Oui je sais c'est Ex   aspérant. Mais il n'y a pas qu'Amélie Nothomb qui puisse bénéficier du privilège des titres extrêmement farfelus.

Je vous livre ici le texte d'une conférence que je dois donner le premier août lors de la "Nuit des Etoiles"

Ce sujet est aussi en lui même un long et lointain voyage.

La toile fourmille sur ce sujet d'articles plus précis, mieux documentés et pour certains contenant moins d'erreurs ou approximation. Mais l'objectif était de rester très grand public.

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A recherche des Exo-planètes

[Les parties en italique peuvent être omises si le temps disponible est trop restreint]

Présentation.... Je ne suis qu'un amateur, Passionné comme nombre d'entre eux, mais pas spécialiste. C'est pourquoi je sollicite l'indulgence de ceux d'entre eux qui, présents dans la salle, remarqueraient des erreurs dans cet exposé. Merci de me les signaler le cas échéant sans oublier toutefois qu'une contrainte de cette conférence est d'être compréhensible par tous. Cela implique des simplifications, voire parfois des approximations que je signalerais.

J'éviterai, autant que faire se peut, formules mathématiques et termes trop techniques.

Toutefois, pour me faire plaisir, et aussi pour vous démontrer qu'il n'y a pas que les scientifiques qui peuvent se gaver de formulations complexes, je vous en assène une littéraire dès le départ en titre de la première diapo.

D1 Prolégomènes à la chasse

Si j'ai choisi de vous parler ce soir de la recherche des exoplanètes, c'est parce que ce thème s'est particulièrement développé ces dernières années et surtout ces derniers mois. Les médias font régulièrement état de cette évolution en embellissant les informations austères fournies par les chercheurs de commentaires parfois, souvent même, un peu trop enthousiastes pour ne pas dire farfelus.

D2 Ces dernières semaines nous avons eu droit à l'annonce de la découverte d'une « Nouvelle Terre », agrémentée d'images d'une planète bleue, couverte d'océans et de nuages. (nouvelle-terre)

Bien qu'il ne soit pas impossible que cette planète soit semblable à la notre, nous ne disposons actuellement d'aucun moyen technique nous permettant de vérifier une telle éventualité.

Je vous propose donc ce soir de faire un point objectif sur la situation, sachant qu'elle reste très ouverte, et que nous avons au moins une certitude : nous ne sommes pas au bout de nos surprises !

Comme de nombreux domaines de l'astronomie, ce sujet peut être ardu. Il fait appel à des outils d'observation, des théories et des modèles mathématiques sophistiqués. Mais rassurez vous ! De la même façon qu'il n'est pas nécessaire de connaître les équations de la mécanique pour maîtriser le pratique de la bicyclette, on peut très bien appréhender ce domaine de recherche à partir de quelques notions basiques et courante. Et pour répondre à la question qui (ne) m'a (pas) été posée : Prolégomènes c'est en grec (et nous n'en avons pas fini d'utiliser des termes grecs!) une introduction (longue!)

Ce soir je me limiterais donc, et c'est déjà très ambitieux, à vous rappeler (ou définir)

  • Ce que l'on appelle « exoplanète » et pour commencer ce qu'est une planète.

  • Ce que l'on entend par découvrir/identifier une exoplanète, nous verrons en particulier que le risque d'erreur n'est pas négligeable.

  • Les méthodes et les outils utilisés pour ces recherches, leur forces et faiblesses.

  • Enfin pour ouvrir un peu sur le rêve (les astronomes font partie de la mafia des grands rêveurs) ce que l'on entend par « zone habitable » et ce que l'on peut en déduire pour la possibilité de vie extra terrestre.

D3 Qu'appelle-t-on  Exoplanète  ?

Au départ c'est simple ! Une exoplanète est une planète qui ne tourne pas autour du soleil, c'est à dire qui ne fait pas partie du système solaire. (la racine  grecque exo  signifie  hors de, extérieur...)

