Mardi 28 février 2012

Cette fois me voici bien installé ! J'ai eu le temps car les cours ne commencent réellement que demain, et c'est très bien car ils restait quelques réglages à effectuer. Hier soir, après une longue soirée dans mon bar à bière préféré (Bonne musique produite par un duo  de guitaristes chanteurs Chinois et Suédois, et patronne ravissante et surtout qui me consent facilement un rabais sur la Beer Lao Dark, finalement bien plus agréable que les bières Chinoises) J'ai essayé de regagner ma chambre « universitaire » pour m'apercevoir que la porte d'entrée fermait à 22h00 et que le cadenas restait obstinément indifférent à toutes les sollicitations de la clé que l'on m'avait remise. Il m'a fallu, comme un voleur, escalader le mur d'enceinte de plus de deux mètres pour regagner mon abri. Heureusement ni flics ni chiens à proximité.

Puis lorsque j'ai voulu allumer la couverture chauffante du lit... Crac...une gigantesque étincelle, puis plus rien : couverture neuve de fabrication Chinoise, n'épiloguons pas. Comme le thermomètre flirte avec les  moins 4 durant la nuit, qu'il n'y a aucun chauffage et que l'étanchéité des fenêtre est plus que relative, j'ai du dormir avec mes sous-vêtements technique de randonneur (Fabriqués au Québec : c'est du sérieux !)

Petits problèmes réglés en matinée : le gestionnaire m'a montré, en rigolant, où se trouvait la porte officielle ! Celle que ma clé ouvre !!! (Sans commentaire) et nous avons piqué une couverture dans une autre chambre.

Ensuite premier petit déjeuner dans un vrai restaurant Chinois, un de ceux où ne vont jamais d'occidentaux. Pas un mot d'anglais, mais de vrais sourires. Les patrons se sont installés face à moi pour me dévisager pendant que je mangeais ma soupe de nouilles, et m'abreuver de thé et de conseils sur les « bonnes manières »... Renifler est mal vu (mon rhume est bien sûr revenu) en revanche cracher ne pose aucun problème. Le restaurant ne disposait que d'une seule fourchette que j'ai donc laissée à sa solitude égoïste, mais quand j'ai demandé une cuillère (un des nouveaux mots de mon vocabulaire) pour finir le reliquat de soupe on m'a apporté, l'air un peu étonné... Une louche ! J'ai donc fait comme tout le monde, c'est à dire bu au bol avec de grands slurps après avoir poussé les nouilles directement dans ma bouche avec les baguettes au lien de m'embêter à essayer de saisir plus ou moins agilement les serpents visqueux et glissants. En revanche question piment j'ai assumé, avec sourires approbateurs du patron.

Rien à voir avec les restaurants et hôtels de la vieille ville où le personnel est formé et entraîné à la « Japonaise » : tous les matins cuistots et serveurs, encadrés par un animateur, manifestent leur « joie d'aller travailler » par des chants et slogans proférés en groupe devant la porte de ce qui doit être une école hôtelière.

Nouvelle négociation chez le loueur de vélo... J'ai pu arracher environ 50€ par mois, ce qui est encore élevé vu que les bicyclettes de ce type en valent à peine le triple, mais cela me convient ainsi : mon autonomie « véhiculaire » est donc assurée.

En farfouillant les jours précédents sur Google Earth, j'avais été intrigué par Shengsemu un petit lac à l'est de Lijiang. Pas vraiment indiqué sur les cartes, ni référencé dans les guides. Sur ses bords une grosse structure qui ressemblait à un barrage. L'ensemble étant situé en pleine forêt, enchâssé dans les montagnes, pas très élevées de ce côté de la ville. En route donc vers le mystérieux artefact. (Voir le site Shengsemu dans les Liens Google Earth a jour que je vous donne régulièrement)

Route pénible : elle longe plusieurs gigantesques cimenteries et d'énormes camion font la noria entre celles ci et probablement le chantier d'autoroute plus loin à l'ouest. La « chaussée » est défoncée et poussiéreuse et l'on se sent bien misérable à vélo.

