Vendredi 17 au lundi 20 mai 2013

Le bus qui nous emporte de Munich à Budapest est parti de Berlin, ce qui explique son retard et aussi le fait que nous n'ayons pas trouvé de place côte à côte. Pas question qu'un passager accepte un échange pour que nous puissions reformer le « jeune couple » Les visages fermés, opposés à nos premières demandes, sont éloquents.

Quelques heures de sommeil entrecoupées de traversées de villes mythiques : Salzbourg, Vienne, … Le jour se lève sur une impressionnante forêt d'éoliennes. Il y en a à perte de vue, des centaines !! Surtout en Autriche, mais les implantations se continuent après la frontière Hongroise. A l'évidence ces régions ne jouent pas dans la même cour que la France pour la production de « renouvelable » !

L'artère qui relie Munich à Budapest est certainement de première importance pour le trafic trans Europe de l'Est. Les longs rubans de poids lourds qui nous accompagnent en sont la preuve. Le Danube, dont nous suivons le cours, reste invisible, masqué par de douces collines plantées de vignes et parsemées de villas coquettes alternant avec des plaines riches : céréales, pâturages.

Arrivée à la gare routière de Budapest presque à l'heure : le retard a été rattrapé.

Une arrivée matinale dans un nouveau pays est toujours l'occasion de quelques pataugeages. Par quoi commencer ? Prendre un petit déjeuner ? Repérer l'adresse de nos futurs couchsurfers et la façon de s'y rendre ? Pour cela il faut un plan avec les stations de métro, et donc un peu d'argent, … Mais tout se remet en place assez rapidement et facilement.

Nos hôtes, Sarah, Thomas et leurs deux enfants Hanna et Vera habitent en plein centre vile un appartement plutôt étonnant au sein d'un immeuble qui ne l'est pas moins. Des cours intérieures plantées d'arbres, des escaliers majestueux flanqués d'immenses colonnes corinthiennes, des passerelles...

L'appartement est composé de quelques pièces immenses, 4 mètres sous plafond. Nous dormirons dans la pièce commune.

Découvrir rapidement de l'intérieur la vie locale est l'un des avantages du couchsurfing. L'accueil est bénévole, mais il est d'usage pour les invités d'offrir un présent symbolique, la préparation d'un plat de son propre pays...Nous restons simples. Françoise composera une quiche sans pâte, je me lancerais dans des œufs à la neige. C'est l'occasion pour la famille de nous faire découvrir le vieux marché du centre de Budapest qui est aussi une attraction touristique réputée pour son architecture. Chemin faisant nous sommes l'objet de l'attention des deux fillettes (11 et 10 ans) Curieuses et spontanées, leur conversation est étonnement riche et mûre. Elle parlent un Anglais parfait, qui ne doit rien à l'école mais seulement à leurs parents (Le couple mixte alterne anglais et hongrois) et aux passages des couchsurfers.

Cette ouverture leur sera utile : la famille doit prochainement s'installer aux Pays Bas pays d'origine de Sarah.

Budapest est une ville double. Buda à l'ouest et Pest à l'est séparées par le Danube mais reliées par 5 ponts aux architectures aussi étonnantes que variées. Nous résidons à Pest qui sera l'objet de notre première demi journée de visite.

Ce qui frappe tout de suite l'attention ce sont les immeubles. C'est un festival de façades tarabiscotées, de balcons ornés de sculptures généreuses.

On y reconnaît parfois, assez rarement finalement, un style un peu pompier, « Socialiste » Mais la variété est impressionnante.

Art déco, néo renaissance ou gothique... Il est très agréable de flâner au sein d'une population détendue et souriante, dans des rues plutôt coquettes, entrecoupées d'immenses avenues et boulevards. Les transports en communs sont denses et variés, et gratuits pour tous les européens de plus de 65 ans.

Nous profitons de cette première journée pour nous rendre dans l'une des trois gares de la ville afin d'acquérir un billet de train pour Bucarest, notre prochaine étape. Accueil impeccable courtois et efficace d'une employée qui s'excuse presque (et à tort) de ne parler qu'un « petit peu anglais » Retour par le quartier juif. Il ne subsiste que de rares vestiges de l'ancien Ghetto. La synagogue en revanche est magnifiquement conservée.

