée. Sarah nous propose de l'accompagner à Szentendre (comprendre « Saint André »!) petite ville située à une quinzaine de kilomètres. De Budapest.

Charmante petite ville résidentielle de banlieue. Au bord des rives du Danube, n peu ville musée, très touristique, mais il est possible de s'échapper vers des ruelles moins fréquentées et moins envahies de boutiques. La ville est pleine de pavillons charmants et.... D'églises !

Promenades sympathique, essai de la spécialité culinaire du coin (en fait revendiqué aussi paraît il par les Serbes et les Roumains!) une sorte de tortillon de pâte intermédiaire entre pain et gaufre,enroulée autour d'un manchon, puis garnie de parfum variés et cuite sur un feu de bois. Amusant certes....

Retour en ville pour de nouvelles flâneries architecturales et « bistrotales ».... Nous devenons de vrais Budapestiens.


Adieux et grosses bise... Nous nous rendons, un peu en mode stress, car en retard, dans la gare d'où doit partir notre train pour Bucarest. Évidement le convoi se trouve sur la dernière voie au fin fond de la gare. Mais on y arrive avec 5 bonnes minutes d''avance.

Compartiment couchette confortable, literie très honorable. Nous avons le plaisir d'être seuls dans le compartiment, retrouvant un peu de l'intimité perdue depuis le départ... Bonne nuit.

La traversée de la Roumanie le lendemain matin donne un bel avant-goût de ce qui nous attend. Longues plaines où se pressent les paysans en carrioles à cheval (la mécanisation semble rare ici) Villages aux petites maisons modestes et colorées. Villes industrielles avec immeubles HLM cauchemardesques, paysages de montagnes enneigées spectaculaires (on va vraiment aller là???) et douces collines chaleureuses : Ca cela fait envie.....

dimanche 19 mai 2013

Brêves de Bavière

Mercredi 14 au Jeudi 16 mai 2013

Les deux jours précédents ont été denses en préparatifs, formalités de dernières minutes.... Ne pas oublier... Quelques visites, souhaiter l'anniversaire de Nicolas, préparer les éléments pour la déclaration de revenu, choisir une bonne carte topographique de Roumanie, quelques médicaments, une assurance, le dernier accessoire indispensable, ceci en jonglant avec les retards et pannes de RER, un dîner sympathique en compagnie de la « Tigresse des Carpates » la charmante Gabriela pour récupérer quelques tuyaux de dernière minute.... Bref l'habituelle montée en pression avant le départ.

Mais tout arrive. Présents à 21h30 à la gare routière de Gallieni pour un départ, théorique, à 22h00 nous partirons avec à peine 15 minutes de retard. Pour notre confort moral nous ignorons encore que ce sera la meilleure performance d'Eurolines sur ce coup !

La gare est immense, mais quasiment vide. Le bus moyennement confortable : on voit nettement mieux en Asie. Nous nous retrouvons placés entre un pochard agressif et bavard et un malade dont les poumons et la trachée résonnent comme une station d'épuration. Bon, boules Quies aidant, nous trouvons un peu de rare sommeil.

Le chauffeur ne dort pas lui... Mais cela ne l'empêche pas de commettre des bêtises. Il commence par fumer au volant, vite remis en place par nos voisins de devant, un couple de noirs au gabarit très convaincant de basketteurs américains : ils n'ont même pas besoin d'élever la voix ... Ensuite il se trompe de route, gaspille énergie et temps en manœuvres mystérieuses à l'intérêt obscur. Pertes qui s'accumulent encore en arrivant à Stuttgart à l'heure des bouchons.

Malgré une forte présence industrielle le site de la capitale du Bade Wurtemberg est très agréable. Beaucoup de verdure, de parcs. Le Neckar serpente entre de douces collines couvertes de vignobles. Et puis je me rappelle que c'est la ville de mes premiers « émois » !