Heureusement l'endroit visé n'est pas trop éloigné, et les pentes raisonnables. Il s'agit bien d'un barrage « poids » tout neuf qui retient, en un joli lac artificiel, les eaux de la rivière en amont et permet de les redistribuer régulièrement dans la vallée de Lijiang couverte de rizières en terrasses. Un gardien, accompagné d'un gros chien loup, sort de sa guérite au moment où je m'approche de l'ouvrage. Sourires, gestes, j'obtiens l'autorisation de le traverser pour me rendre sur la rive en face, plus calme, en plein bois de pins. Le vent est violent et j'ai du mal à avancer droit sur la crête du barrage.

De là un labyrinthe de sentiers s'entrecroise dans le chaos de collines boisées : il y a des jours de randonnées à faire par ici, mais gare à ne pas se perdre : je ne rencontrerais dans les heures suivantes qu'un seul passant, de plus armé d'un long fusil... On se croirait dans Colomba ! Par sécurité j'allume le GPS en mode enregistrement.

Le bords du lac, couverts de bouquets de pins torturés à travers les quels scintillent les eaux azur ont des allures, vent aidant (mais pas la température encore très basse) de calanques Méditerranéennes. Des dizaines de canards sauvages font des exercices de décollage et d'amerrissage avec un bruit qui, dans le silence ambiant, semble infernal. Mais détails caractéristique, les bois sont remplis des habituelles tombes fleuries de plastique et de bandes d'aluminium.

Vers la fin de la ballade je débouche sur un village isolé. Détail plutôt amusant, alors qu'il n'est accessible que par des chemins de terre, les rues sont entièrement en ciment, creusé de traces de pattes de volailles et de chien à qui les habitants n'ont pas du expliquer qu'il fallait attendre le séchage avant de marcher dessus. Le village est presque vide : la majorité des habitants travaillent dans les rizières voisines. Seuls quelques vieux, un peu soupçonneux, surveillent mon passage.

C'est l'occasion d'examiner en détail les habitations « Naxi » telles qu'elles sont utilisées, et non pas les reconstitutions plus où moins heureuses de la vieille ville de Lijiang. Les granges, et parfois les locaux habitables les plus modestes, sont construits sur un socle de granite supportant une charpente de bois qui sert d'armature à une triple, parfois quadruple (il fait froid ici) rangée de briques de terre séchée au soleil formant le premier étage. Le second lui est en bois et ne dispose pas de plafond : il sert plutôt de stockage que de logement.

Les fermes et maisons d'habitation sont plus confortables : une enceinte de pierre entoure une grande cour pavée de pierre avec autour 3 ou 4 ailes d'habitations et de granges. L'enceinte est invariablement fermée par de belles portes de bois peintes de motifs aux vives couleurs. Les ailes d'habitation elles sont entièrement en bois, souvent décoré de frises ou de sculptures. Nul risque de se croire dans un village agricole du Beaujolais ou de Normandie. Comme toujours chez les Naxis il y a débauche de fleurs partout.

Grâce au GPS j'arriverais à revenir en une boucle sur Lijiang, évitant cette fois l'enfer de l'autoroute cimentière.... Encore quelques courses utilitaires au Super Marché, dont, je peux maintenant me le permettre, un stock d'eau potable, de produits de ménage et de lessive, des fruits, quelques aliments de secours.... la chambre ne dispose pas de frigo, mais pour encore un mois le frigo c'est... La chambre.

Tout est prêt. Ne restent que la douche et... La bière vespérale.  Les découvertes ne sont cependant pas terminées car Google Earth me montre d'autres barrages, plus éloignés. Quoique au vu des lacets de la route qui y mène l'aventure doit être musclée ! J'attendrais pour cela d'avoir plus exploré les endroits proches.