Cela veut il dire qu'une exoplanète tourne autour d'un autre soleil ? D'une autre étoile ? OUI ! Et ….et peu Non ! Car, et c'est d'ailleurs une découverte récente et inattendue : il semble qu'il existe de nombreuses planètes autonomes, isolées, errant perdues dans l'immensité interstellaire.

Une planète ?

Pour les anciens

D'accord, mais il faut aller plus loin ! Qu'est-ce que c'est qu'une planète ?

Pour les anciens (jusqu'à environ la fin de notre moyen âge) une planète c'était un astre vagabond ! (Planetos en grec signifie vagabond/voyageur... Cf le célèbre guide  Lonely Planet )

Mais pourquoi donc ce qualificatif de vagabond ?

Les anciens n'entendaient rien à la mécanique céleste, mais ils étaient de meilleurs observateurs que nous. [Ils vivaient souvent dehors, le monde n'étant pas, comme aujourd'hui hélas, noyé par les lumières parasites, le ciel qui s'offrait à eux était d'une excellente qualité.]

Ils avaient depuis longtemps remarqué que sur la toile de fond d'un ciel tournant en environ un tour par 24h autour d'un point fixe matérialisé par l'étoile polaire, l'immuabilité de la position relative des étoiles , formant des figures que leur imagination ou légendes avait dotées de noms poétiques et mystérieux : la Grande Ourse, Orion, la Lyre, le Lion... Le ciel leur paraissait tourner en bloc comme si les étoiles étaient collées sur une sphère rigide :  La sphère des fixes 

[Ils avaient même constaté que cette rotation s'effectuait en un petit peu moins de 24h00 (4 minutes de moins environ) léger décalage qui, s'accumulant avec le passage des jours donnait au ciel un aspect différent au cours des mois comme vous pouvez le voir ici sur ces deux cartes représentant l'horizon sud vu de Chassiers à minuit au premier août et au premier février.




Il fallait attendre une année complète pour retrouver un aspect identique du ciel à une heure donnée, le cumul des décalages de 4 minutes sur 365 jours équivalant alors à 24 heures.

Pour la cosmographie actuelle, le ciel ne tourne pas. La rotation de 24h00 est une apparence due à la rotation de la terre sur elle même, et le lent décalage d'une période d'un an provient de la rotation de la terre autour du soleil.]

Mais quelque chose clochait dans cette belle régularité. Il y avait une poignée d'astres qui ne respectaient pas la belle rigidité de la  sphère des fixes  vagabondant de façon plus ou moins régulière : les planètes ! Et c'était même l'anarchie. [Le soleil reprenait le même place toutes les 24 heures, la lune elle mettait 28 jours, et c'était encore plus compliqué pour les autres. Mercure, dieu des voyageurs et des voleurs se déplaçait très rapidement sans jamais s'éloigner du soleil. La splendide et brillante Vénus un petit peu plus excentrique, et quand aux autres Mars la rouge guerrière, l'imposant Jupiter et le tranquille Saturne il leur arrivait même d'alterner avancées et reculades.] Seul point rassurant dans cette pagaille mythologique, tout ce petit monde se déplaçait à l'intérieur d'une bande étroite sur la  sphère des fixes  : les treize constellations dites du zodiaque. [expliquer éventuellement pourquoi pas 12 uniquement dans réponses aux questions]

Depuis Copernic et surtout Kepler nous savons interpréter ces mouvements dérangeants pour les partisans de l'ordre. Tout ce petit monde (et d'autres découverts ultérieurement) tourne, dans un même plan et dans le même sens autour du soleil (la lune mis à part) et nous faisons partie du carrousel avec le dossard numéro 3.

Imaginez un stade de course à pied, avec des pistes beaucoup plus écartées que ce que nous connaissons. Chaque coureur parcourt la sienne à son rythme. Nous sommes sur la troisième et essayons d'interpréter les mouvements apparents de nos concurrents, y compris ceux qui ont un demi tour d'avance sur nous et semblent ainsi courir dans la direction opposée.