Malheureusement nous restons parqués au sein d'une gare routière. Pas de « pipi » (les toilettes du bus sont hors service) Il ne reste qu'à prévenir Dariya qui avait gentiment proposé de nous attendre à notre arrivée à la gare routière de Munich : l'ETA sera aussi tardive qu'incertaine.

Finalement malgré ses plaquettes fanfaronnes, les services de la compagnie Eurolines sont de piètre niveau. Certes il n'y a pas de cracheurs de bétel à bord, ni de transport de poules et cochons, mais finalement c'est tout juste mieux qu'en Birmanie ou au Laos (où de plus le sourire est en prime et les arrêts repos bien gérés) et très en deçà de la Chine et encore plus de la Thaïlande. Il est vrai que là bas la concurrence joue à fond, et on se bat pour capter et garder le client.

Région très verte entre Ulm et Augsburg. Alternance de paysages de bocages et de forêts de pins. Cependant la présence fréquente d'énormes éoliennes et de vastes « champs » de panneaux solaires, surmontés dans le lointain par la silhouette de quelques clochers en bulbes, rappelle que nous ne sommes plus en France.

L'arrivée à Munich, à la gare routière dont le nom met en joie les voyageurs francophones,  aura finalement lieu avec à peine trois heures de retard. Dariya a du partir travailler, mais elle nous a envoyé un texto avec l'itinéraire et la méthode pour récupérer ses clés. La douche est bienvenue.....

Moyennant la promesse « suggérée » de cuisiner une « ratatouille » Dariya nous a laissé la disposition de deux vélos. Et comme Munich est vraiment une des villes les plus « bike friendly » que je connaisse, nous n'hésitons pas, une fois les légumes nécessaires acquis, à profiter de l'après midi pour une visite.

Première pour Françoise qui prend autant de plaisir à découvrir l'architecture sophistiquée et foisonnante du « Rat Haus », les antiques murs de briques du Dôme, que les statues habitant les brasseries et les sandwiches au poissons fumés.

Retour ensuite dans l'appartement pour honorer notre promesse. Nous aurons le plaisir de partager repas et soirée non seulement avec Dariya, mais aussi avec ses amis Nicolas le Colombien que j'avais hébergé à Paris, et Albert son copain Munichois qui se révèle un redoutable connaisseur, et fournisseur, en vins locaux.

Après une nuit somme toute bien réparatrice nous voilà en pleine forme pour une visite plus approfondie qui aura lieu le ….

Jeudi

Grüss Got.

Les petits déjeuners Munichois sont solides, et cela convient bien à nos organismes affamés. Ensuite, Dariya qui a probablement choisi de faire fortune dans un trafic de vélos (elle en possède 4!) nous sert de guide pour une visite plus approfondie et documentée de ce que nous avons pu faire hier. Aux grands classiques déjà parcourus, nous ajoutons la séance de surf urbain sur « la » vague de l'Isar, une longue balade dans l'immense « english garden » présenté comme le parc urbain ayant la plus grande superficie au monde, et maints autres sites « cultes » pour terminer, je suis quand même avec deux filles ! Par des visites de magasin, et aussi une des célèbres brasseries de Munich.

Il y a déjà de longues et détaillées description de Munich dans ce blog et je n'y revient pas.

Le soir nous nous rendons à la gare routière pour attraper le bus réservé en direction de Budapest. Par prudence nous gérons une arrivée en gare une demi-heure avant le départ annoncé à 22h30.

Bien sûr le lecteur attentif l'aura deviné.....Le bus affiche (non d'ailleurs rien n'est affiché, mais les employés font courir la rumeur) un retard «indéterminé »

Pendant que j'en profite pour pousser la rédaction du blog, Françoise elle joue l'option « clochard » jusqu'à l'arrivée du bus, une heure et demi plus tard.

