Samedi 3 au lundi 5 mars 2012

Toujours des rencontres pleines d'intérêt. Jusqu'à cette année les Israéliens croisés en Asie, plutôt rares d'ailleurs, ne m'avaient pas laissé ne excellente impression. Souvent bruyants et arrogants. Mais cette année toute une série s'est succédé à Lijiang. Coïncidence peut être car d'après ceux que j'ai rencontré ils sont assez rares à voyager en Asie, donnant en général la préférence à l'Amérique du Sud. Cette fois ils sont beaucoup plus sympathiques. Peut être est-ce aussi mon regard qui change.

Imery et Tamara forment un jeune couple bien attachant. Ouverts, curieux, dynamiques. Ils ont décidé de s'offrir une longue période de voyage entre leur service militaire (3 ans!) et la reprise des études. Tamara en particulier m'impressionne : petit bout de femme d'à peine 1,60 mètre, études scientifiques de haut niveau, elle a passé son service militaire à entraîner les pilotes de chasse Israéliens sur simulateurs de vol.

A première vue sa simplicité et son sourire, et même une apparente timidité, masquent une forte personnalité et volonté qui transparaît lorsqu'on la connaît un peu mieux. Et j'imagine qu'il en fallait pour survivre dans le milieu des pilotes qui doit être (à moins que je ne sois encore victime d'un préjugé) assez macho.

Le dimanche a ensuite été consacré à une longue randonnée dans les environs de la colline de « l'éléphant » Celle là précisément dont les cerbères interdisent l'entrée aux groupes inférieurs à 4 personnes. Mais maintenant que la région m'est familière je connais les passages « secrets » permettant d'entrer dans le domaine en évitant les contrôle, ce qui me donne la joie au retour de passer par les check points en laissant les coordonnées d'une personne qui sort mais n'est jamais entrée. Gaminerie certes, mais les pays « pointilleux » comme la Chine ou l'Inde excitent mes envies de provocations gratuites : c'est la revanche de « l'administré » sur la bureaucratie.

En tout cas les chemins escarpés sont un excellent outil de maintien de la forme physique et aussi de la lutte contre le froid.

Lundi a été consacré à l'étude. Je commence à me « désensibiliser » de la tendance à utiliser l'Anglais et les signes... Les progrès sont lent, mais, du moins à l'oral, il m'est possible de demander mon chemin, commander au restaurant, réclamer verre, fourchette,...Réclamer l'addition en respectant un minimum de formalisme et de courtoisie. Et à l'oral et à l'écrit je maîtrise bien maintenant les chiffres, ce qui permet de compter, et une bonne partie des expressions calendaires et temporelles. Très basique encore, je n'en suis pas à pouvoir compter ….Fleurette... Mais Beijing ne s'est pas fait en un jour.

En soirée une bonne surprise (pour moi, mais une petite déception pour eux) : le retour de Carole et Bert ! Les récents événements dans le Sichuan (suicide d'un moine Tibétain en particulier) rendent les autorités paranoïaques et ils n'ont pu obtenir de permission pour se rendre à Chengdu par la route directe en longeant la frontière (pourtant relativement éloignée) du Tibet.

Soirée sympathique donc à parler d'un peu tout, et pas seulement de technique vélo « au long cours » malgré mon vif intérêt pour la chose, car ce sont des personnes cultivées et pleines d'ouverture d'esprit. Nous avons aussi confronté nos vues sur le « pinpointing » c'est à dire la conception Chinoise souvent assez rigide pour nous de la réglementation.

Le règlement c'est le règlement et il est inutile de discuter pour obtenir assouplissement ou tolérance. En revanche on peut assez facilement les désarçonner par une action de « désobéissance » tranquille et affirmée car ils ne s'y attendent pas. L'exemple de Bert, vidant autoritairement la soute du bus de ses bagages pour y enfourner le tandem alors que, malgré la place disponible, le chauffeur ne voulait pas prendre de vélo, est caractéristique : le chauffeur a accepté le « fait accompli »

Idem lorsque la cerbère du parc ne voulait pas me laisser passer : J'ai simplement dit « Non » avec le sourire et je suis entré...Aucun Chinois ne ferait cela, et elle s'est trouvée désarçonnée.

Mais il faut bien sûr éviter de se fâcher, car en général les fonctionnaires ou employés sont d'une courtoisie exemplaire. Comme ce mardi matin où je me suis rendu au poste de police pour obtenir un « permis de séjour ».. On ne m'a pas offert le thé mais presque, et le fonctionnaire de police parlant heureusement un excellent Anglais, m'a laissé son numéro de téléphone personnel pour le cas où j'aurais des soucis ou interrogations.

Il n'empêche qu'en sortant des locaux de la police je suis tombé sur un spectacle plus dérangeant. Un homme, mains liés dans le dos et tenu par deux policiers, s'est vu bâillonner à l'aide de plusieurs tour d'un épais et large ruban adhésif (du type de celui utilisé pour fermer les cartons de déménagement) En France je n'aurais pu m'empêcher de l'ouvrir, et faire remarquer que si l'homme était enrhumé il pourrait mourir asphyxié, mais ici que faire ? que dire ?

Bert&CaroleDépart ce matin de Bert et Carole vers Lugu Lake... Ils ont quelques milliers de mètres de cols à vaincre.... J'irais visiter ce lac lors de mes prochains congés (mais en bus) Eux seront probablement à Chengdu, espérant obtenir un permis pour le Tibet début avril.... Bonne chance !!