Mardi 21 au Mercredi 22 mai 2013

L'arrivée et l'installation à Bucarest se déroulent de la meilleure façon possible. Le métro est direct jusque chez Rose, notre couchsurfeuse, qui nous attend à la sortie de la station.

Rose, souriante jeune femme (rousse!) habite avec son compagnon une maisonnette dans un quartier juste en périphérie du centre. Elle est plutôt citadine, mais son compagnon a recréé chez eux un amusant petit environnement agricole : de grandes tiges de houblon sont accrochées aux murs et grimpent jusqu'au toit, de nombreuses plantations légumières, nourries par un bac à compost, occupent la cour transformée en jardinet. Cela vaut l'agréable surprise de pouvoir consommer, entre autres, une bière parfumée entièrement faite « maison » , une limonade du même métal...

Il est difficile de faire abstraction des images « à priori » lorsque l'on arrive pour la première fois dans une ville, et il est donc amusant et instructif de les comparer avec ce que l'on découvre réellement.

Pour Bucarest j'avais l'image, tout en sachant bien que c'était en partie fantasmatique, d'une ville au centre en grande partie rasé pour permettre les constructions mégalomaniaques de Ceausescu, d'immeubles délabrés et des meutes de chiens sauvages dans les rues...

Et comme souvent la réalité ne correspond pas vraiment aux idées préconçues. Il est vrai que la perception d'un nouvel arrivant qui n'a pas connu les situations antérieures est quelque peu faussée.

On trouve un peu tout en flânant dans la ville. Des quartiers populaires et un centre plus branché, bourré d'étudiants et de touristes. Des immeubles de type HLM en très piteux état, et des réfections sommaires. Une grande quantité dans le centre de bâtiments historiques, construits en pierre de taille, et leurs successeurs en béton souvent

pseudo gothique. Dans certains quartiers on devine une certaine envie d'imiter la structure urbaine de Paris (Bucarest était avant guerre surnommé le « Petit Paris » de l'est) Grandes places type « étoile » avec avenues rayonnantes, y compris, près de la place du Général de Gaule, un arc de triomphe.

Évidemment on ne peut manquer de jeter un coup d'oeil au gigantesque palais de Ceausescu. un bâtiment follement démesuré (Le deuxième au monde en superficie!) 18 étages, 3000 pièces au centre d'une enfilade d'avenues type « Champs Élysées » mais aux bâtiments « classiques » en pur béton massif.

Une telle démesure induit un léger sentiment de malaise. des visites organisées existent, mais Rose nous le confirme : elles ne présentent aucun intérêt et flattent peut être un voyeurisme un peu malsain.

Bucarest n'est pas qu'une succession de monuments. La capitale du pays de Ionesco, Cioran, Brancusi, Ghergiu et bien d'autres est restée celle de la culture. Dans le centre et la zone universitaire, on compte autant de librairies que de boutiques de fleurs où d'églises orthodoxes : tous lieux d'activités qui semblent être des passions locales. S'y ajoutent la culture et la mode.

Les librairies sont magnifiques, souvent hébergés dans des locaux labyrinthiques à la décoration tarabiscotée. A côté de l'une d'elle un immense café en plein air où se retrouvent des consommateurs pour un verre ou une lecture. Essentiellement des jeunes bien-sûr, mais pas uniquement.

Nous aurons également l'occasion de passer quelques heures au sein d'un passionnant musée en plein air : celui de l'habitat et du paysan roumain où sont représentés, comme le nom l'indique, les principaux types d'habitats en fonction des régions et des époques. Le temps, la mosaïque culturelle et sociale du pays et les différentes conditions climatique en font un assortiment varié de solutions de constructions. Des huttes semi enterrées aux maisons des Marmarures composées d'épaisses planches de chêne plusieurs fois centenaires.

Le lendemain départ en train pour Brasov, l'une des villes touristique les plus appréciées du pays et surtout pour ce qui nous intéresse, lieu de départ de nombreuses randonnées pédestres à travers Carpates et Transylvanie.

Le voyage est l'occasion de se rendre compte de la gentillesse Roumaine. Ayant acheté mon billet de train à un automate, je ne me rends compte seulement qu'en arrivant au train que la machine ne m'a délivré qu'un billet pour une personne alors que j'en ai bien payé deux ! Nous décidons de tenter l'impasse.

Évidement le contrôleur arrive et nous fait remarquer le problème. Je dispose heureusement de la facturette de la carte bancaire. Très troublé le contrôleur retourne dans sa cabine d'où nous l'entendons longuement téléphoner. Ce n'est qu'un heure après qu'il repassera, nous expliquant avec un grand sourire que la gare a en effet constaté que le deuxième billet était resté coincé dans l'automate...Je ne sais si en France ses homologues se seraient donné tant de mal.

Nous resterons un ou deux jours à Brasov pour attendre la fin de la pluie. Départ ensuite en randonnée, en « autonomie » Il n'y aura pas de billet avant un certain temps....

La Revedere...