Wiedersen !

vendredi 10 mai 2013

Pluie d'étoiles sans étoiles mais avec pluie

7 au 8 mai 2013

Mercredi

C'est décidé, nous partons. Direction la Roumanie, … Les ancêtres, Dracula (aucun rapport avec ce qui précède, et les ours et les chiens des Carpathes sont probablement plus à redouter) La Transylvanie, les « Portes de Fer », …. De belles randonnées en perspective.

Nous ne comptons pas nous y rendre brutalement, privilégiant de longues et douces manœuvres d'approche. Ni avion, ni train nous débarquant directement au cœur de la capitale. Plutôt quelques étapes en bus. Un peu à l'inspiration, et aussi parce que le trajet s'aligne bien sur le cartes, nous retenons Paris, Munich, Budapest, …

Une étape préalable : Paris car Françoise à un enregistrement à effectuer le 15, et, préalable au préalable, quelques jours en Auvergne, précisément à Craponne sur Arzon pour participer aux « RAP » dont mon frère est l'un des organisateurs.

-  Tiens tu t'intéresses à la musique contemporaine maintenant ? C'est nouveau..»

- Euh pas vraiment. »RAP » est l'acronyme de « Rencontres Astronomiques de Printemps »

- ??

Il s'agit de ce que nos amis américains, très férus de la chose (mais nous les rattrapons) nomment une « Star Party » : quelques centaines d'astronomes amateurs se réunissent quelques jours... Quelques nuits (!) pour des séances d'observations et d'échanges. Chacun est fier de montrer ses instruments, ses bricolages personnels et bien sûr géniaux, organiser des conférences, …. La nuit on observe le ciel, le jour les instruments des copains.

…..

Bon allez Françoise, il est temps de te décrocher de ton mur, on part....

…..

L'observation astronomique c'est plutôt mon truc. Françoise manifeste bien sûr un intérêt solidaire, mais elle est moins concernée. Nous avons donc décidé de la répartition temporelle des occupations : à moi les nuits pour observer, à nous les journées pour randonner …

  • Euh tu n'as pas l'impression de t'être fait rouler là ? Tu dors quand ?

  • Rouler ? Non ! C'est mon choix. De toute façon comme la première nuit il a plu, et bien j'ai dormi. Pareil d'ailleurs pour la seconde..... Narrons donc les randonnées.

Nous voici donc arrivés à Craponne sur Arzon, grâce à la voiture aimablement prêtée par Louise afin de palier le vol récent de notre véhicule.

« Il pleut.... Il pleut sans cesse.... L'âpre hiver tombe en avalan ».... Non pardon pour ce pillage Victor, nous n'en sommes quand même pas à ce stade, mais bon enfin, l'option randonnée se révèle vite la seule disponible.

Mercredi après midi, nous nous rendons donc à la proche cité de la «Chaise Dieu »  qui a le bon goût d'héberger un office du tourisme ouvert le 8 mai, où théoriquement, il est possible de dénicher des cartes de randonnées. … La pratique n'est pas à la hauteur de la théorie : il semble d'ailleurs, par expérience, que les employés des offices de tourisme, charmants au demeurant, donnent l'impression de ne jamais avoir quitté leur bureau, en tout cas d'ignorer totalement ce qu'est la randonnée. Mais à partir de plaquettes, prospectus et cartes touristiques pas vraiment adaptées, nous arrivons à nous débrouiller, et puis Saint GPS (à nous deux nous en avons trois) nous épaule quelque peu.

Une fois la pâtisserie locale mise en coupe réglée par Françoise nous entreprenons une courte balade en direction de la « Rivière d'or » ainsi nommée pour la couleur rougeâtre de ses eaux. Couleur plus due à l'oxyde de fer qu'au noble métal, mais ne gâchons pas le rêve.

Promenade en zone humide (cela tombe bien!) au sein d'une épaisse, et parfois très sombre, forêt de pins sylvestres permettant quelques découvertes herboristiques. Mousses, fougères... A travers les sombres frondaisons, la rivière offre un aspect assez fantasmagorique.

Ce n'est qu'une mise en bouche, nous ferons mieux demain.