D4 De nos jours la définition actuelle de planète a changé.

Une planète est un corps céleste en rotation autour d'une étoile (pour nous le soleil) et qui a  fait le ménage sur son orbite  C'est à dire qu'elle se déplace sur une route (à peu près) dégagée. Ce qui implique qu'elle possède une masse conséquente, suffisante pour lui permettre de présenter une forme quasi sphérique.

Mais il y a de la variété de taille et de nature. Pour paraphraser Pierre Perret, il y a des petites, des grosses, des dures (composées de minéraux rocheux, métalliques..) des gazeuses (majoritairement faite d'hydrogène ou d'hélium)

Les modèles de formation des planètes expliquent (ils sont fait pour cela!) ces caractéristiques et différences :

  • Astres  régulièrement  espacés, orbitant (c'est à dire tournant autour d'un point fixe) dans le même sens et le même plan.

  • Et, probablement plus spéculatif, les poussières lourdes au centre et les gaz en périphérie expliquant la conformation de notre système. (éventuellement expliciter)

 Solar System Formation (Nebraska Univ) à commenter

Le terrain de chasse

A partir de la révolution Copernicienne, quelques indécrottables curieux ont commencé à poser des questions dérangeantes.

Le raisonnement était le suivant :  Copernic avait chassé la terre de son rôle de centre du monde pour y mettre le soleil et faire tourner autour de lui les planètes, dont la terre.

Mais on pouvait aller plus loin. Imaginer que même le soleil n'était pas au centre du monde, que chaque étoile visible (et invisible) était un autre soleil, autour du quel tournait d'autres planètes et que sur ces planètes.... 

Stop ! Nous sommes en 1600. Et pour avoir émis, entre autres blasphèmes, ces opinions  saugrenues Giordano Bruno, ex moine dominicain, finit brûlé sur le bûcher de la sainte inquisition.

Aujourd'hui cela va mieux (quoique ?) Nous acceptons que les 200 milliards d'étoiles qui constituent notre galaxie (200 milliards !!!!) et les quelques centaines de milliards de galaxies (cela en fait des milliards de milliards ! C'est comparable au nombre de grains de sable, plages et déserts inclus, sur la terre) sont aussi d'autres soleils.

Comme les modèles plausibles de formation des étoiles embarquent aussi la formation de planètes nous pouvons subodorer qu'il existe quelques exoplanètes.

Quelques  ? Il y en a probablement énormément. A ce jour, simplement en examinant une infime portion (150000) étoiles de notre galaxie, nous avons détecté environ 1800 exoplanètes, et il y en a à peu près encore le double en cours de validation. Et nous savons parfaitement que les méthodes de  pêche  dont nous allons parler utilisent des filets à mailles lâches laissant filer la majorité des poissons. Il n'est pas improbable que presque chacune des milliards de milliards d'étoiles soit entourée d'une ou plusieurs planètes.

Les méthodes que nous allons analyser ne nous permettent que de détecter des planètes en deçà de quelques centaines d'années lumière de distance c'est à dire quand même plusieurs millions de cibles potentielles : bien des pêcheurs s'en satisferaient.

D5 Comment détecter les exoplanètes

D6 Méthodes directes

La première méthode, assez évidente, est l'observation directe. Hélas, même à l'aide de nos plus puissants instruments, repérer une planète, minuscule par rapport à son soleil et noyé dans sa lumière aveuglante (un milliard de fois plus intense) est une gageure.

C'est un peu comme si depuis Paris nous observions au télescope la lumière du phare du Planier au sud de Marseille, espérant détecter un ver luisant posé sur le toit (que ferait il là ?)

Pourtant, grâce à quelques géniales astuces technologiques, et en profitant de configurations exceptionnelles, une dizaine d'exo-planètes a pu être imagée directement.

