Mercredi 23 mai 2012

Depuis bientôt trois mois en Chine, et en particulier dans le Yunan, ne mangeant, faute de cuisine, et il faut bien le dire de volonté de cuisiner, qu'au restaurant, les expériences se sont multipliées.

J'ai certes mes préférences. Comme le repas communautaire du soir servi par Mama Naxi, la Guest House qui m'a hébergé les premiers jours après mon arrivée.

Préférence justifiée ! Le rapport qualité prix, du moins pour la vieille ville de Lijiang, est imbattable : 20 RMB soit moins de 2,5 € pour un repas complet, varié : souvent 5 à 6 plats différents posés au milieu de la table et dans lesquels chacun pique à la Chinoise, poisson viandes, profusion de légumes, riz et thé à volonté...

La nourriture n'est qu'un élément du repas. Comme les Français, les Chinois le savent. Il y a bien sûr des repas « utilitaires » Ils ne font pas oublier ceux où sont privilégiés la fête, la qualité de la vaisselle, l'ambiance, la communion... Sur ce plan, malgré des coutumes parfois assez étonnement différentes, nous sommes proches.

Chez Mama Naxi je jouis d'un privilège appréciable : celui d'ancien, quasi permanent, ce qui vaut les faveurs du personnel, la patronne et sa fille, le cuistot (essentiel!) et le personnel de service, dont l'adorable Lina, comme tous les autres, travailleuse forcenée, et aussi clown désopilant et affectueux.

C'est le lieu privilégié pour connaître des hôtes, toujours renouvelés, bien que souvent un peu identiques : j'ai du rencontrer une trentaine d'Israéliens semblant tous sortis du même moule, ce qui vaut aussi pour les Allemands, les Australiens, les Néerlandais pour ne parler que des plus représentatifs. Il y a aussi les personnages hors du commun... Souvent des « solos » mais pas toujours, comme ce adorable et formidable couple de cycliste Belges qui retournent chez eux en tandem depuis Singapour (voir leur blog étonnant dans mes liens)

Et puis c'est là aussi que j'ai rencontrée la pétulante et somptueuse rousse Nathalie qui m'a fait le plus beau cadeau en me faisant connaître Françoise dont une bible ne suffirait pas à recenser les étonnantes qualités.

Périodiquement, pour éviter la lassitude de la routine, des conversations parfois un peu répétitives : where you from ? When did you arrive in Lijiang, in China, how long ? Do you intend to hike the « Tiger Leaping..... » An so on.... Je cherche la nouveauté ailleurs.

Il y a les bistrots du petit déjeuner. Soupe de nouille de rigueur, typiquement Chinois ! Il faut parfois avoir le cœur bien accroché pour absorber la mixture, délicieuse, mais fortement épicée, face aux convives plutôt plébéiens qui absorbent la nourriture avec des gestes et des manières que nous ne tolérerions pas d'un enfant de 4 ans, quand ils ne crachent pas directement à mes pieds... C'est la version la plus populaire.

Tout aussi typiques certains restaurants du soir, éloignés des quartiers touristiques. Pas de menu en Anglais bien sûr, d'ailleurs rarement non plus en Chinois, du moins en Mandarin. On va directement vers le frigo accompagné de la patronne et l'on se compose son menu en désignant du doigt de mystérieux produits visibles à travers la vitrine réfrigérée. Souvent surprenant, toujours, ou presque, délicieux.

Mon préféré est celui qui se trouve le plus proche de l'école, pratique lorsque je ne veux pas trop perdre de temps de travail. Pa tant pour la cuisine, peu différente des autres, que pour la patronne...

Talons de près de 15 centimètres, une minijupe si serrée que je me demande si elle ne l'enfile pas mouillée pour la laisser ensuite sécher et rétrécir sur elle, un corsage du même métal.... De puis des jours j'espère le faux pas qui provoquera la rupture explosive de ces quelques centimètres carrés de tissu. Espoir toujours déçu : la bougresse est adroite.

