Vendredi 29 juin 2012

Vendredi est jour de marché à Shaxi.

J'ai perdu le compte des marchés Asiatiques visités, mais c'est toujours amusant, et puis il ne pleut pas. Donc juste avant le départ une petite visite s'impose.

Marché assez classique, mais on sent bien qu'ici ce sont essentiellement les producteurs des villages voisins qui viennent vendre leurs produits. Pas beaucoup de stands réglés au cordeau donc, beaucoup d'étalages à même le sol. Pas mal de volaille vivante dont les propriétaire ont parfois du mal à maîtriser les tentatives d'évasion, ce qui met du sel, enfin de la plume, dans l'animation des allées déjà habituellement soutenue.

Autrement ce sont à peu près les mêmes produits qu'à Lijiang, y compris les fameux « oeufs de cent ans » Mais cette fois je crois que je vais me dispenser de l'achat.

Deux stands originaux . En tout cas c'est la première fois four moi mais Munzer en avait déjà vu : la vente de dents artificielles,

artistiquement présentées sur un fond permettant de jauger la couleur et donc de choisir au mieux de ses goûts...Je pense que Jack m'aurait étripé si je n'avais pas pris la photo. La mouche n'était pas prévue, mais sa présence est parfaite pour jauger de l'échelle.

Et puis, réminiscence des « Misérable » et de Fantine vendant sa toison pour subvenir aux besoins familiaux, quelques chevelures féminines à acquérir (des implants là aussi?)

De retour au centre ville, nous négocions deux places dans un van pour rejoindre Jianchui : finalement notre Chinois, bien que basique sera efficace. Arrivée là bas la chance nous sourit : un bus part pour Dali juste le temps de... Négocier et d'acheter les billets... Bon c'est minimal : 3 yuans sur un prix original de 35, mais c'est le geste qui compte.

Au départ nous ne comprenons pas bien pour quelle raison le chauffeur du bus ne dépasse pas les 35-40 km heures. Certes le véhicule n'est pas de première jeunesse, mais habituellement ce n'est pas vraiment un problème, puis au fur et à mesure des arrêts la lumière se fait : au départ nous étions six dans le bus, billets payés au guichet, donc en principe au bénéfice des caisses de la compagnie. Mais pour chaque passager ramassé en route, et le chauffeur « drague » ouvertement, le montant du voyage passe directement dans la poche du chauffeur (pas de billet bien sûr) et la tarification se négocie avec acharnement : nous verrons certains passagers payer 40 yuans (plus que nous!) Mais une vieille femme au verbe haut s'en sortira avec 3 seulement sous les regards furibonds du chauffeur. Bel exemple d'économie de marché appliquée (enfin peut être pas pour la compagnie et les impots!)

Une fois le bus plein, le chauffeur consent à passer les vitesses au delà de la troisième, pour se retrouver bien vite dans un embouteillage de près d'une heure causé par les travaux de la pharaonique autoroute Kunming Lhassa. Bon cela reste pipi de chat à côté de celui (une bonne dizaine d'heures) du voyage fait avec Françoise jusqu'à Chengdu.

Dali.... Négo pour le taxi, négo pour l'hôtel.... Il faut dire que le métier de Munzer est de manager des hôtels, que ce soit en propre ou à titre de conseil, et que de plus il est originaire du Moyen Orient.... C'est toujours amusant, et très instructif, de le voir à l'oeuvre face aux Chinois : choc de culture, mais en général ils apprécient un interlocuteur comme lui qui a du répondant, et qui, au contraire de bien des occidents, sait négocier sans perdre ni calme ni sourire. Et surtout sans agresser ni faire perdre la face au vendeur.

Si je reconnais bien la topographie du vieux Dali, j'ai du mal à me souvenir d'une telle densité de boutiques et d'un caractère aussi artificiel et « reconstruit » que finalement Lijiang. Même boutiques, mêmes airs de sonorisation musicales, même propreté obsessionnelle (à l'intérieur des murs !) A croire que dans le Yunan toutes les villes touristiques se clonent mutuellement. Mais malgré tout, une fois cette caractéristique acceptée (Dans un ancien billet j'avais évoqué les côtés malgré tout positifs des constructions neuves clonant les antiques) Ce n'est pas si désagréables. Beaux bâtiment, peintures, expo de calligraphies, séduisantes cours intérieures colorées de pierres diverses et d'arbres en fleur)

Plus original cette bande de fonctionnaires municipaux en uniforme, armée de bombes de peintures, en train de bomber les murs : ici on ne lave pas les tags, on les recouvre !

Demain visite plus approfondie...

再见