Jeudi 9 mai

La météo annonce des pluies intermittentes pour la journée et intenses pour la nuit. Il est donc inutile de se réserver. On nous a signalé de belles balades à faire près d'un village restauré au nom peu euphonique de Chalancon (sans cédille!)

Nous ne possédons pas vraiment de cartes détaillées, mais il existe une brassée de sentiers balisés. Certes sans indication de sites visités ni de distances. On fera confiance à l'instinct et....A nos trois GPS qui parfois sont d'accord entre eux !

Le village de Chalancon qui remonte au 12ème siècle, est entièrement habité par une poignée de passionnés qui ont fait un extraordinaire travail de réhabilitation. C'est, malgré la teinte sombre des pierres volcaniques, donnant un étrange petit côté Celte, magnifique et sans aucune faute de goût. Il est dominé par un château si semble avoir jailli d'un éperon de granite, flanqué d'une petite église romane aux murs de pierres polychromes.

L'ensemble domine les gorges de l'Hance dont le murmure rythme le chant des oiseaux.

Les habitants ont aménagé quelques pièces d'une maison en petit musé rempli d'outils anciens.

Peu de visiteurs car l'accès ne se fait que par un chemin caillouteux et escarpé, ce qui, ajouté à la distance du plus proche parking, décourage les visiteurs non équipés de chaussures de marche.

Du village on dégringole au fond de la vallée où galope la rivière. Elle se traverse par le « Pont du diable » dont l'architecture rappelle celle de son éponyme situé sur l'Ardèche. Est-ce que le « Malin », sensé en être l'architecte, aurait manqué d'inspiration ?

L'autre versant de la vallée est occupé par d'épaisses et sombres forêts de pins sylvestres alternant avec des passages plus clairs envahis par de la végétation de zone humide : mousses épaisses, fougères, bruyères, genêts au parfum entêtant. On devine encore de multiples lignes de terrasses bâties en pierres sèches, témoignages d'une intense activité agricole aujourd'hui disparue.

Après ce passage vraiment superbe, nous tentons de rejoindre la vallée au droit d'un pont qui nous permettrait de traverser la rivière pour terminer notre boucle. Descente à « l'estime » sur la foi des indications succinctes des GPS. C'est raide et casse gueule... D'ailleurs je me prends une gamelle qui heureusement ne se solde que par quelques écorchures.

Le pont trouvé et traversé permet d'atteindre un vrai bistrot de « bougnat ». Il y a là une dizaine de consommateurs, plat unique (Tripoux?) et boisson imposée : du « Regal Bar » vin rouge à la couleur intense proposé dans de vraies bouteilles « 5 étoiles » Nous étions persuadés que cela n'existait plus ! Mais nous ne pousserons pas le goût du retour à l'authentique jusqu'à tenter ce rude breuvage d'homme. Nous nous contenterons de bière et chocolat chaud pour arroser le casse croûte que nous disputeront les deux chiens, le paon et le lapin qui traînent sur la terrasse.

Nous marchons depuis près de 3 heures et demi, et il devrait en rester autant pour regagner notre point de départ en escaladant l'autre versant. Mais la pluie qui s'intensifie nous motive à pousser les feux et découvrir tous les raccourcis possibles pour ramener ce délai à deux heures.

Fourbus, trempés, mais heureux comme des rois de cette superbe balade, à prendre comme entraînement pour les jours à venir, nous serons dans les temps pour regagner le campement des astronomes : c'est qu'il ne faudrait pas non plus louper l'heure de l'apéro.

Pas d'observation nocturne, les nuages enchaînent les averses. Petit sommeil pollué par des voisins braillards et enivrés, que j'arriverais finalement à calmer en m'asseyant au milieu d'eux, les pieds sur la table, sans prononcer une parole. L'inquiétude généré par cet hurluberlu silencieux suffira à les déstabiliser et les envoyer au lit. Heureusement car à un contre trois, même alcoolisés, je n'étais pas sûr de faire le poids.