2m1207b (200 AL VLT) et HR8799 (2008 Keck image NRC Canada)

Observation directes au télescope

Elles ne sont aujourd'hui possibles que dans de rares cas particuliers : combinaisons de plusieurs facteurs favorables : système proche de nous, planète géante et orbitant loin de l'étoile pour que sa lumière ne soit pas noyée dans l'éblouissement de l'étoile centrale. Par exemple si l'on observait l'équivalent de notre système solaire à quelques années lumière, on pourrait ainsi imager Saturne, mais certainement pas la Terre ni Mars.

2m1207b

C'est un système très favorable à l'observation directe, mais bien différent du notre. Seules ces conditions extrêmes permettent une observation directe.

Découverte en 2004 grâce au VLT(1) du Chili. 2M1207a est une étoile naine (1 % du soleil) froide et peu lumineuse (~3000 °K) située à 170 AL(2) de nous. 2m1207b est une planète géante (300 MJ(3)) située à très grande distance de l'étoile (40UA(4))

Beta Pictoris

Découverte en 2008 par l'équipe du VLT. On remarque sur la photo que la lumière de l'étoile, située à 70AL de nous, est artificiellement éclipsée par un coronographe. La planète possède une masse de 4 à 10 MJ(3) et orbite à 8 ou 9 UA(4) . Il s'agit de la première planète dont on a pu mesurer la période de rotation sur elle même (la dure du jour) qui est d'environ 8 heures. Ces caractéristiques sont, à l'exception de sa masse, assez semblables à celle des Jupiter. Un traitement d'image peut améliorer la visibilité.

HR8799

Cette photo extraordinaire est l’œuvre d'une équipe Québécoise qui, à l'aide d'un astucieux traitement informatique d'images prises par le télescope Keck d'Hawai a pu mettre en évidence en 2008 pas loin de 4 planètes géantes autour de l'étoile HR8799 située à 130 AL(2) de la terre dans la constellation de Pégase.

Il a même été possible, par spectrographie, de montrer que l'atmosphère de certaines de ces planètes contenait des nuages et la présence d'oxyde de carbone et de méthane.

Loupes gravitationnelles

Ceux d'entre vous qui ont entendu parler de la théorie de la relativité généralisée savent qu'une façon, simple ?, de l'exposer est d'affirmer que toute masse courbe l'espace (et même l'espace temps mais ne compliquons pas) qui l'environne. Un « rayon » (un photon!) de lumière, qui se propage toujours en ligne droite, passant près d'une masse importante, par exemple une étoile très dense se voit dévié. Pour la RG(5) il continue à aller droit, c'est la route qui est « courbée »

En optique c'est exactement le même phénomène qui se produit dans le verre d'une loupe.

Il y a donc des cas très favorable ou un système solaire, aligné pour notre vue avec une étoile très dense, peut être « grossi » Cela permet de détecter assez facilement les perturbations induites par une planète, même petite.

L'avantage de cette méthode est qu'elle peut s'appliquer à des étoiles très éloignées (plusieurs milliers d'UA(4)) mais répétons le ses conditions d'exploitation sont très rares.

C'est une observation tout à fait exceptionnelle, mais elle est quand même à l'origine de quelques détections « directes » : quelques dizaines de succès sont à son actif.

Principe micro lentille

D7 Observations indirectes

La quasi totalité des découvertes est le fruit de méthodes indirectes. Nous en examinerons deux : la méthode des vitesses radiales et celle des transits.

D8 Méthode des vitesses radiales

Nous avons parlé de la fin, brûlante, de Giordano Bruno. Cela ne se fait plus n'est-ce pas ? Et pourtant, si je vous déclare que les affirmations du type  La terre tourne autour du soleil, la lune tourne autour de la terre, ...  sont fausses ? Qu'allez vous faire ? C'est pourtant la vérité, enfin une vérité ! (Pour un scientifique il n'y a pas de VERITE, mais des vérités, enfin des modèles -des théories- toujours réfutables, et presque toujours réfutées un jour au bénéfice d'une autre. C'est la différence avec un dogme, une croyance, une superstition.