Soirée chaleureuse avec nos hôtes. Les fillettes sont insatiables. Elles apprécient particulièrement mes vieilles histoires de requins et les cours de danse de Françoise.

Dimanche

Journée de visites variées et longues marches.... C'est le début de l'entraînement !

Départ de Pest, proche du vieux marché puis traversée du Danube en direction de Buda pour gravir la colline du Château et de la citadelle. Il n'y a pas grand chose à voir sur cette dernière en matière de constructions. Les promenades à flanc de collines sur les nombreux sentiers qui y sont tracés sont en revanche très agréables, éloignés des bruits de la circulation et occasions de points de vue superbes sur les sites emblématiques : la colline du Palais Royal de Pest, et, juste en face, en réponse « sociale » , l'extraordinaire Parlement de Buda.

Le Palais Royal lui même héberge un musée qui sera, j'espère, l'objet d'une autre visite.

Le reste de la colline est occupé par un lacis de charmantes petites rues et maisons calmes, au détour des quelles nous attendent quelques surprises comme une originale Trabant ou cette statue équestre dont la monture de bronze est dotée d'organes génitaux polis par de nombreuses caresses.

Nous marchons, nous marchons toujours....

Budapest est bâtie sur un faille géologique offrant de généreuses possibilités de thermalisme. Les bains sont une spécialité réputée. Rien de mieux donc pour se délasser d'une longue marche que de tester les plus grands d'entre eux : ceux de Kereli. Une douzaine de bassins intérieurs aux températures variées (de 20 à 40 degrés) Des salles de hammam, des saunas, un amusant hippodrome nautique....Et dehors encore plusieurs bassins dont un « Olympique » réservé à la natation.

Les lieux sont très fréquentés, mais la superficie disponible permet de ne pas se sentir envahi par la foule.

Les bains sont situés à l'intérieur d'un grand parc boisé et bordé de lacs où canotent les Budapestois. Sur les rives des « Guinguettes » où l'on peut déguster la spécialité de la ville : le « Spitzer » mélange de vin blanc et de limonade dont les proportions, fonction de l'heure et des occasions, sont l'objet de toute une culture. Nous y retrouvons Thomas, un autre couchsurfer qui s'était également proposé pour nous héberger, il connaît Françoise de réputation à travers le réseau des hébergeurs, ayant lui même hébergé « Jennifer » l'une des hôtes pékinoises de Françoise.

Agréable soirée et repas « Hongrois » avec nos hôtes. Non ce n'est pas de la goulash !!! Mais une sorte de ragoût accompagné de choucroute.... Délicieux.

Lundi

Dernière journée. Sarah nous propose de l'accompagner à Szentendre (comprendre « Saint André »!) petite ville située à une quinzaine de kilomètres. De Budapest.

Charmante petite ville résidentielle de banlieue. Au bord des rives du Danube, n peu ville musée, très touristique, mais il est possible de s'échapper vers des ruelles moins fréquentées et moins envahies de boutiques. La ville est pleine de pavillons charmants et.... D'églises !

Promenades sympathique, essai de la spécialité culinaire du coin (en fait revendiqué aussi paraît il par les Serbes et les Roumains!) une sorte de tortillon de pâte intermédiaire entre pain et gaufre,enroulée autour d'un manchon, puis garnie de parfum variés et cuite sur un feu de bois. Amusant certes....

Retour en ville pour de nouvelles flâneries architecturales et « bistrotales ».... Nous devenons de vrais Budapestiens.


Adieux et grosses bise... Nous nous rendons, un peu en mode stress, car en retard, dans la gare d'où doit partir notre train pour Bucarest. Évidement le convoi se trouve sur la dernière voie au fin fond de la gare. Mais on y arrive avec 5 bonnes minutes d''avance.

Compartiment couchette confortable, literie très honorable. Nous avons le plaisir d'être seuls dans le compartiment, retrouvant un peu de l'intimité perdue depuis le départ... Bonne nuit.

La traversée de la Roumanie le lendemain matin donne un bel avant-goût de ce qui nous attend. Longues plaines où se pressent les paysans en carrioles à cheval (la mécanisation semble rare ici) Villages aux petites maisons modestes et colorées. Villes industrielles avec immeubles HLM cauchemardesques, paysages de montagnes enneigées spectaculaires (on va vraiment aller là???) et douces collines chaleureuses : Ca cela fait envie.....