Mercredi 4 juin au vendredi 7 juin

La gare de Suceava est très éloignée du centre ville, mais en suivant le flot des passagers qui descendent avec nous il est aisé de trouver le bus qui va nous déposer au cœur de la cité. Descente un arrêt trop loin, mais c'est un bien car cela nous fait tomber sur un centre d'information touristique. L'employé, particulièrement chaleureux et compétent (et aussi doté des redoutables yeux verts roumains qui fascinent tant Françoise) nous fournit cartes, conseils et petits trucs de randonneurs particulièrement utiles.

Après dépôt des bagages dans une pensiune assez facilement trouvée, il reste suffisamment de temps pour une visite conséquente des quelques principaux points d'intérêts de la ville.




Deux ou trois églises peintes, quelques jolies fresques, un magnifique lutrin tout de cuir garni....Puis ce sera une assez longue promenade dans la forêt jouxtant la ville, pour, sur les conseils du bellâtre aux yeux verts, atteindre la citadelle construite bien sûr par l'incontournable Stéphane le Grand, le « père » de la Roumanie dont une autre énorme statue équestre domine les lieux.

Au retour visite d'un autre monastère, jouxté par un séminaire orthodoxe d'où nous verrons sortir un élève, magnifique barbe rousse en avant, pour s'engouffrer dans une superbe et luxueuse Toyata noire, bientôt suivi par quelques consoeurs utilisant de non moins luxueuses berlines. L'église orthodoxe semble à l'abri du besoin.




Chaleureux dîner, près d'une étonnante maison au toit traversé par l'arbre voisin.










Jeudi

Avant le départ pour le nord de la Bucovine, il reste quelques heures pour visiter le monastère de Dragomei situé à une douzaine de kilomètres du centre ville. Ce sera en taxi après avoir vainement attendu le bus censé y conduire. Au prix des taxis il serait bête de s'en priver.

Amusante peinture de la descente aux enfers... On en retrouvera l'équivalent partout. En fait les peintures de églises et monastères de a région sont des représentations iconographiques de tous les chapitres imaginables de la bible, destinés aux fidèles illettrés de l'époque.






Descente aux enfers ->














Il n'y a pas de bus pour Putna notre prochaine étape. Il faut viser une ville intermédiaire où nous devrons courir un peu partout de gare routière en gare routière pour tenter de dénicher un autre bus pour Putna. On ne le trouve pas directement, mais le chauffeur d'un autre bus nous propose de nous déposer à un carrefour situé à « trois kilomètres » de notre lieu de destination. On embarque, mais à l'arrivée nous découvrons qu'il en reste en fait 12 !

Ce n'est pas dramatique. Le stop marche bien en Roumanie. Après avoir marché à peine un petit kilomètre, nous sommes pris par un jeune Roumain, travaillant à Liège, mais en vacances dans la région.

Nouvelle visite de monastère.....

Puis nous nous mettons en chasse d'un terrain pour camper. L'orage menace, il faut se dépêcher.... Conseillé par un paysan du coin, nous optons pour une petite plate-forme à l'abri des invasions liquides des orages.

La tente à peine montée, le site défendu contre la curiosité des vaches voisines, le déluge et les éclairs se déchaînent. Nous passons le temps et le dîner sous un petit abri voisin où nous sommes rejoints par un « professeur de français quelque peu bavard et … abscons. On arrive avec un peu de difficultés à lui







faire comprendre que nous désirons nous coucher.

Nuit tempétueuse, mais la tente résiste bien. Seul incident, un chien nous dérobe pendant la nuit le magnifique morceau de jambon que nous réservions pour des jours difficiles.. Décidément !

Vendredi

La pluie s'est calmé. Cette accalmie nous permet de replier sereinement la tente, ranger les affaires et nous offrir un solide petit déjeuner (sans jambon snif!) avant de reprendre la route.

Nous avions pas mal hésité la veille sur le chemin à prendre. Mêlant renseignements recueillis la veille à l'office du tourisme (le bellâtre) interprétations des cartes fournies par Google Maps, et supputations personnelles. Notre visiteur de la veille avait également tenté de nous renseigner, mais ses informations ne paraissaient pas vraiment fiables. Nous nous fions donc à notre instinct, mais à peine 100 mètres après, une femme nous voyons passer chargés de nos lourds sacs nous indique spontanément tous les détails du chemin que nous aurons à parcourir.





Charrettes et futaies











Nouvelle manifestation du miracle du randonneur : inutile de demander, il suffit d'avancer... La confirmation vient toute seule.

Une vingtaine de kilomètres de marche d'abord sur un large chemin serpentant entre de douces collines et parcouru par d’innombrables charrettes à cheval utilisés par les forestiers. La région est magnifique. Puis, cela faisait longtemps ! Nous attaquons une brutale montée à flanc de colline afin de passer dans une autre vallée.

Le paysage change complètement. Nous traversons des futaies dont les cimes semblent toucher le ciel, nimbées de vapeur blanches de brume. Féerique.... Mais heureusement ni ours ni loup....

Arrivée à 15h00 à Sucevita... Nouveau monastère, le plus beau depuis le départ....


















Puit typique














Et de nouveau la pluie...... Ce soir ce sera hôtel. Et bien nous en prend car la carte du restaurant se révèle fabuleuse.... Après tout il faut parfois savoir ne pas camper...