Bon dire que ces affirmation sont fausses est un peu exagéré. Mais elles ne sont pas tout à fait exactes !

Et si l'on dansait ? Qui veut danser avec moi ? (trouver une personne légère!)

Animation VR


La méthode de la vitesse radiale s’appuie sur le fait que si l’étoile exerce une force d’attraction sur la planète, cette dernière produit une force égale et opposée sur l’étoile. Toutefois la différence de masse fait que la perturbation de l'étoile reste très inférieure à celle de la planète

Il est assez difficile de percevoir visuellement et directement ce très faible mouvement de balancement que la ou les planètes imposent à leur étoile.

Mais les astronomes sont astucieux ! Si vous supposez que vous observiez le système « par la tranche » (ou à peu près) vous comprendrez que le balancement de l'étoile fait qu'elle se rapproche et s'éloigne alternativement de nous. Et ça c'est un mouvement que les astronomes savent détecter même s'il est ténu par ce que l'on appelle l'effet Doppler.

C'est l'effet qui fait que lorsque une voiture de pompier se rapproche de nous on entend sa sirène plus aiguë qu'elle ne l'est en réalité, puis lorsqu'elle s'éloigne, le son devient plus grave.

Les étoiles ne font pas de bruit (selon vos références culturelles : le silence de ces espaces infinis m'effraie ou dans l'espace personne ne vous entend crier) mais on sait mesurer la fréquence de leur luminosité par l'intermédiaire d'une technique appelée spectroscopie. Et l'on peut donc en déduire la période du mouvement de balancier et sa vitesse.

Animation VR

D9 Cette technique ne fonctionne pas dans tous les cas : il faut que le système soit bien orienté par rapport à nous. Et comme on ne connaît pas cette orientation il n'est pas possible d'en déduire la vitesse exacte du balancement.

En revanche on connaît sa période sans ambiguïté. On peut en déduire celle de la rotation de la planète autour de l'étoile, et donc sa distance à l'étoile. Enfin lorsqu'il n'y a qu'une seule planète prépondérante sinon les choses se compliquent.

Compte tenu de la précision instrumentale actuelle, la méthode de la vitesse radiale reste à ce jour limitée aux planètes orbitant autour d'étoiles naines ou pour les plus grosses à des planètes massives (géantes gazeuses) très proches de leur étoile.

Il y a certes des points faibles : la complexité d'interprétation dans le cas de systèmes à plusieurs planètes et surtout certains phénomènes physiques internes à l'étoiles (magnétisme interne par exemple) peuvent provoquer des variations du « spectre » ce qui peut conduire à des « faux positifs »

HR 8243

Il faut à ce sujet que je vous raconte la triste histoire de Gliese 581 :

Six exoplanètes avaient été détectées autour de Gliese 581 dont deux, c et d, étaient les premières exoplanètes à avoir été trouvées dans la zone habitable de leur étoile. L'existence de Gliese 581 d, g et f a pourtant été mise en doute en juillet 2014, car les signaux à l'origine de leur découverte pourraient n'être que des artefacts(6) liés à l'activité magnétique de l'étoile.

Gliese 581 C Crédit ESO

D10 Méthode des transits

Pour un astronome, du moins celui qui ne souffre pas trop de problème digestif, le transit a une signification bien précise : l'observation du passage d'un astre devant un autre.

vueartisteESO.jpg

D'où l'idée, très simple, de mesurer au cours du temps la quantité de lumière reçue d'une étoile afin de détecter l'obscurcissement du au transit.

Image Corot (Corot exoteam)

D11 Le principe est simple, mais les difficultés, et donc les limites de la méthode, sont nombreuses.

La première est qu'il faut, encore une fois, que l'orbite de la planète soit « bien orientée » par rapport à nous, ce qui, statistiquement, n'est vrai que pour environ 5 % des systèmes.

