Mardi 6 au Jeudi 8 mars 2012

Le changement de rythme et d'atmosphère est complet. Redevenir étudiant compose une toute autre vie que celle de voyageur. Il y a les cours, le travail personnel, les instants de détentes, et, inévitables, le traitement des questions administratives.

Dans la classe des « super débutants » (On se valorise comme on peut) nous sommes 5 inscrits, mais le plus régulièrement 4. Cela permet une excellente intensité de travail.

Un couple de Coréens (mais la femme ne vient pas souvent) leur fille, née au Chili mais de nationalité Brésilienne où elle vit un Californien qui vit à Paris (mais ne parle pas Français) et un Français (moi) qui ne rajoute pas à la simplicité vu mon lieu de naissance et ma filiation.

Ces imbroglios identitaires ne troublent pas Fān, notre enseignante qui en a probablement vu d'autres. Elle est particulièrement dynamique et pleine d'humour, et, ce qui ne gâte rien, très jolie. Malgré son très jeune âge elle se révèle excellente pédagogue. Et c'est utile car les débuts sont ardus !

Lors des premiers cours on acquiert peu de vocabulaire. La vraie difficulté est ailleurs. Le Mandarin est une langue tonale ( 4 tons plus le ton « normal ») Et il est nécessaire de bien les maîtriser car les mots sont très courts (une ou deux rarement plus, syllabes) dont l'intonation peut complètement modifier la signification.

De façon assez surprenante ce sont les Coréens qui éprouvent le plus de difficulté (leur langue n'est pas tonale, et leurs consonnes sont très différentes) et celui qui s'en sort le moins mal, mais tout est relatif, c'est.... Moi (suivi par la Brésilienne) L'américain souffre de l'emploi de certaines consonnes « dures » et certaines diphtongues nasales, pour les quelles les francophone sont avantagés. En particulier le « e » très employé qui se prononce presque comme en Français « e » très fermé lui cause beaucoup de souci, de même pour le « i » qui se prononce entre i et é, très proche encore du Français, et sans parler des nasales « ing » « ang » « eng »....

Cela demande en plus beaucoup de travail et d'entraînement répétitif lorsque les cours sont terminés, et la saturation vient vite. Ensuite il faudra mémoriser tous les mots avec leur tonalité propre, et ça c'est une autre paire de manche, qui reste cependant « a walk in the park » par rapport à leur graphie en Chinois (simplifié ouf!)

En revanche je m'inquiétais à l'avance par d'éventuelles difficultés dues à un enseignement en Anglais, mais finalement cela se passe très bien, Fān est en effet une excellente anglophone et son accent reste très accessible.

Pendant les travaux, les formalités administratives continuent ! Pour prolonger le visa qui expire normalement le 14 mars, je me suis rendu, en vélo, au péril de ma vie ! au « Government Building » Une immense bâtisse à l'architecture Stalinienne, véritable ruche de fonctionnaires et de policiers.

Accueil irréprochable : un policier à l'anglais irréprochable, m'a accueilli en m'offrant une tasse de thé après m'avoir fait asseoir. Les formalités furent un peu longues, mais semble-t-il sans anicroches. En tout cas j'ai rendez vous mardi 13 (le dernier jour du visa) pour en recevoir un tout neuf valable jusqu'au 7 juillet... Touchons du bois !

Et puis la vie d'étudiant se doit de comporter des instants de détentes. Des réguliers comme les dîners chez Mama Naxi, parfois un peu stressants car l'un de ses aides, John, un Écossais, s'est pris d'amitié pour moi. Il est sympathique certes, mais particulièrement bavard, et il parle à toute vitesse avec un accent disons... Spécifique et c'est souvent très fatigant ! Mais cela me permet aussi de rencontrer chaque soir des personnes de différents horizons et c'est bien agréable.

Le soir j'ai ma table au « Freshman » café. Musique et vin Chilien à moitié prix (la patronne m'a à la bonne) Le vin est bon. Belle robe, nez de fruits mûrs, bien équilibré. Dommage que, probablement pour satisfaire au goût américain, il ait été autant chargé en « boisé »

Pendant ce temps là Lijiang est en fête. Des centaines, si ce ne sont des milliers, de femmes en costumes ethniques différents mais tous aussi brillamment colorés, envahissent les rues et se lancent dans des danses endiablées. Circuler dans les rues étroites devient encore plus difficile qu'à l'accoutumée, surtout compte tenu de l'habitude Chinoise de se déplacer non seulement en groupe, mais aussi tous de front, méprisant totalement le piéton solitaire qui vient en face.

Mais tous les groupes ethniques ne sont pas si classiques. Le modernisme frappe aussi parmi les clientes de chez Mama.

Ainsi va la vie au « quartier latin » de Lijiang.... Bien remplie, ce qui explique la rareté des billets.