Et non ce n'est pas la bonne photo... Dommage hein !

Il y en a d'autres, comme les bistrots destinés aux « westerniens » qui m'ont valu à deux reprises, lorsque j'y buvais un verre en vue de la rue, la surprise de voir débarquer une Chinoise venant se faire photographier à mes côtés, et même une fois sur mes genoux ! Après demande d'autorisation certes, mais je n'ai pas eu les cacahuètes !

Il y a les branchés où ceux qui veulent l'être. Sur les murs et la façade un panneau « Language Coffee » laisse augurer une ambiance de rencontres intellos... Depuis la fenêtre on peut distinguer un mur couvert de gravures Européennes, dans des styles s'échelonnant du 17ème au 19ème siècle. Certaines ressemblent à des tableaux de Boucher, d'autres de Daumier, il y a même une salle de restaurant Anglais du 19ème, une autre Rococo... Intéressant à première vue....

Mais à l'intérieur tout change. Des tables immenses couvertes d'un tapis vert de billard, entourées de banquettes tellement basses, moelleuses et éloignées de la table que le plateau de cette dernière se trouve à peu près au niveau du menton... Et pour tant je suis plus grand que la moyenne des Chinois. A l'évidence à moins d'être un contorsionniste éprouvé, on ne vient pas ici pour manger.

On peut boire en revanche. Je commande un bière que l'on m'apporte accompagnée d'un récipient de la taille d'un verre à Calvados. Fort du vocabulaire récemment acquis j'en réclame un plus grand et obtiens l'équivalent d'un petit verre à vin.... Bon tant pis il ne reste plus qu'à boire, cela fera oublier les bruits de crachats en provenance de l'office (j'espère que c'est au moins dans l'évier)

Il y a aussi les vrais bars sympas, comme le Fresnam, mon premier port d'attache où les chanteurs, Coréens, Chinois, Canadiens et.... Français (des potes à la longue) distillent du Blues et du contemporain de remarquable qualité pour le prix modeste d'un verre de vin Chilien pas si modeste que cela.

Deuxième port d'attache, un autre Pub Irlandais, mais sans chanteur ! Ou je peux me faire servir un Paddy par un autre copain, également occasionnel compagnon de classe où il récupère ses couchers tardifs en sommeillant sur la table malgré les tentatives désespérées de Fiona pour le sortir de sa léthargie.

De vrais restaurants Chinois plutôt chics. Celui tenu par Iouri (un autre copain Sino-Russe, lui aussi présenté par Nathalie) Plutôt bon …. Ah les tripes de porc à l'ail ! Les convives comme dans tous les restaurants sont plus intéressés par leur téléphone portable que par les plats ou même leur convives ! On se croirait dans le métro à Paris (je ne pense pas que les choses aient changé depuis mon départ)

Iouri est surpris non seulement par le plaisir procuré par ce plat, mais aussi de découvrir qu'il est assez populaire en France (bon en oubliant les piments!)

Je ne voudrais pas laisser croire que je passe mon temps à bâfrer et à boire ! Le travail est toujours là.

Ce soir retour à l'école vers 20h30. Fiona, toujours là (elle s'appuie quand même des journées de 12 heures, 6 jours sur 7) s'apprête à partir.

Loin de la frénésie de la journée on peut bavarder un peu, à la fraîche sous les étoiles, de façon plus détendue et moins « professionnelles » Je ne sais si beaucoup de Chinois de sa génération sont de la même trempe, quoique si je m'en doute ! Si c'est le cas la concurrence sera rude ! Bourreau de travail, perfectionniste, dynamique, se remettant sans arrêt en question, et tout cela sans jamais se prendre au sérieux... Mais je suis flatté car elle retourne le compliment... Elle n'a jamais vu des Occidentaux comme Munzel et moi travailler avec autant d'acharnement.... C'est bien.... On relève la réputation des Arabes et des Français (Munzel,bien qu'Américain est d'origine Palestinienne)

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