La seconde est qu'il faut que la planète soit suffisamment grosse par rapport à son étoile pour que la diminution de luminosité soit perceptible aux instruments. Pour une étoile de la taille du soleil, on détectera facilement une planète de la taille de Jupiter, beaucoup plus difficile sera de déceler une nouvelle terre.

D'autres « biais (7)» sont possibles : la variabilité lumineuse intrinsèque(8)del'étoile (ou la présence d'une étoile variable très proche de la ligne de visée, …)

Bien entendu une seule observation est insuffisante : il est nécessaire de pouvoir examiner plusieurs transits successifs et en déduire une période de révolution constante, afin d'espérer une bonne probabilité de découverte. Cela peut être long : la terre tourne autour du soleil en un an, Jupiter en 11 ! Comme pour la précédente méthode les grosses planètes (diminution sensible du flux lumineux) et proches de leur étoile (tournant ainsi rapidement autour d'elle) sont donc favorisées.

En revanche la méthode des transit offre, par construction, une information... De taille(!) : le diamètre relatif de la planète par rapport à l'étoile, et même le diamètre réel si on dispose d'une valeur approchée de celui de l'étoile, ce qui est souvent le cas.

D12 Les mesures demandent une précision que ne peuvent fournir à ce jour les instrument terrestres. Le meilleur outil reste le télescope spatial. Parmi ceux qui sont consacrés à cette moisson.

Corot (2006-2012)

Kepler (2009 – 2013?)

TESS (2016 …)

Kepler a été conçu pour observer 150 000 étoiles dans une petite zone de la constellation du Cygne. Il est tombé en panne début 2013, mais des terabits(9) de données attendent d'être traités. La participation de bénévoles amateurs, dont votre serviteur, représente un atout considérable car dans ce cas l’œil humain reste supérieur aux procédures informatisées pour lever les ambiguïtés.

Site Planet Hunter exemple de courbe de lumière proposée

Zoom sur la courbe précédente

Malgré ses limitations la méthode des transits est la plus féconde : on lui doit plusieurs centaines de détections dont même quelques planètes « telluriques (10)» de taille assez similaire à la terre parmi les quelles plusieurs orbitent dans la « zone habitable » (nous allons voir plus tard ce qu'il faut penser de cette fameuse zone.

Quelques considération statistiques :

5 % de 150 000 étoiles représentent 3000 étoiles « bien orientées »

Autour de plus de 10 % ces étoiles « favorables » une ou plusieurs planètes ont été détectées. Compte tenu des difficultés et des imprécisions de la méthode on peut penser qu'il en existe beaucoup plus. Les optimistes pensent ainsi que la grande majorité, sinon la totalité, des étoiles possèdent une ou plusieurs planètes. Sachant que notre seule galaxie compte entre 100 et 200 milliards d'étoiles et qu'il y a au moins 100 milliards de galaxies semblables à la notre, je vous laisse conclure !

Rappeler ce que représente 100 milliards (3000 ans pour les compter à raison d'une par seconde)

D13 Zone habitable

Le Graal est bien sûr la découverte de planètes susceptibles d'héberger la vie. La notion de zone habitable est un critère, discutable, mais bien commode.

On appelle zone habitable la région d'un système solaire où on peut trouver de l'eau à l'état liquide. Cela dépend essentiellement de la température de l'étoile et de la distance de la planète à son étoile. Pour une naine rouge (froide) cette zone est très proche de l'étoile. Pour une étoile bleue chaude elle est beaucoup plus éloignée.

A titre de comparaison notre soleil est une étoile «moyenne » jaune. La zone habitable s'étend de l'orbite de Venus à celle de Mars, englobant évidemment celle de la Terre.

Cet exemple illustre les limites du critère : Venus est dans la zone habitable, mais un effet de serre colossal (préfiguration inquiétante de ce qui nous menace ?) rend les conditions particulièrement inhospitalières : une pression de 100 atmosphères, une température de 460 degrés à la surface, des pluies d'acide sulfurique.....Mais cela n'interdit pas, pour les plus optimistes, la présence d'une vie « extrêmophile (11)» Aucune des sondes envoyées n'ayant pu y survivre plus d'une poignée d'heures nous restons dans l'incertitude.

