Semaines du 1 au 12 avril

Et oui, la fréquence de publication s'est encore ralentie. Une première explication, facile, résiderait dans l'absence de découvertes et de rencontres causée par l'arrêt des voyages. Une seconde que les longues, intenses et répétitives tâches d'apprentissage ne sont propices ni à la disponibilité ni à l'inspiration de la rédaction.

Mais la première ne tient pas ! Comme un bateau temporairement mouillé dans un chenal fréquenté, je jouis du passage obligé d'autres wanderers venus du monde entier. Les rencontres sont donc au moins aussi fréquentes, aussi passionnantes. Ne manquent hélas que le temps et la disponibilité, sinon pour les exploiter (heureusement!) du moins pour les narrer.

Et puis il y a l'école ! C'est un bouillon de personnalités riches et attractives. Personne, ne s'amuse à étudier le Chinois par hasard. L'investissement est lourd et « chronophage » Pour les personnes de mon âge ce n'est pas un problème : le temps ne compte plus, mais les plus jeunes ne peuvent se le permettre qu'à condition de posséder les « outils» intelligence, culture, ouverture d'esprit, leur permettant une optimisation maximum de la performance.

J'ai déjà parlé de Mansel, mon « tóngxuésheng » (condisciple) Palestino-Jordano-Américain, il y en a bien d'autres. Le plus souvent, mais est-ce si surprenant, d'ascendances et cultures hétérogène. Comme par exemple l'étonnante Katia. Au départ on la voit comme une poupée Barbie d'un mètre 55... Au départ seulement... Puis on découvre que cette ravissante jeune femme, Russe d'origine, vivant maintenant en Alaska, d'une agréable simplicité et ouverture, parle Russe, Anglais, Japonais, et Français. Et que, probablement dans chacun de ces langages, maîtrise la culture du pays. En tout cas c'est vrai pour le Français que je l'aide parfois à pratiquer : elle connaît aussi bien poètes et auteurs du 17ème que le théâtre ou l'économie politique contemporaine.

Il en est de même pour les enseignants. Souvent très jeunes, sous des aspects déconcertants de fraîche gaminerie (regardez donc Fiona ma

  « Lâoshï »  

ne se prenant pas trop au sérieux) ils (enfin très souvent elles d'ailleurs) hébergent aussi une profonde culture, compétence et ouverture.

Mercredi dernier l'école entière a remplacé les cours par une visite « sortie de classe » dans un zone agricole modèle peuplée par des Naxis bons teint. Visite de fermes, de vergers, apiculture, exercices de labours, guidant à la main une charrue tractée par un Yak (cela demande du savoir faire, de l'habileté et de la force!) et bien sûr les inévitables démonstrations de danses et chants Naxis... Du coup je me suis surpassé, assez surpris d'ailleurs d'être le seul homme du groupe à avoir participé aux danses, et même à avoir très rapidement intégré les rythmes (celles qui me connaissent reconnaîtront l'exploit)

Même si nous n'étions pas vraiment dupe : il s'agissait à l'évidence de « villages Potemkine » la journée était agréable et instructive. Amusant aussi d'avoir pu faire jouer les contrastes en habillant Katia d'un costume Naxi : il s'agissait de la collision entre deux antipodes, et le résultat était plutôt réussi. Il est vrai que en réfléchissant bien c'est la femme qui habille le costume, pas le contraire.

Parmi les voyageurs, une rencontre m'a particulièrement impressionné, voire même touché. Ma copine Nathalie, vous vous souvenez probablement de cette flamboyante rousse dont j'ai publié la photo au milieu d'un champs de Colza, en visite à Shangrilla, frontière du Tibet quelque 200 km au nord de Lijiang, a fait la connaissance d'une autre française, Françoise, et a décidé qu'elle devait absolument me la faire rencontrer lors de leur retour à Lijiang. Car je ne pourrais qu'être en admiration devant elle. Et elle avait combien raison.

En effet, intelligente, ouverte, curieuse, passionnée.. Mais cela devient quasiment le minimum syndical des belles rencontres, Françoise est aussi une randonneuse. Mais pas une petite randonneuse du dimanche. Elle est venue de France.... A pied ! A travers Europe du sud, Turquie, Iran, Inde..... Au départ avec un compagnon, qui a du abandonner en Turquie suite à une blessure au pied, elle a continué seule, sans peur ni reproche comme au sein d'une profonde forêt Laotienne où elle a du gérer les menaces explicites de deux hommes armés, ne devant son salut qu'à son calme qui lui a permis de suffisamment temporiser pour voir passer du secours.

