Samedi 8 au dimanche 9 juin

Vous avez voulu randonner, et bien vous allez en voir.... La petite voix tourne dans notre tête dès le départ de Sucevita en direction de Moldovista.

Il doit exister des sentiers permettant d'assurer le parcours que nous avons prévu sans avoir à trop emprunter la route. Mais hélas ils ne sont pas référencés et, compte tenu de l'ambiance météorologique nous nous abstenons de nous lancer dans nos exploits habituels : boussole et altimètre....

Nous suivons donc la route, heureusement très moyennement fréquentée. Cela permet également de contempler toute une succession de maisonnettes pimpantes, chacune ornée de son puits décoré.


Route des "puits"













Il semble que l'émulation règne puisque les ornements sont tous plus élégants et originaux les uns que les autres.



Préfabriqués



C'est aussi le pays du bois. Toutes les maisons bénéficient de murs en bois et souvent il en est de même pour les toits. Nous croisons même une entreprise de montage de chalets en énormes rondins assemblés comme les jeux de mon enfance. Nous pensons deviner qu'une fois montés, les éléments sont numérotés, puis re démontés afin d'être transportés sur leur lieu de livraison. Nous croiserons d'ailleurs de nombreux chalets de ce type. Indéniablement c'est du solide : le loup peut toujours souffler dessus, les petits cochons ne risquent rien.

Symbole






Comme la route escalade puis redescend dans la montagne, elle s'étire en nombreux et larges lacets. On peut deviner des raccourcis, parfois un peu acrobatiques et surtout très boueux, mais cela change.... Au col nous tombons sur un monument dont la signification, certainement hautement symbolique, nous intrigue. Françoise pense qu'il symbolise la construction de la route par la main de l'homme. Elle a sûrement raison.



La pluie tombe dru. Nous sortons l'équipement lourd. Housses de sac, vestes et pantalons de pluie... Nous ressemblons à des cosmonautes ruisselants... La route continue.



8 km avant d'arriver une voiture s'arrête spontanément à notre hauteur. Difficile de refuser. C'est un couple qui nous a déjà croisé dans l'autre sens et a eu pitié de nous. Très gentiment le chauffeur nous emmènera jusqu'au monastère de Moldovista, notre étape suivante après avoir déposé sa femme chez eux à mi-chemin.



Le stop est analogue à la fourniture de renseignements : il est d'autant plus efficace que l'on ne demande rien.





Moldovista







Le monastère de Moldovista est aussi richement couvert de peintures que ses homologues. Ici les peintures extérieures sont particulièrement en bon état, et l'on reconnaît sans difficulté les « classiques » comme le siège de Constantinople et le jugement dernier. S'y ajoutent des théories de saints, de familles royales (Etienne le grand) et même de décapitations.

Originalité de celui-ci : un vertigineux chemin de ronde en bois surtout lorsque l'on regarde entre les planches.

Le trajet en voiture nous a donné pas mal d'

avance. Nous décidons donc de continuer à pied dans la direction du monastère suivant et de trouver un hébergement sur la route.





Des p'tits tas encore des p'tits tas










Après la « symphonie » de puits, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer les différentes collections de tas de bois. Tous rangés avec une extrême minutie, il y a une exposition des différentes « écoles » : en forme de hutte pointue, en long, en rond.....

Le soleil décline avec nos forces. Dans cette région le moindre mètre carré est privé et tout les terrains sont clos de palissades (oui en bois!) On pourrait sûrement camper mais … On a la flemme d'aller négocier une autorisation. Une pensiunae arrive à point nommé.


Dimanche

Ce dimanche matin s'accompagne d'un beau soleil. Idéal pour recharger, au propre et au figuré, nos batteries. Enfin quand les chargeurs solaires daignent fonctionner.



Mais où est Renard ?











Une assez longue route en direction du monastère suivant. Pour les douze premiers kilomètres il n'est pas possible de couper : il faut suivre la vallée où se concentrent la route, la voie ferrée et la rivière. Cela implique la gêne du passage des véhicules, mais en contrepartie quelques rencontres agréables : des nids de cigognes, des habitants aimables et souriants, quelques clochers pittoresques, toujours des puits....




Puis nous pouvons enfin abandonner la route et grimper dans la montagne, retrouver nos habitudes. Bientôt l'orage quotidien menace et gronde. Il est temps de monter la tente et d'installer le campement auprès du ruisseau salle de bain / boisson (nous ne sommes pas très sûrs de la qualité de l'eau, mais les pastilles de micropur suffiront pour nous assurer d'une soupe de nouille agréable et saine.




retour à l'hôtel













Ours grimperas tu ?








La présence de loups et surtout d'ours est possible. Toute la nourriture et les crèmes odorantes sont réunies dans des sacs, accrochés à plus de trois mètres de haut dans un arbre distant d'une centaine de mètres. Cette fois nous resterons seuls toute la nuit et personne ne nous volera