Mars a, en des temps très anciens, été parcourue par de l'eau liquide : il y a eu des rivières, peut être des lacs pourquoi pas des mers. Il reste des calottes polaires composées en partie de glace d'eau. Nous n'y avons encore rien détecté, pas encore...

Absence de preuve n'est pas preuve d'absence

Autre limite de la zone habitable : Jupiter et Saturne en sont exclues. Mais... On soupçonne sur Europe (une lune de Jupiter) et Encelade (une lune de Saturne) la présente d'un énorme océan liquide sous glaciaire. Ce sont les gigantesques forces de marées induites par la proche planète voisine qui, échauffant par friction le manteau du satellite, seraient la cause de la fonte des glaces et même de remontées de panaches liquide jusqu'en surface. Il n'est pas impossible qu'une forme de vie soit présente sur l'une de ces lunes.

Et encore nous nous limitons à des formes potentielles de vie semblables à la notre, basée sur la richesse fantastique de la chimie du carbone et la présence d'eau liquide. Même si c'est l'hypothèse la plus probable (cf le rasoir d'Ockham(12) : à développer) Ce n'est pas la seule.

Quoi qu'il en soit, nous disposerons bientôt de techniques permettant de déceler dans l'atmosphère de certaines exo-planètes de « marqueurs  vitaux » tels que la présence d'oxygène, de méthane (marqueur particulier de la « digestion » de la plus part des organismes vivant, c'est à dire une autre « méthode de transit » ;-) ) de CO2...

Je vous laisse méditer là dessus.

Lexique

(1) VLT : Very Large Telescope, (Très grand télescope) implanté au Chili. Le plus grand instrument du monde, composé de 4 télescope de 8mètres et de 4 autres de 1,8 mètre de diamètre, optiquement « liés »

(2) AL : Année lumière. Distance parcourue par la lumière en un an à une vitesse de 300 000 km par seconde. Une année lumière équivaut environ à 10 000 milliards de kilomètre ou encore 66 000 fois la distance de la terre au soleil (UA). L'étoile la plus proche est à plus de 4 AL du soleil.

(3) MJ : Masse de Jupiter. 2X1023 tonnes (2 suivi de 23 zéros) ou encore 300 fois celle de la Terre.

(4) UA : Unité astronomique. Elle correspond à la distance de la terre au soleil, soit 150 000 000 de kilomètres.

(5) RG : Théorie de la relativité Générale d'Albert Einstein.

(6) Artefact : Objet manufacturé. Par extension erreur d'observation due à un défaut instrumental. Par exemple le reflet sur l'objectif d'une caméra., les croix apparaissant sur les photographies d'étoiles brillantes....

(7) Biais : Cause d'erreur, souvent liée à la méthode, dans une interprétation statistique.

(8) Beaucoup d'étoiles sont variables. C'est à dire que leur luminosité varie avec le temps pour des causes physique internes (pulsations par exemple) ou externe (éclipse par une autre étoile compagne : les systèmes stellaires multiples sont majoritaires)

(9) Un terrabit : mille milliards de bits, ou mille gigabits (le bit est l'unité élémentaire d'information stockée sur un support informatique)

(10) Tellurique : se dit d'une planète « rocheuse » à l'instar de la Terre, Mercure, Mars, Venus, la Lune..Et par opposition aux planètes gazeuses comme Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune.

(11) Extrêmophile. Caractérise un organisme vivant dans des conditions « extrêmes » Par exemple sur la Terre les êtres vivants dans les « souffleurs noirs » colonnes de rejets volcaniques sous-marins.

(12) Guillaume d'Ockham était un philosophe, moine Franciscain, du 14ème siècle qui a formulé le principe suivant : « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. » C'est à dire que les solutions les plus simples sont souvent les plus vraisemblables. Il convient donc de couper (le rasoir) les hypothèses supplémentaires non indispensables.