Bien évidement je suis tombé sous le charme. Nous avons donc, lors de mes quelques moment de liberté, pratiqué quelques randonnées dans les environs de Lijiang, entraînant dans un rythme soutenu la pauvre Nathalie, qui, pleine de courage, encore une belle qualité, a suivi, sans broncher, les deux spécialistes de la grimpette sur les raides collines de Lijiang. Puis pendant mes intercours, les deux femmes sont venues régulièrement me soutenir le moral, profitant aussi du thé coulant à flot dans le « campus ».

Chaque belle rencontre de voyage se termine par... Une séparation. Comme je l'ai déjà écrit, c'est à chaque fois une petite rupture, petite blessure, qu'il vaut mieux essayer de rendre le plus indolore possible. C'est pourquoi, malgré de longues conversations sous les étoiles ou dans les bars à musique, non pas à refaire le monde, mais à le vivre ensemble à travers nos différentes expériences, les au-revoir furent sobres et brefs....

Mais heureusement l'époque des bateaux qui se croisent dans la nuit et ne gardent de leur brève rencontre que l'écho d'un coup de sirène est révolue. De nos jours il y a les blogs (je vous engage à admirer celui de Françoise dont l'adresse est dans mes liens) les courriels et les téléphones portables.

Et c'est ainsi que nous en arrivons à l'explication du titre de ce billet...

Déjà le mauvais souvenir d'une morsure d'un sale cabot à Pnom Pen il y a trois ans, qui m'avait valu 14 douloureuses injections de sérum anti rabique 6 mois plus tard.

Il y a aussi ce roquet qui gueule toutes les nuits vers trois heures du matin, et que malgré tous mes efforts, je ne suis pas encore parvenu à dégommer (il est protégé, le veinard, par une haute clôture, mais il ne perd rien pour attendre)

Il y a aussi la chienne de Kiki, l'une des enseignantes, qui s'est pris, malgré ma haine des canidés et les coups de pieds que je lui balance en douce, d'une étonnante affection pour moi, et hélas pour le linge que je mets à sécher sur des étendoirs dans une arrière cours de l'école.

Mais ce n'est rien....

Il y a trois jours, appel téléphonique de Françoise depuis Lugu Lake où elle était partie avec Nathalie. <<Mauvaise nouvelle : à la fin d'une longue promenade cycliste, 40 km , la pauvre Nathalie s'est fait attaquer par un clébard, a lourdement chuté, et souffre de blessures inquiétantes aux deux mains. En l'absence d'Hôpital sur place, il est donc prévu de rapatrier la blessée sur Lijiang... Puis-je la réceptionner et m'occuper de son hébergement ? Bien sûr que oui>>

A réception de la malade, aidé par Iuri (un copain Russo Chinois de la belle rouquine) Nous constatons en effet que les blessures semblent sérieuses : la main gauche est très enflée, très douloureuse. Je n'ai pas l'impression qu'il y ait de fractures car la majorité des mouvements sont possibles, mais la main est tellement complexe, tellement remplie de petits os, que l'on ne peut jurer de rien. Nous arrivons à convaincre Nathalie, que la perspective  d'aller à l'hôpital inquiète un peu de passer une radio.

Juste avant nous nous payons, histoire de détendre l'atmosphère, une bonne tranche de rigolade lorsque je tente, et finit par réussir, de retirer de son pouce gonflé, une bague très serrée, la lubrifiant à l'eau tiède savonneuse. Je vous laisse imaginer les dialogues que, hélas pour ma réputation, je n'ai pas enregistrés !

Nous avions eu tort de nous inquiéter de l'hôpital. Un peu crasseux certes, mais au terme d'une attente somme toute raisonnable (deux heures et demi) et pour un montant tout à fait modique (8à 9 € de radio et une quinzaine pour les médicaments) Nous avons la bonne surprise d'un diagnostic optimiste : pas de fracture... Juste une bonne semaine de repos. Nathalie va pouvoir se faire dorloter par Mama Naxi et peut être (?) par Iuri ?

Et voilà, une fois de plus pourquoi, comme de dit Françoise (cette femme est décidément pleine de qualités) je n'aime les chiens que dans mon assiette ou sous forme de tapis de descente de lit !

Sur ce reprise du boulot....

Zaìjiàn !!!!

对汉语太难! 比较 写很难